‹ Étude sur la phonétique italienneChapitre 4 sur 25 · IO · texte numérisé non relu

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travail de M. Grandgent, lequel il qualifie a laborious and sometimes uncertain ».

Les procédés dont je me suis servi pour déterminer les positions des voyelles italiennes ne paraissent pas très laborieux ni trop incertains. Quand bien même ils demandent un peu d'application, je ne me serais pas attendu à voir un savant les déprécier pour cette raison. La phonétique expérimentale dans son plein développement scientifique n'est pas pour les enfants qui commencent à parler, mais pour les maîtres qui les instruisent.

. M. Sw^eet se plaint aus?i du fait quec most of those who work at it have no adequate practical knowledge of phonetics )), assertion qui a besoin d'être un peu contrôlée, en ce qui concerne renseignement, à Paris du moins. La prononciation imparfaite d'une langue étrangère de quelques disciples de la phonétique expérimentale est une autre faiblesse, mais il faudrait montrer que la perfection est possible en suivant un autre système. En somme de tels arguments n'ont aucune valeur, car on trouvera partout des intelligences médiocres.

Que quelques-uns des appareils dont on se sert dans la phonétique expérimentale soient d'une manipulation déhcate, on ne saurait le nier. Mais puisque le cylindre enregistreur est également employé par les physiologistes, qui en tirent des renseignements utiles, faut-il qu'ils l'abandonnent? Non, un appareil scientifique ne peut pas être utilisé par tous, mais il peut rendre quelque service à celui qui sait le manier.

{( That expérimental methods may lead to very unsatis factory results in show^n by Czermak's anaîysis of the arabic gutturals, which is an analysis not of actual sounds, but of his own, apparenti y very defectiive imitations of them« » L'erreur de Czermak n'est pas de s'être servi de certains moyens d'exploration, mais de les avoir mal em-

ployés, ce qui pourrait arriver pour la phonétique subjective ou devinatrice de M. Sweet.

A la fin vient une curieuse juxtaposition d'argument. D'abord, M. Sweet parle de l'antagonisme naturel qu'il croit exister entre les a phonéticiens pratiques » et les « non phonéticiens qui se mêlent de phonétique expérimentale )); en d'autres termes, entre ceux qui se contentent de deviner ce qui se passe dans la bouche pondant l'articulation des sons ou d accepter les idées d'un autre, et ceux qui cherchent à déterminer l'action des organes par des procédés exacts. Il y a incontestablement entre les deux écoles une distinction très nette, mais l'antagonisme que M. Sweet établit entre sa doctrine et la phonétique expérimentale ne se rencontre que de son côté, et n'a pas de raisons d'exister.

Ensuite il dit : « At the same time it cannot he denied that simple apparatus w^ith which could measure exactly instead of going by subjective impressions would be a boon to ail phoneticians. « Il faut conclure de cette dernière remarque que M. Sweet ignore le développement de la phonétique expérimentale et les appareils simples et délicats dont elle dispose. La lecture de La Parole pourrait le convaincre de l'existence des « apparatus » qu'il réclame, et en même temps des services que rend la phonétique expérimentale. 11 est à regretter qu'un savant, à qui la phonétique en général n'est pas sans devoir quelque chose, parle si légèrement d'une méthode qu'il ne s'est même pas donné la peine d'étudier. On croirait entendre un alchimiste parlant de chimie.

Par conséquent, je ne trouve pas que ces arguments me fassent regretter mon travail, ou qu'ils m'empêctient de le présenter, et j'espère que les objections qui ne sont pas valables contre la science en général, ne le seront pas contre cette étude.

Je ne saurais terminer cette introduction sans exprimer à M. l'abbé Rousselot ma sincère reconnaissance pour les

conseils qu'il m'a prodigués, et qui ont rendu possible ce travail. J'en emporterai le souvenir précieux.

Plan suivi.

Le plan que j'ai suivi est d étudier chaque son séparément, d'abord l'articulation, et ensuite le souffle et l'action du larynx, en séparant les prononciations de chaque sujet. Ceci a été fait pour éviter des généralisations fâcheuses. Par exemple, M. Joret dit dans son ouvrage «du cdans les langues romanes )), p. 5, n° 4 : « Ainsi ch dans l'italien c/iiaro est un k palatal, formé le plus en avant possible sur le palais mou «. Sur les cinq italiens que j'ai étudié pour ce son, cela est vrai dans un seul cas. Dans un autre il est formé à la partie postérieure du palais dur, et dans les trois autres il est encore plus en avant, et même deux sujets le prononçaient mouillé.

En outre j'ai distingué les prononciations de chaque sujet pour démontrer d'une façon claire les différences locales qui pourraient se trouver dans les divers parlers. Car les prononciations soignées, et pour ainsi dire cosmopolites de A et F auront une valeur différente que celles de C ou E, qui sont plus localisées. Mais j'ai modifié la méthode quand je l'ai cru nécessaire.

J'ai donc dit ce que j'ai trouvé, et ensuite j'ai essayé de proposer un type général.

Après avoir considéré les voyelles, j'ai passé à l'étude des difTérentes classes de consonnes et ensuite à celle des diphtongues. Puis vient une considération de l'action du larynx montrée dans les consonnes en combinaison, suivi d'un chapitre sur la nasalité, et enfin j'ai indiqué quelques faits qui dépendent de la question de la durée, étudiant d'abord les consonnes doubles'.

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