‹ Étude sur la pénétration dans l'Organisme de certains corps étrangersChapitre 41 sur 67 · ARE · texte numérisé non relu

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clavé, qu’on ne peut retirer ni l’un ni l’autre et que, de plus, on ne peut enlever l’œsophagoscope. On sectionne alors sur le malade couché le ressort de la pince, démonte celle-ci et peut alors extraire le tube. Se servant ensuite d’un tube plus gros, on l’introduit en engageant dedans la pince, sectionnée comme on vient de le dire. Se servant alors d'une pince plus forte, on fait une prise correcte, c'est-à-dire au niveau du pôle supérieur du dentier, et arrive à désenclaver et à extraire ce dernier.

C. Von Ticken. |Teitscher. F. Halo, f. W.., f. 11, p. 163, 1923).

Dentier avalé. — Œsophagoscopie. — Cas cilé par Roos. — Femme de 31 ans, consulte le 21 Avril 1914 pour corps étranger de l’œsuwphage, a avalé son dentier en mangeant. Une œsophagoscopie (professeur Nager), permet de retirer la pièce.

Dentier dans l'œsophage — Œsophagoscopie. — L’extraction sous œsophagoscopie d’une prothèse dont le crochet s'était accroché dans la paroi, fut difficile et dura trois quarts d'heure ; malgré cela, la malade supporta bien l'intervention.

Mac Gibbon, «Journal of Laryngology », 8 août 1924.

Deux cas de dentiers enlevés sous œsophagoscopie. — Guérison. —— 10 Il s'agit d’une femme de 60 ans, qui appela son médecin pour une douleur du creux épigastrique, sans parler de la perte de son dentier. Repos au lit, potion calmante, amélioration. Huit jours après, récidive persistante. Au bout de trois semaines, la malade s'aperçut que son dentier n’était plus en bouche. Elle le chercha en vain. A la suite d’une radio, on découvrit le dentier dans la partie inférieure de l’œsophage. L’œsophagoscopie, faite en décubitus dorsal montra, à 0,40 de l’arcade dentaire supérieure» un bourrelet œdémateux cireulaire de l’œsophage, laissant un orifice d'environ 1 centimètre de diamètre, par lequel on voyait un dentier enclavé dans les parois œsophagiennes enflammées et ulcérées. Avec la pince de Bruning, l’auteur put saisir le corps étranger, mais celui-ci se brisa et il n’en fut ramené qu’une partie ; l’autre ne put franchir le rétrécissement œdémateux sus-jacent. Une deuxième radio montra le restant du dentier dans l'œæsophage. Le lendemain, une troisième radio montra le dentier au niveau de la valvule iléo-coecale. Une quatrième radio, le lendemain, le montra dans le rectum. L'élimination se fit quelques heures après.

20 Homme de 30 ans, dont la radio montra le dentier arrêté à mi-hauteur de l’œsophage, au niveau de son isthme. Ici, l’œsophagoscopie et l'extraction furent impossibles en décubitus dorsal, à cause d’une malformation de la colonne vertébrale, tandis qu’elles réussirent dans la position assise.

M. Heyninx, Sociélé Bruxelloise d Oto-Rhino-Laryngologie. (Séance du 27 Janvier 1922).

Dentiers enlevés sous œsophagoscopie (Chevalier-Jackson). Cas 1074. — Pièce avec 3 crochets dégluti pendant crise d’épilepsie (patient, 24 ans) ; œsophagoscopie : extraction difficile, les crochets étant fortement enclavés.

Cas 1032. — Patient, 34 ans, crise d’épilepsie ; pièce enlevée facilement après version sous œsophagoscopie (2 minutes).

Cas 1107. — Patient, 42 ans ; pièce avalée au cours d’un repas ; œsophagoscopie ; version ; enlèvement en 3 minutes.

Dentier dans l'œsophage. — Œsophagoscopie (D' Ranjard, 1924). — Mlle NN... avale son dentier (2 dents, 2? crochets) pendant son sommeil.

Se présente au Dr Ranjard le lendemain, se plaignant de douleurs rétro-sternales.

Une radioscopie et une radiographie confirment la présence du dentier.

Œsophagoscopie. Tamponnement à la cocaïne. Le spasme cède en 10 minutes. Enlèvement facile du dentier sans accident, malgré la présence des deux crochets. Pas d’érosion de la muqueuse.

Dentier séjournant 53 jours dans l’œsophage. — Tentative d’enlèvement. —— Œsophagoscopie (Prof. Moure). -- Dentier de 3 dents avalé, arrêté dans le pharynx. Médecin appelé ne peut saisir la pièce et ne réussit qu’à la pousser profondément.

Dysphagie durant 15 jours, puis s’atténuant. On pense que le dentier est passé dans l’estomac. Une radio montre le dentier à la partie supérieure de l’œsophage, juste sous le cricoïde. Œsophagoscopie 52: jours après, l’accident. La pièce est rencontrée à 16 centimètres des arcades dentaires. Impossible de la retirer : enclavement par des bourgeons muqueux saignant au moindre contact. Une deuxième œsophagoscopie permet de désenclaver le dentier de la partie antérieure de l’œsophage. Enlèvement. Pas de suites.

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LCR

Dentier avalé par peur. — Incendie à Brest. M. FHoncus, pompier, réveillé en sursaut, avale son dentier : obturation complète de l’œsophage, opération ; suites fatales.

« Odontologie », 1915, page 47.

Pièce dentaire déglutie pendant le sommeil (Œsophage). -- Extraction. — Guérison. — Femme de 40 ans, ayant gardé son dentier

pour dormir, déglutition accidentelle pendant le sommeil; au réveil, vives douleurs œsophagiènnes ; violents efforts de vomissements sans résultat : douleurs s’exacerbant ; le médecin appelé, retire à la sonde sans difficulté un dentier volumineux. Pas de suites.

Dolan, « The Lancet », 3 septembre 1869.

Dentier avalé. — Rejet avec matières vomies. — Plaque de deux dents avalée. On fait manger trois volumineuses tranches de pain, puis quatre cuillerées d’une bouillie épaisse de farine el d’eau ; émétique ; dents vomies.

(Procédé parfois employé par la police pour faire rejeter les pièces fausses).

Extraction d'un volumineux corps étranger (Dentier en or) situé à l'entrée de l’œsophage. — Professeur Moure.) — Mlle J... 1, -29)ans

Cette malade se présente le 2 mai 1914, au cabinet du D' Magne (de Bayonne) pour gêne à la déglutition, dont elle dit ne pas savoir la cause.

A l'examen, rien de particulier dans la cavité buccale, rien au pharynx. L'aryténoïde gauche est fortement augmenté de volume. La palpation avec un porte-tampon cocaïné montre qu'il n°y à pas d'œdème inflammatoire ni douleur. On prescrit un traitement anodin d’attente.

La malade revient régulièrement voir le docteur Magne, deux fois par semaine. A l’occasion d’une de ces visites et à un nouvel examen, en faisant ouvrir la bouche œæsophagienne, on aperçoit sur la face antérieure de l’œæsophage une ulcération à bords retournés en dedans dont le fond-paraît être constitué par le cartilage aryténoïdien complètement dénudé. Aussi, à ce moment, on porte le diagnostic de laryngite bacillaire primitive. De mai à juin, on fait plusieurs explorations œsophagoscopiques qui permettent de voir autour de l’ulcération un fond blanc nacré qui semble constitué par le cartilage dénudé ; celui-ci a une apparence saine alors qu’on croyait le voir ramolli, jaunâtre. On élimine le premier diagnostic pour songer à une manifestation d’hérédo-syphilis.

Le 2 août 1914, la malade vue en consultation par le professeur Moure, celui-ci opine dans le même sens. À ce moment, la guerre est déclarée et le docteur Magne ne voit que rarement sa malade, assez, cependant, pour voir son nouveau diagnostic déjoué ; puis il la perd complètement de vue.

Ce fut seulement le 26 avril 1916 que la jeune fille gênée pour

role

respirer et ne pouvant plus avaler, vint voir le Professeur Moure, à Bordeaux.

A l'examen du larynx, on constate l'existence d’une énorme tuméfaction rouge, d'aspect œdémateux, mollasse, rénitente, paraissant naître de la région aryténoïdienne gauche. Cette masse polypoïde et non fongueuse remplit tout l’intérieur du larynx qui est comblé en grande partie.

L'entrée de l’œsophage est également rouge, très tuméfiée et l’on aperçoit même une sorte de pertuis duquel s'écoule du pus crémeux La voix est voilée et la malade n’avale qu'à peine quelques liquides.

En présence de ces lésions qui n’ont fait que s’aggraver, malgré le traitement spécifique antérieurement appliqué, on décide de faire un examen radioscopique du larynx et de la trachée pour se rendre compte de l’état des cartilages et de la bouche œsophagienne.

Dès que le Professeur Moure eut formulé cette décision, la malade avoua ingénument que deux ans el demi auparavant, quelques jours avant d'aller voir le Docteur Magne pour la première fois, un malin en se réveillant elle n'avait plus trouvé dans sa bouche un dentier en or qu’elle avait l'habitude de porter. L’absence de cet appareil ne l'avait d’ailleurs pas inquiétée.

Immédiatement, les lésions constatées s’éclairent d’un jour nouveau et l’on ne doute pas un seul instant que ces accidents bizarres soient dus à la présence d’un corps étranger. La radioscopie confirma cette opinion et l’on put voir sur l’écran et sur des épreuves “adiogra phiques le dentier en question, arrêté à l'entrée de l’œsophage, un peu à gauche.

On décide l’opération pour le lundi 1er mai 1916.

Intervention. — Professeur Moure). — Après avoir anesthésié la région antérieure du cou afin de placer une canule dans la trachée pour assurer la respiration qui se faisait mal, on pratique l’anesthésie (novocaïne-adrénaline) de la région correspondant à la portion supérieure de l’œæsophage (côté gauche). Ceci fait, on pratique l’ouverture des voies aériennes en réclinant le corps thyroïde pour mettre à nu le premier anneau de la trachée, puis on fait une incision verticale de haut en bas au-dessus du larynx. Chemin faisant, on trouve un lobe gauche du corps thyroïde très volumineux, débordant la trachée et pénétrant même sur la paroi latérale de ce canal. On tombe alors sur une poche saillante, anormale, petil diverticule laryngien qui se gonfle sous les mouvements de déglu- Lilion. Il n’est pas douteux que c’est la paroi œsophagienne dilatée et débordant le larynx de ? à 3 centimètres. Une incision est faile sur ce diverticule, l'apparition d’un peu de salive indique bien que l’on est dans le canal alimentaire. Cette incision étant agrandie, on passe le doigt afin de reconnaître la position du corps étranger. Le doigt qui est armé de gant, n’a pas la sensation nette de toucher un corps métallique, mais cependant, la sonde éannelée sent la

résistance du métal. On introduit alors l’index nu et l’on a la satisfaction de constater que le râtelier se trouve placé en avant de la colonne vertébrale, sur la paroi antérieure de l’œsophage, comme enclavé dans les tissus au milieu desquels il est placé.

Après avoir essayé à différentes reprises avec la sonde cannelée recourbée de le soulever légèrement, on constate qu’il est lellement enfoncé dans les tissus que l’on est obligé de recourir au décolleur du conduit avec lequel on ne peut faire de délabrement. On peut alors introduire entre le corps étranger et la muqueuse, une pince de Kocher dont les mors permettent de le saisir, mais il vient buter contre la paroi œsophagienne et l’on est obligé d'agrandir l’ouverture pour permettre au dentier de franchir l’orifice. Après quelques manœuvres faites avec précaution, on a la satisfaction de l’amener au dehors sans effusion sanguine, par conséquent sans éraillure.

Ceci fait, on passe une sonde œsophagienne par le nez afin de pouvoir par la suite assurer l'alimentation de la malade et l’on suture les lèvres de l’incision œsophagienne à l’aide de catgut passé en surjet. Puis on fait un second plan musculo-aponévrotique, non sans avoir laissé un drain destiné à recevoir la salive et le pus qui pourrait ressortir par la plaie opératoire inférieure. Les plans profonds sont ensuite suturés au catgut et la surface avec des crins. La canule trachéale est laissée en place.

Suiles opératoires. — Deux jours après le pansement est souillé de pus et dégage une odeur fétide, aussi, au deuxième pansement, on enlève le drain, on désunit la plaie et l’on bourre de gaze iodoformée.

Le huitième jour, la mauvaise odeur a disparu et la plaie prend une teinte rosée.

Le 24 mai. — On enlève la canule, mais on est obligé de la remettre, la malade ne respirant pas bien.

Le 26 mai. — La malade respire mieux, mais on ne peut se

passer de la canule. A l'examen laryngoscopique on constate que le gonflement de l’entrée du larynx et de l’œsophage à beaucoup diminué. La muqueuse est moins rouge à ce niveau, mais il persiste néanmoins une infiltration du côté gauche. Il subsiste encore une fistule œsophagienne qui semble se fermer rapidement.

Juin 1916. — Peu de jours après ce qui précède, la fistule æsophagienne est fermée, l'infiltration laryngienne persiste dans Je même état ; toutefois la malade décanulée ne peut respirer d’une facon suffisante et l’on est obligé de la retuber. Elle quitte la Maison de Santé avec sa canule, mais la plaie œsophagienne est guérie et la nutrition s'effectue de façon normale.

La malade reste ainsi plusieurs mois. Elle vient nous revoir dans les premiers jours de septembre 1916. On constate que, malheureusement, l’orifice glottique au lieu de se dilater s’est rétréci davantage au point de devenir imperméable. Dans ces conditions, nous ne pouvons plus compter sur le rétablissement de la respi-

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ration par les voies naturelles et nous proposons à la malade de lui faire un? laryngostomie, afin de supprimer Îles tissus cicatriciels ou infiltrés qui obstruent son conduit trachéal, opération qui est acceptée et effectuée le 5 octobre suivant.

5 octobre 1916. — Laryngo-trachéostomie (Prof. Moure). — Anesthésie locale à la novocaïne-adrénaline (Dr Canuyt). Le thyroïde très peu saillant et très petit se trouve profondément situé au-dessous d’une couche de tissus adipeux épaisse. On tombe sur la partie supérieure du corps thyroïde (pyramide de Lalouette) saillante à la partie supérieure du corps thyroïde plus que de coutume. La charpente du larynx étant-ainsi mise à nu, on incise la membrane cricothyroïdienne afin d’anesthésier la muqueuse laryngotrachéale à l’aide d’une lanière de gaze imprégnée de cocaine au 10e introduite dans cet orifice. On sectionne ensuite le cartilage thyroïde à la cisaille et l’on écarte les valves qui sont très minces, du reste, car le cartilage thyroïde est de très petit calibre (enfant de 10 à 12 ans). Les voies aériennes étant ainsi ouvertes, on s'aperçoit qu’elles sont sténosées du haut en bas, aussi bien au niveau de l’anneau ericoïdien que du cartilage thyroïde. On commence par enlever des bourgeons charnus se trouvant dans le conduit trachéal autour de l’orifice canulaire, puis on résèque les bandes ventriculaires tuméfiées et l’on enlève au-dessus une cerlaine quantité de tissu infiltré cicatriciel surtout au niveau de la base de l’épiglotte. On crée ainsi un orifice supérieur assez large admettant facilement l'introduction de l'extrémité de l'index. On enlève également du tissu cicatriciel dans la région cricoïdienne sur les côtés et en arrière. Après avoir passé le thermo-cautère sur toutes ces surfaces cruentées, on s'aperçoit que les lames thyroïdiennes se laissent écarter plus facilement. Les replis ary-6piglottiques sont très infiltrés, particulièrement à gauche ; on resèque ce dernier presque en totalité, ne laissant de tissu infiltré qu’au niveau de la bouche de l’œsophage. Du côté droit on fait au thermo-cautère des pointes de feu profondes pour essayer de résoudre l’infiltration pari ce procédé. Le canal laryngo-trachéal ayant son maximum d'ouverture, car il est très petit anatomiquement, on place la canule de Lombard et un cigare n° 40 qui est peut-être trop cylindrique pour bien s'adapter à l’orifice supérieur. Au prochain pansement, on laissera les fils plus hauts el le cigare conique.

Le 5 janvier 1917. — Relouche de laryngostomie (Prof. Moure). — On incise en avant et en haut de façon à bien découvrir la partie supérieure du larynx (base de l’épiglotte). Ceci fait, on enlève le reph ary-épiglottique gauche encore tuméfié et saillant et ce qui reste du repli droit ; on enlève également tous les tissus sous-6piglottiques en avant de façon à faire une large ouverture pouvant admettre l'extrémité du pouce. On enlève encore des tissus cicatriciels sur la paroi postérieure au niveau des aryténoïdes. On dé-

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