TON
d'origine bueco-dentaire» signalait en 1924 : 41 dans l’œsophage, 7 dans les voies aériennes (2 dans le larynx, 1 dans la trachée, 4 dans les bronches).
Chiari, comme nous l'avons signalé, a, dans une statistique portant sur des dentiers, rapporté sur 261 cas : 2? dans le pharynx, 17 dans le larynx, 7 dans les bronches, les autres étant passés dans l’æsophage. ;
Nous avons nous-même rapporté dans les précédents chapitres des observations comprenant dents, dentiers, appareils divers, instruments. Les causes des accidents sont multiples : l'aspiration ou la déglutition de dentiers sont rarement imputables au dentiste, tout au moins directement. Ces appareils sont les plus souvent aspirés ou avalés par les porteurs parce que conservés en bouche pour dormir (pièces petites ou en mauvais état surtout). L'accident peut se produire encore en cas de syncope, shock, crise d’épilepsie, ivresse, tentative de suicide, accès de folie, traumatisme. On a vu des cas de dentiers avalés en riant, en baïllant, en buvant, en mangeant : au cours du sommeil anesthésique (si on a oublié de retirer la pièce).
Des accidents qui intéressent de plus près le dentiste, peuvent se produire dans son cabinet et engager sa responsabihté : aspiration ou déglutition de dents ou racines, blocs de tartre, bagues, couronnes, bridges, dents à pivot, appareils de redressement, crampons pour digues, aiguilles, traises, forets, tire-nerfs, sondes, meules, médicaments, obturations, fragments de daviers, excavateurs, pansements, fragments de plâtre, sang, etc. :; pénétration d'aïiguilles ou sondes, dents ou instruments dans le sinus maxillaire, la langue, la joue, etc...
La gravité de ces accidents est assez grande car, outre de nombreuses interventions délicates, nous trouvons dans le relevé des cas dont les obsérvations sont rapportées, cas de mort par suite de déglutition ou d'aspiration de corps étranger du fait d'intervention sur les dents ou d'accidents causés par des pièces prothétiques dentaires.
Corps étrangers des voies aériennes. — Les signes fonctionnels peuvent être plus où moins marqués selon le volume, la nature du corps étranger et le point d'arrêt. Ces
et a
corps S’arrêtent, soit dans le pharynx, soit à la l'Églon sUsglottique, soit à la glotte entre les cordes vocales ou fixés à la muqueuse interaryténoïdienne : ou bien ils deviennent sous-glottiques, restent fixés dans la trachée, s'arrêtent au niveau de la bifurcation trachéale ou s'engagent dans une bronche.
Les cas de localisation dans la bronche droite ou ses branches sont plus fréquents que ceux de la bronche gauche. Ceci est dû en particulier au plus grand diamètre de la bronche droite, à ce que l'angle de déviation qu'elle fait avec la trachée est faible, à la situation de l'éperon trachéal plutôt à gauche que médian (Guisez), à l’action du muscle trachéal, au plus grand volume d’air inspiré par le poumon droit |
Notre statistique confirme ces données. Dans les cas relevés ici nous trouvons :
HX. cas de corps étrangers des bronches droites. B X. cas de corps étrangers des bronches gauches.
La muqueuse des voies aériennes tolère assez bien les corps étrangers qui ne sont pas trop volumineux, la paroi trachéale également. Cette tolérance es} surtout grande pour les corps métalliques non septiques, "el Peut s’ulcérer et bourgeonner (bronchite, broncho-pneumonie, abcès, vomiques, etc.), cependant, les cas de corps étrangers latents sont assez fréquents.
Larynx. — Début brutal, accès de suffocation, douleur. La dyspnée peut amener la mort en quelques minutes, volume du corps étranger (cas de dentier) ou spasme. Si on
-n'imtervient pas, le corps étranger peut amener l'asphyxie rapidement ou tomber dans la trachée ou les bronches.
Parfois il reste dans le larynx où il est toléré ou provoque des accidents secondaires. Plus rarement, il est rejeté spontanément à la suite d'efforts de toux.
Trachée. — Le début est brusque, suffocation, cornage, douleur. Ces signes peuvent manquer si l’objet a été avalé au cours du sommeil, de l'ivresse, d’une crise d’épilepsie.
Un corps de petit volume ne donne pas de dyspnée. Plus volumineux, il cause une dyspnée vive, paroxystique, soit
po
spontanée, soit sous l'influence d'une quinte de toux ; une mort rapide par asphyxie peut s’ensuivre. La toux est un phénomène pour ainsi dire constant et, en cas de doute, elle suffit pour mettre sur la voie du diagnostic (Guisez). L'expectoration est muco-purulente où sanguinolente, la douleur rétro-sternale est vive, la dysphagie rare. Abandonnés sans soins, les corps étrangers de la trachée sont tolérés ou provoquent des infections sur place ou à distance. Ils peuvent être rejetés par quinte de toux ou, comme nous l'avons vu, provoquer la mort par asphyxie.
Bronches. — [yspnée avec diminution ou abolition du murmure vésiculaire dans le lobe correspondant si le corps étranger oblitère partiellement ou totalement une grosse bronche ; toux, expectoration muco-sanglo-purulente souvent fétide. La bronchite est pour ainsi dire de règle (Guisez), mais plus à craindre sont les complications, abcès pulmonaires, accidents gangréneux. Craindre accidents broncho-pulmonaires, amenant plus ou moins rapidement la mort : broncho-pneumonie, médiastinite purulente. Parfois le corps étranger est rejeté dans une vomique. On a vu des cas de tolérance longue, bien étudiés par Hedblom en particulier, sur lesquels nous avons insisté.