‹ Étude sur la phonétique italienneChapitre 5 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Voyelles

Les voyelles italiennes se divisent en deux catégories ; la série antérieure, et la série labiale. La première série se forme par la fermeture p^raduelle de la cavité bucccale antérieure, déterminée par l'élévation et projection en avant de la langue. La deuxième série se forme par le recul de la langue qui a pour conséquence l'aggrandissement de la cavité buccale, et qui est accompagné d'un arrondissement progressif des lèvres.

La voyelle neutre pour l'italien est a tonique tel qu'on le voit par exemple dans Ama. La figure 19 obtenue avec l'am-

n'est plus vrai de la finale, dont j'ai obtenu un tracé isolé.

Dans la figure 19, l'ampoule montre que la langue est sensiblement plus élevée pour l'atone que pour la tonique et la différence est notable. Le même fait se voit sur le palais artificiel (fig. 1), où l'articulation de n est même plus fermée que celle de è. 11 y a trop de différence pour que ce son puisse être une simple variante de a, et l'oreille distingue bien deux sons différents.

Ces deux variétés se trouvent dans tous les parlers que j'ai étudiés, et l'oreille constate toujours bien la différence. La figure 20 le montre dans la combinaison artificielle a/ia prononcée deux fois, où elles sont très sensibles. Ce tracé était fait avec l'ampoule 4, car l'élévation de la langue

poule 3 placée au milieu de la bouche accuse un léger soulèvement de la langue dans cette articulation. Comme le montre la figure 1, la langue touche à

A peine le fond du palais artificiel. Ceci

n'étant pas grande pour a, elle apparaît mieux au moyen d'une grande ampoule. Je me suis servi de l'ampoule 3 pour obtenir les tracés de la figure 19 afin de pouvoir cons-

FiG. 20 a — /i — a. a k a. A

tater la pression relative des voyelles de la série antérieure. 11 y a alors deux a, à savoir a moyen et a.

Comme je l'ai déjà dit, è n'est pas distinct de a sur le palais artificiel (fig. 2). Mais l'ampoule 3 placée àia partie antérieure de la bouche montre que la cavité buccale se rétrécit pour cette voyelle (fig. 21). On peut appré-

FiG. 21 è e G A

cier la différence entre les sons d'après les déplacements du levier par rapport à la position au repos. Ce son est la première voyelle du credere, prononciation peu correcte, mais habituelle au sujet.

Le deuxième tracé de cette figure est celui de e médiat du môQie mot, qui a toujours été considéré comme fermé. Il ne fout que le comparer avec la finale pour voir une différence considérable dans l'articulation. Ces trois voyelles ont été prononcées indépendamment des sons qui les entourent.

Sur le palais artificiel (fig. 2) j'ai fait prononcer les trois voyelles de credere, avecle même résultat. Le e{moyen) se

distingue nettement des deux autres, occupant une position intermédiaire.

Dans les deux figures, la variété fermée est très claire, et il n'y a pas moyen de la confondre avec e. Car si ce dernier son se rapproche davantage de é dans credere selon les données de l'ampoule, il en est tout autrement dans fremere sur le palais artificiel.

Par conséquent, il faut distinguer trois e : è, e, et é.

Le mot inni (fig. 22) a été prononcé avec l'ampoule 4,

placée dans la partie antérieure de la bouche. Le degré de fermeture pour l'initiale est indiquée par la déviation au-dessous de la ligne ponctuée, puis Tocci usion complète pour nn

est suivie de Tòuverture

FIG. 22 i nn /. A 1 ^? 1 1 T

pour la finale atone. La

différence dans Tarticulation des deux i saute aux yeux, et il est évident que deux degrés de fermeture si différents ne peuvent pas produire le même son. L'oreille d'ailleurs les distingue très bien.

Dans la figure 23 les deux i sont séparés de l'autre son

et l'atone précède la tonique pour bien indiquer la progression de la série antérieure. Ils étaient pris avec l'ampoule 3.

La distinction des deux f^G. 23 i t. rv yariétés se fait égale-

ment bien sur le palais artificiel (fig. 3), ou le plus fermé est le tonique.

L'oreille constate que les deux variétés de i sont i (moyen) et i, car i, tel que Ton entend dans l'anglais bitter, manque. Ce fait est bien indiqué aussi sur le palais artificiel, où Ton voit une différence telle entre le tracé de é et celle de i, qu'il y aurait place pour une articulation entre les deux. Ce serait la variété distincte qui correspondrait à l'anglais i.

Ainsi la progression des voyelles antérieures a, â, è, e, e, i, 2, se montre très bien sur le palais artificiel, sauf la coïncidence entre â et è. Le rétrécissement graduel de la cavité antérieure est indiqué parfaitement par l'ampoule 3.

La théorie accorde une grande importance aux mouvemements des lèvres dans cette série, mais leur rôle est secondaire, et leur action souvent peu visible.

Dans la série labiale il n'y a pas une articulation distincte sur le palais artificiel, en ce qui concerne la séparation de 0 et u. Mais les diverses variétés de chaque voyelle y sont nettement indiquées.

La figure 4 donne les tracés des trois o de popolo. La ligne 1 indique l'articulation de po, et montre la position de Ò, qui correspond parfaitement aux tracés que j'ai obtenus de Ò seul. Les voyelles moyennes, dont les Italiens n'ont pas le sentiment, bien qu'ils s'en servent constamment, sont un peu difficiles à isoler. En conséquence j'ai fait prononcer les deux premières syllabes popò pour obtenir la ligne 2. 0 fermé se prononce facilement seul et est montré par la ligne 3. Encore une fois il n'y a pas moyen de mêler ces trois variétés, quoique les deux dernières soient généralement considérées comme étant également fermées.

L'ampoule 3 placée dans la partie postérieure de la bouche montre d'une façon plus nette le recul de la langue et l'agrandissement conséquent de la cavité buccale. Dans la figure 24 A a prononcé les trois voyelles de popolo séparément. Gomme pour a, la position de la langue est un peu

changée de celle qu'elle occupe au repos et est légèrement reculée. La médiale et la finale, qui est le véritable 6 sont très différentes Tune de l'autre, et accusent des sons bien

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