P. Thiéry : Société de Chirurgie, séance du 19 mai
6. Korteweg : Rapp. conf , intern. cancer, 1910, Paris, p. 16.
est vraie on peut concevoir que le long effort demandé à l’organisme pour réparer une plaie, cause d’intoxication et d’affaiblissement, puisse être de nature à épuiser pour longtemps ses réserves glycogéniques.
Mais laissons là des inlerprétations très discutables pour constater des faits précis. Je parlais plus haut du cas de Pearce Gould (régression spontanée, au moment de la ménopause , de cancer du sein généralisé). Ce cas est à rapprocher de ceux de carcinomes mammaires qui ont été traités par castration ovarienne (méthode de Beatson) avec des succès plus ou moins durables ou constants, mais indiscutables en certains cas : ceux de Guinard, Reynès et Thiéry sont trop connus en France pour que je m’attache à les relater ici. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’après oophorectomie, des malades atteintes de cancers du sein avancés ont vu pour un temps plus ou moins long (trois ans dans le cas de Reynès) régresser ou disparaître leurs tumeurs. Et la façon même dont régression puis récidive se sont produites dans ce dernier cas (le seul que j’aie eu l’occasion d’observer personnellement) est particulièrement intéressante : à la suite de l’ablation des ovaires, les seins se sont atrophiés à tel point que la poitrine de la malade présentait l’aspect d’une poitrine mascu line, et la récidive s est faite ensuite non en profondeur , mais autour du mamelon , en largeur et sur la peau , avant de devenir à nouveau pénétrante. L’ atrophie du sein a donc coïncidé avec Xatrophie (c’est-à-dire la dénutrition) de la tumeur, et la propagation s’est faite ensuite par la voie cutanée, c’est-à-dire vers la région dont le trophisme n est nullement régi par la vie génitale. Là donc, le cancer a régressé, parce qu’insuffîsamment nourri , et cela parce que le terrain où il végétait recevait lui-même une alimentation insuffisante, s atrophiait (mot qui vient du grec Tpocpy], nourriture, il est bon de s’en souvenir).
Je terminerai cette longue démonstration par quelques mots sur deux autres traitements du cancer : la ligature artérielle , sur laquelle Tuffier1 a rappelé l’attention il n’y a pas 1res