II
Le tableau ci-dessus donne la durée en centièmes de seconde d'un grand nombre de voyelles dans les diverses positions. Les écarts sont toujours indiqués, mais les grands écarts sont plutôt rares, et la plupart des observations se groupent autour de la moyenne, et s'en éloignent très peu. La divergence du type est moindre que les extrêmes ne le ferait croire.
D'abord la différence de durée entres les voyelles toniques d'une syllabe ouverte et celles d'une syllabe fermée est nettement indiquée pour tous les parlers. Les voyelles des deux prononciations populaires sont les plus courtes; pour les autres il y a accord notable.
Les deux catégories des atones ne se distinguent pas bien, il n'y a que pour A que la différence est sensible. Dans le c is de E il y a une différence de 2/100 de seconde en moyenne, mais il faut noter que les écarts des atones d'une syllabe fermée sont moins étendues dans chaque sens que celles d'une syllabe ouverte. Il serait donc hasardeux d'affirmer deux catégories dans les voyelles atones sans une étude plus étendue.
Jusqu'ici il s'est agi des voyelles médiates. La langue italienne donne un certain accent à la syllabe initiale, qui devient en conséquence une sorte de syllabe contre tonique. Les voyelles initiales en subissent l'influence, car la distinction se fait de nouveau entre celles d'une syllabe ouverte et celles d'une syllabe fermée. Même pour B elle est assez évident, mais elle disparaît pour C où l'accord est parfait entre les deux catégories.
B, C et F sont sensiblement d'accord pour la durée des finales, E les traîne quelque peu, tandis que la longueur chez A est anormale.
Le Tableau 2 a donné la durée de plusieurs occlusives dans quelques mots déterminés. Dans le Tableau p. 167, on trouvera les extrêmes et les moyennes donnés pour un nombre considérable de sons, ce qui permettra une plus grande précision que celle qu'on peut obtenir en comparant quelques mots individuels.
La durée donnée pour les initiales représente la relation entre le commencement des vibrations laryngiennes, et le moment même de l'explosion. Les chiffres positifs indiquent qu'elles apparaissent avant, et les chiffres négatifs après l'explosion. Le zéro accuse un synchronisme parfait. Je n'ai pas tenu compte de l'air sourd, mesurant la durée jusqu'au premier abaissement du levier, qui indique la perte de la force explosive.
Pour les médiales la mesure de la durée est mesurée depuis le commencement de l'occlusion, jusqu'au même point que pour les initiales. De même pour les doubles. Les quelques remarques qui suivent peuvent s'ajouter à ce qui a déjà été dit dans le chapitre sur les occlusives.
Pour les initiales sourdes, A, bien qu'il y ait quelques cas de synchronisme, accuse une surdité de l'explosion qui est presque complète ; et B, C, F et G le suivent dans cette prononciation. E seul accuse une prononciation qui s'approche de celle du français.