Tu k fier : Congrès français de chirurgie, 1897 et
longtemps, et qui a donné entre ses mains des résultats intéressants quoique non durables; et la fulguration , que je préconise moi-même depuis quelques années.
Sur le but atrepsique de la ligature , il est inutile d’insister, de même que sur son inconstance et la brièveté de ses effets, qu une abondante circulation collatérale a vite fait d’annihiler.
Quant à la fulguration , je rappellerai seulement que mes recherches m’ont conduit à attribuer ses effets aux modification s trophiques produites par l’étincelle, non sur le cancer, mais sur le terrain sous-jacent, grâce à la stupéfaction déterminée par le choc électrique, soit localement, soit sur les centres nerveux \
Que conclure de tant de faits thérapeutiques, cliniques et expérimentaux, sinon que le glycogène dont l'abondance a élé signalée par Brault comme un indice de la gravité des néoplasmes, peut être la substance x supposée par Ehrlich comme nécessaire au développement du cancer, et dont l’insuffisance contribue à sa régression?
La suractivité des métastases chez les souris opérées, la rapidité des évolutions néoplasiques mesurée par la puissance nutritive du terrain qui les porte, l'abaissement du taux glycosurique chez les diabétiques devenus cancéreux, les régressions des tumeurs observées dans les pyrexies, naturelles ou provoquées, mais toujours destructrices d’hydrocarbones, enfin les bons effets dus aux thérapeutiques dystrophiantes : tout cela me paraît de nature à donner un ferme appui à cette hypothèse.
Celle-ci réduit donc la défense de f organisme contre le cancer à un rôle purement passif. C’est sans le vouloir que le premier se débarrasse de son parasite, en cessant simplement de le nourrir, et cela parce que, obligé lui-même à faire face à une dépense au moins égale à ses recettes, il ne peut plus être généreux envers un ennemi qu'il continue à ignorer.
1. Keating-Hart : Actions comparées de l'électro-coagulation et de la fulguration. {Bull, de V Assoc. Franç. pour l'étude du cancer, octobre 1910).
Suffira-t-il donc que nous provoquions l’appauvrissement de cet organisme ou l’excès de ses dépenses pour obtenir la disparition du néoplasme? C’est à ce résultat que, préconisé dans un but différent du mien, parviendrait le surchauffage auquel Pierre DeJhet voudrait pouvoir soumettre les cancéreux. Mais il pense comme nous que le remède serait sans doute pire que le mal et est forcé de s’abstenir.
Les élévations de température, dues à l’injection de toxines ou de liquides organiques hétérogènes, ou l’emploi d'autres agents glyco-destructeurs, ne pourraient-ils pas conduire peu à peu au résultat cherché? Nous serions enclin à le croire et tes effets obtenus parfois nous le feraient peut-être espérer, si nous ne savions que les réactions de l’organisme s’épuisent à la longue. Peut-être pourrait-on essayer successivement sur un même malade tous les produits pyrélogènes à la façon dont on réveille les contractions intestinales chez les parétiques abdominaux par l’emploi successif d’excitants divers jusqu’à épuisement de l’effet produit par chacun d’eux.
Mais nous n’ignorons pas que ce procédé finit lui-même un jour par perdre toute influence sur l'économie qui ne réagit plus.
On pourrait se demander aussi si une alimentation réduite, unie à une suppuration artificiellement provoquée, ne serait pas propre à donner des résultats heureux. Les saignées copieuses auraient aussi, dit- on, guéri certains sarcomes (?).
Mais ce sont là jeux dangereux, et nous savons que c'est vainement qu'on a tenté de réduire au minimum nécessaire à la vie l’alimentation du cancéreux. Nous ne devons pas oublier que l’organisme a des actions et des réactions de sens inverses que nous ne modérons pas toujours à notre gré ; qu’il peut en sacrifiant ses propres cellules faire face, jusqu’à complète dénutrition, aux dépenses qu’on lui impose, et qu’ayant à alimenter à la fois sa lièvre et son cancer, il arriverait sans doute à les nourrir tous deux de sa substance même, jusqu’à en périr.
L’hypollrèse que je soutiens, si elle est vraie, ne résout donc
pas encore le problème thérapeutique, ni du reste le problème pathogénique du cancer. Tout au plus, pourrait-elle incliner celui-ci plutôt à l’explication cellulaire qu’à la théorie parasi¬
taire.
Elle n’est en réalité qu’un essai d’explication synthétique de faits connus. Mais l’analyse elle- même de ces faits soulève des problèmes si vastes et si complexes, que je 11e saurais, seul, en poursuivre la solution. C’est pour cette raison que j’ai cru devoir faire cet exposé, sans attendre d’avoir mené à bonne fin les expériences de contrôle qu’une telle théorie m'a conduit à tenter.
Paris — L. Maretheüx, imprimeur, 1, rue Cassette.