‹ Étude sur la septicémie intestinaleChapitre 6 sur 7 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Observations.

On trouvera peut-être la plupart de nos observations très-incomplètes sur plusieurs points ; mais c'est à dessein que nous les avons écourtées. Peu importait, en eflFet, de décrire minutieusement les symptômes locaux, les détails des opérations, les lésions anatomiques de tous les org^anes, etc., ce qui nous eût infailliblement exposé à de long^ues et inutiles répétitions. Nous n'avons cru devoir insister que sur ce qui nous a paru propre à appuyer les idées que nous avons avancées plus haut.

Observation I. — Hernie in^Umale étranglée, — Température deux heures après Caccideni, — Réduction.

Vellicus (Antoine), 70 ans, tailleur, entre )e 24 novembre 1870 à l'hôpital Lariboisièro, salle Saint-Louis, n" 22.

Bonne santé habituelle ; depuis 1822, hernie inguinale droite, peu volumineuse, mal contenue par un bandage défectueux, sortant facilement et se réduisant de môme.

Le 24 novembre, à sept heures du soir, la hernie sort pendant un violent effort de toux et ne peut êlre réduite» Douleur vive, co-

liques, vomissements de matières alimentaires et bilieuses. La température est prise à 9 h., le thermomètre marque 35,8.

La hernie étant d'un volume assez considérable (elle atteint le diamètre d'une tête de fœtus de 7 à 8 mois^, on se contente d'élever la tumeur et de la recouvrir d'une couche d'onguent napolitain et d'un cataplasme.

Le 25, au matin. Temp. 37,5 ; le soir, un peu de fièvre, 38,4.

Le 26. La fièvre est tombée. Temp. 37"; une si^lle dans l'aprèsmidi.

La tumeur diminue peu à peu de volume et deux jours plus tard elle est revenue à son état primitif; l'intestin est refoulé sans peine dans la cavité abdominale.

Obs. IL — Anus contre nature. — Entérotomie, — Pas de phénomènes consécutifs à r opération .

Billot (François), 32 ans, est entré le 17 mai 1871 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis, n® 21, pour une hernie inguinale gauche étranglée. M. Verneuil pratiqua immédiatement la kélotomie; l'intestin, déjà sphacélé, dut être laissé au dehors; il se perfora spontanément, et un anus contre nature s'établit.

C'est pour en amener la guérison définitive que le 20 juillet, après plusieurs cautérisations de l'éperon, on applique profondément l'entérotome de Dupuytren. Le malade est dans un état trèssatisfaisant ; la veille au soir, la température était de 37,6; le matin de l'opération, 37,5.

Deux heures après l'application de l'instrument, le thermomètre marque 37,2; le soir, 37,6.

Le malade a ressenti une vive douleur, irradiée à l'ombilic et à l'épigastre; mais elle s'est calmée rapidement. Il n'a eu ni vomissements, ni nausées ; en un mot, aucun phénomène général. L'entérotome est resté en place pendant trois jours; la section est assez étendue pour que son emploi ne paraisse pas de nouveau nécessaire.

Obs. III. — Anus contre nature, — Fntéromie. — Phénomènes (t étranglement consécutifs à chaque application de Veniérotome.

Jacob, (Marie), 49 ans, a été opérée ily acinq ans d'une hernie inguinale droite, par M. Gusco, quia établi un anus artificiel. Elle est entrée au mois d'octobre 1809 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte- Jeanne, pour un prolapsus de l'intestin par l'ouverture anormale.

Au mois de janvier 187i, M. Verneuil fait plusieurs applications successives de Tentérotome de Dupuytren. Chaque fois les phénomènes ont été les mêmes. Douleur très-vive, persistant pendant plusieurs heures, n'ayant même complètement cessé que le lendemain ; coliques continuelles; ventre très-sensible à la pression; vomissements répétés; aucun aliment ns peut être supporté ; nausées incessantes, hoquet; face pâle, anxieuse, grippée ; pouls faible, peau froide; en un mot, symptômes de la première période de l'étranglement intestinal. Chaqe fois aussi la température s'est légèrement abaissée.

La température moyenne de cette femme, prise pendant plusieurs jours à l'état normal, était de 37,2; jamais nous ne l'avons trouvée inférieure à ce degré. Voici les modifications qu'elle a présentées après chaque application de l'instrument :

inapplication : 2 h. après, 36,6; le soir, 36,6; le lendemain matin, 36,7.

2« application : 2 h. après, 36,8; le soir, 36,6; Jelendemain,36,6,

3' application : 2 h. après, 36,7; le soir, 36,8.

4'' application : 2 h. après, 36,7 ; le soir, 36,6; le lendemain malin, 36,8.

Constamment, le lendemain soir ou le surlendemain matin au plus tard, le thermomètre était remonté de quelques dixièmes et ne s'écartait plus alors du degré ordinaire.

Obs. IV. — Hernie crurale étranglée depuis 10 heures. — Tempe-

i^ature normale.

Lâchât (Marguerite), 66 ans, entre le 21 août 1870 à l'hôpital Lariboisière, salîe Sainte-Jeanne, n" 16.

Hernie crurale droite depuis un an. Elle augmente subitement de volume et devient irréductible ce matin à la suite d'un effort. Coliques, vomissements.

A 2 h., Temp. 36,9.

Taxis avec chloroforme sans résultat. Kélotomie immédiate. Masse épiploïque volumineuse recouvrant une petite anse intestinale qui est refoulée après le débridement. L'épiploon est laissé au dehors et en partie réséqué.

A 6 h., Temp. 36,8.

Le 22. Nuit calme; les selles reparaissent dans la journée. Temp. matin, 37,6; soir, 37,6. Les jours suivants l'état devient de plus en Humbert. 6

plus satisfaisant; l'appétit renaît, les forces reviennent ; les températures ont été :

Le 23. Matin, 37,1; soir, 37,5.

Le 24. Matin, 37,5 ; soir, 37,5.

Le 25. Matin, 37,3 ; soir, 37,4.

Obs. V, — Hernie crurale étranglée depuis 24 heures. — Température

normale.

Didier (Emile), 25 ans, entre à l'hôpital Lariboisière le 3 aoiït 1870, salle Saint-Napoléon, n*» 25.

Il porte depuis quelque temps une hernie crurale droite facilement réductible. 11 y a 24 heures elle est sortie brusquement pendant un effort, et il a été impossible au malade de la feire rentrer. Il a ressenti une vive douleur; il a eu des coliques, des vomissements. Il est assez calme en ce moment. Temp. 37,5.

Le malade est chloroformé, et la hernie réduite immédiatement.

Obs. VI. — Hernie inguinale étranglée depuis 24 heures. — Température normale.

Prélot (Désiré), 49 ans, entré le 2 août 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint- Augustin, n"* 13.

Hernie inguinale épiploïque ancienne. Hier, elle a subitement augmenté de volume par l'addition d'une arise intestinale. Les phénomènes du début, coliques et vomissements, ont cessé. Temp. 37,3.

Réduction par le taxis, le malade étant chloroformé.

Obs. VII. — Hernie inguinale étranglée depuis 22 heures. - Température normale.

X.;., 27 ans, entré à l'hôpital Lariboisière le 3 janvier 4871, salle Saint-Ferdinand, n» 7.

Hernie de l'enfance, datant de l'âge de 3 ans, toujours facilement réductible et bien contenue.

La veille, pendant un effort de toux et de vomissement, issue de la hernie. Irréductibilité absolue.

Douleur vive, spontanée et à la pression, au niveau de l'anneau. Il y a eu quelques vomissements sans caractère spécial, peu abondants. Pas de phénomènes généraux. Temp. 37,4.

Le soir, réduction avec anesthésie.

Obs. VIII. — Hernie crurale étranglée depuis 34 heures. — Température normale,

P... (Annette), 51 ans, entre le 11 avril 1870 à Thôpital Lariboisière, salle Sainte-Marthe.

Hernie crurale très- volumineuse, datant de neuf ans, toujours facilement réductible, n'ayant jamais été maintenue par un bandage.

La veille, elle est devenue irréductible à la suite d'un effort de toux. Aussitôt, douleurs vives et vomissements. Tentatives modérées de taxis, bain, glace, sans résultat. Temp. 37,2. Le soir à 5 h. 37,3.

Le lendemain matin, M. Cusco pratique la kélotomie. Nous n'avons pu suivre la malade depuis cette époque.

Obs. IX. — Hernie inguinale étranglée depuis 24 heures.

Température normale.

X..., 65 ans, entre au mois d'avril 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Honoré, service de M. Cusco.

Hernie inguinale ancienne étranglée depuis la veille. Il y a eu des douleurs abdominales, quelques vomissements alimentaires et muqueux; aucun symptôme grave actuellement. Temp. 37,2. Le soir à 8 h. 37,4, à 10 h. 37,4.

La hernie est réduite par le taxis le lendemain matin.

Obs. X. — Hernie inguinale étranglée depuis 18 heures.

Température normale.

X..., 25 ans, entre le 7 janvier 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Augustin, n" 29.

Hernie inguino-scrotale gauche depuis trois ans, facilement réductible et maintenue par un bandage.

Hier, 6 janvier, à six heures du soir, issue de la hernie, qui augmente de volume et devient complètement irréductible. Douleur vive à l'anneau, coliques et vomissements. Temp. 37,4.

Réduction immédiate à l'aide du chloroforme.

Obs. XI. — Hernie inguinale étranglée depuis 36 heures

Teihpérature normale,

X... porte depuis quatre ans une hernie inguinale droite. Le 26 juin 1870, elle augmente de volume et demeure irréductible. Le malade entre le lendemain à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis,

n** 30. Douleurs abdominales, vomissements sans caractère spécial.

Le 28 au matin, Temp, 37,6.

M. Anger, appelé en l'absence de M. Vemeuil, pratique la kélotomie le soir même.

Le 29 au matin. Temp. 38,1 .

Deux jours après le malade succombe à une péritonite suraiguë.

Obs. XIL — Hernie crurale étranglée depuis deux jours et demi. Température légèrement abaissée. Kélotomie immédiate. Guéfison.

X..., 67 ans, entre le 15 avril 1871 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n» 20.

Femme maigre, de petite taille ; depuis cinq ans hernie crurale droite du volume d'une noix. Elle n'a jamais été réduite ni maintenue par un bandage.

Le 12. Elle a augmenté de volume: elle est devenue grosse comme une petite pomme. Coliques, vomissements alimentaires et bilieux, ventre un peu ballonné. Hier, 14, un lavement a fait rendre quelques matières, sans doute du bout inférieur.

Le 15 au matin. Temp. (axill.) 36,5; (vag.) 37,4,

M. Verneuil pratique immédiatement la kélotomie. Une masse d'épiploon assez volumineuse est réséquée. Une anse intestinale déjà un peu violacée est réduite après débridement.

Purgatif sans résultat.

Le soir. Temp. (axill.) 36,8; (vag.) 37,8,

Le 16. Une selle pendant la nuit. Temp. (axill.) 37»; (vag.) 38**.

Le soir. Le pouls est fréquent, la peau un peu chaude, le ventre ballonné et douloureux. Temp. (axill.) 37,5; (vag.) 38,3,

Le 17. Ces symptômes, qui avaient fait craindre une péritonite, s amendent. Temp. (axill.) 37,6; (vag.) 38,6.

Le soir et les jours suivants les selles reparaissent, elles deviennent régulières; la plaie marche bien. A la fin du mois, laguérison est assurée; la température a encore été prise deux fois par jour, jusqu'au 22 avril; elle n'a présenté aucune modification remarquable.

Obs. XIII (communiquée par notre collègue Huchard). — Occlusion intestinale. — Septicémie. — Perforation de Vintestin. — Mort.

Mourot (Alphonse), 29 ans, maçon, entre à l'hôpital Lariboisière le 30 septembre 1869, salle Saint-Vincent, n"27.

Cet homme, bien constitué et dont les fonctions digestives se sont toujours régulièrement accomplies, est atteint d'une pneumonie. La phlegmasie pulmonaire entre rapidement en résolution. Cependant le malade vomit presque tous les jours des matières alimentaires et bilieuses. Ces vomissements se reproduisent après l'ingestion d'un aliment quelconque.

6 octobre. Le malade se plaint de n'être pas allé à la selle depuis cinq jours. Dans la nuit, vomissement de matières jaunâtres ayant tout à fait Todeur stercorale.

Le 7. Les vomissements fécaloïdes se reproduisent dans la nuit et dans la journée. Le malade n'a rendu ni matières ni gaz par l'anus, malgré un traitement énergique. Ballonnement du ventre.

Le 8 et le 9. Mêmes accidents ; il y a eu deux selles diarrhéiques peu abondantes (probablement du bout inférieur). Même ballonnement du ventre avec matité sous- ombilicale, et douleur profonde à la palpation de chaque côté de Tombilic ; quelques anses intestinales se dessinent sous les téguments. Douches rec/taies, électricité, sans effet.

Le 10. Le malade est dans un état d'adynamie absolu. Il répond à peine, lentement et péniblement, aux questions qu'on lui adresse. La voix est éteinte; les extrémités se refroidissent. Toujours des vomissements fécaloïdes. Par la percussion, et en faisant changer de position au malade, on constate dans l'abdomen la présence d'une certaine quantité de liquide. La douleur n'est cependant pas trèavive.

Le H. Aggravation. Deux pilules de croton ont été vomies aussitôt après leur administration. Face hébétée, yeux excavôs, regard atone, sans expression ; langue sèche, froide, extrémités glacées. Pouls misérable (80). Perte de l'élasticité de la peau. Prostration générale.

Le 12. L'abdomen n'a pas sensiblement augmenté de volume. Tout à coup, le matin, le malade est pris d'une douleur atroce dans le flanc gauche. Il pousse des cris étouffés, incessants, et meurt à une heure de l'après-midi.

Autopsie. — Occlusion par des brides péritonéales anciennes, qui forment, en s'étendant d'un flanc à l'autre, une sorte de membrane continue. Traces de péritonite récente; injection, agglutination légère des anses intestinales. Un litre de liquide stercoral, environ, a été versé dans le péritoine par la perforation qui a hâté la mort.

Obs. XIV (communiquée par un notre collègue Huchard). — Hernie

crurale étranglée. — Septicémie. — Mort.

Raynal (Marie), 43 ans, entrée le 20 octobre 1868 à l'hôpital Beaujon.

Cette femme a eu quatre enfants. Jamais de suites de couches graves ni de péritonite. Elle est habituellement constipée et obligée de prendre des lavements.

Il y a huit jours, douleur vive dans l'abdomen ; vomissements de matières bilieuses qui deviennent fécaloïdes. Ni selles ni gaz rendus par l'anus. Hoquet peu fréquent, mais persistant depuis quatre à cinq jours.

On constate la présence d'une petite hernie crurale de chaque côté. M. Dolbeau réduit celle de gauche assez facilement ; mais celle de droite ne peut être réduite.

Du 21 au 25 octobre, continuation des vomissements stercoraux; pas de selles; ventre ballonné; son tympanique dans toute son étendue. Affaiblissement progressif. Physionomie morne, hébétée, yeux excavés, peau froide, extrémités glacées, pouls faible, urines rares.

Le 26. L'état a empiré. Stupeur, adynamie profonde, lèvres violettes, téguments livides, hoquet pendant toute la nuit; vomissements stercoraux répétés.

Mort le 27, à 2 heures.

Autopsie. — Une anse de l'intestin grêle est étranglée par l'appendice vermiforme, dont l'extrémité est adhérente à l'orifice du canal central. Il n'est pas gangrené. Quelques petites ulcérations, très-superficielles, de la couche externe. Commencement de péritonite généralisée.

Obs. XV. — Occlusion intestinale. Septicémie. Gastrotomie tardive.

Mort.

Montigny (Louise), 66 ans, entre, le 49 mars 1870, à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Eugénie, n°9, service de M. Desnos.

D'une bonne santé habituelle, cette femme a eu quatre enfants. Les suites de couches se sont toujours passées sans accident. Depuis quelque temps, elle était habituellement constipée, et n'allait à la selle que tous les trois ou quatre jours.

Il y a quinze jours, elle a été prise de douleurs dans l'abdomen;

douleurs sourdes, diOuses, saus localisation spéciale. Depuis une semaine, les selles sont absolument supprimées. Ni matières ni ga? n'ont été rendus. Des lavements répétés sont restés sans effet.

20 mars» Depuis lors, le ventre a peu à peu augmenté de volume. Il est aujourd'hui très-ballonné, et les anses intestinales se dessinent sous la peau La palpation n'est pas douloureuse; il n'y a aucun signe de péritonite. Rien par le toucher rçctal. Vomissements de matières fécaloïdes.

Le 91, môme état j Temp. matin, 36,2; soir, 36,6.

Le 22. Les vomissements continuent. Injections forcées dans le rectum, sans résultat. Temp. matin, 36,8 ; soir, 36,6.

Le 23. Pouls très-petit, presque insensible; langue sèche, jaune et chargée. Peau fh)ide, sans élasticité. Urines rares. Abattement général. 2 gouttes d'huile decroton, sans effet. Temp. matin, 36,6; soir, 36,4.

Le 24. Adynamie complète, refroidissement général. Temp. matin, 35,2.

M. Verneuil pratique la gastrotomie, par le procédé de M. Nélaton, dans la fosse iliaque gauche. Issue abondante de gaz et de matières liquides d'une grande fétidité.

Deux heures après ropéeation, môme état. Temp., 35,7.

Mort dans la soirée.

Autopsie. — Cancer de TS iliaque à son union avec le côlon descendant. Une perforation était imminente. Intestin rempli de gaz et de matières décomposées. Pas de trace de péritonite.

Obs. XVI.— Hernie inguinale étranglée. Mort par uepticémie

intestinale^

X,.., 73 ans, entre, le 24 avril 1872, à l'hôpital Lariboisière, service de M. Gusco*

Il est porteur de trois hernies; une ombilicale et deux inguinales. On ne peut savoir e»cteroent depuis quand il est atteint de cette infirmité.

Il a été pris de vomissements le matin mônae de son entrée. Il dit n'être pas allé à la selle depuis huit jours, ,

La hernie ombilicale et Tinguinale gwicbe sont facilement réductibles. Il n'en est pas de même de celle du côté droit, fâle est assez volumineuse. Les tentatives de taxi» les plus modérées provoquent de vives douleurs. Le ventre est souple, peu distendu.

Le 25. Vomissements complètement féealoïdes. Prostration profonde; respiration stertoreuse; hoquet; peau froide, livide, sans souplesse; voix éteinte, face [grippée, anxieuse. Temp. matin, 36,3, P. 88; soir, 36,8; P. 90.

Le 26. Même état. Temp., matin, 37, P. 100; soir. 36,2, P. 96.

Le 27. Toujours absence complète de selles, malgré tous les moyens employés. Affaiblissement de plus en plus considérable. Temp. 36,1 ; P. 108.

Mort dans la journée à 3 h. .

Autopsie.-- Hernie inguinale directe, étranglée par une bride du fascia transversalis. Aucune trace de péritonite.

Obs. XVII (communiquée par notre collègue Labadie-Lagrave) . Occlmion intestinale, — Mort par septicémie.

Truchet (Alexis), 32 ans, entré le 6 avril 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Jérôme, service de M. Jaccoud.

Il est malade depuis trois jours. Au début, coliques très-vives avec ballonnement du ventre. Suppression des selles. Le deuxième jour, vomissements bilieux.

Aujourd'hui, ventre tendu, ballonné surtout à la partie supérieure, avec deux renflements latéraux à l'hypogastre (aucune trace de hernie ancienne ou récente). Face pâle, étirée; pouls fréquent, petit, filiforme. Chaleur modérée de la peau. Langue froide, haleine fétide. Vomissements noirâtres, qui cependant ne sont pas encore absolument fécaloïdes. Temp. matin, 38<*; soir, 37,4.

Le 7 avril. Lavements de tabac, huile de croton, sans effet. Temp. matin, 37^; soir, 37,4.

Le 8. Vomissements fécaloïdes ce matin. Ventre peu douloureux. A droite, son tympanique à la percussion; à gauche, matité absolue ; urines claires, mais peu abondantes. Une douche rectale fait rendre une petite quantité de matières provenant sans doute du gros intestin. Temp. matin, 36,7 ; soir, 36,2.

Le 9. Pas de vomissements depuis hier. Môme état d'ailleurs. Temp. matin, 36,6; soir, 35,7.

Le 10. Vomissements persistants. Nouvelle tentative de douches rectales sans résultat. Temp., matin, 35,5; soir, 36,3.

Le 1 1 . Huile de croton, 3 gouttes. Electrisation à 2h.deraprès- raidi. Expulsion de quelques matières très-dures. AfTaiblisssement progressif. Aspect cholérique complet. Temp. matin, 36,5; soir, 36,4.

Le 12. Vomissement^ fécaloïdes depuis hier. Ils continuent dan

la journée. Le malade se plaint de douleurs abdominales vives et s'agite dans son lit. Faciès hippocratique, yeux cernés,. excavés; langue glacée, peau froide, pouls complètement insensible. Temp., matin, 36,4; soir, 36*.

Mort dans la soirée.

Autopsie : Occlusion par une bride fibreuse dépendant de Tarière ombilicale. Pas de péritonite, pas de perforation.

Obs. XVIII. — Hernie crurale étranglée. — Septicémie. — Kélotomie.

— Mort.

bufour (Marguerite), 59 ans, entrée le 26 décembre 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n» 29.

Hernie crurale droite depuis trois ans environ. Le dimanche 18, à la suite d'un effort, la hernie sort plus volumineuse que de coutume et ne peut être réduite; coliques vives; suppression complète des selles; vomissements répétés, fécaloïdes, depuis deux ou trois jours.

Aspect cholérique; face pâle, grippée; extrémités froides, cyanosées; perte de l'élasticité de la peau; sécrétion urinaire notablement diminuée depuis quelques jours. Pouls très-petit ; refroidissement général. Temp., 35,9.

-r Le ventre est peu sensible à la pression. La hernie est grosse comme une noix. M. Scaglia, interne du service, pratique la kélotomie. On ne trouve dans le sac qu'un peu de liquide sanguinolent et une petite masse d'épiploon. Temp., soir, 36,5.

On suppose que la hernie s'est réduite spontanément. Mais cette réduction a dû être incomplète, ou du moins l'anse intestinale devait encore adhérer au pourtour de l'anneau ; car, dans la nuit, il y a issue abondante de matières par la plaie. L'intestin était probablement gangrené, et il s'est perforé consécutivement à Topération.*

Le 27 décembre. Rien de nouveau. Les matières s'écoulent toujours par la plaie. On cherche par tous les moyens possibles à relever la malade de l'état d'adynamie oîi elle est tombée, à exciter les fonctions de la peau et à rappeler la chaleur. Temp., matin, 36,6; soir, 36,8.

Le 28. Mêmes symptômes cholériformes qu'au premier jour-. Le ventre est souple et non douloureux à la pression. Temp. 35,9.

Mort dans la soirée.

L'autopsie n'a pu être faite.

Obs. XIX. (Communiquée par notre collègue Sevesirft).

Hernie crurale étranglée. — Septicémie, — Kélotomie. — ■ Péritonite

tardive, — Mort.

J..., 70 ans, entrée le 24 novembre 1868 à la Maison de santé.

Ordinairement bien portante, cette femme ne se connaissait pas de hernie et n'a jamais porté de bandage.

Le 19 novembre à trois heures, après avoir porté pendant quelque temps un enfant dans ses bras, elle fut prise de douleurs vives dans le bas-ventre. Le soir même, vomissements alimentaires. Ils continuent les jours suivants, mais en changeant de caractère ; ils deviennent d'un jaune brun et fétides. La douleur abdominale persiste, augmente même d'intensité. Pas de selles ni d'émission de gaz par Tanus.

Au moment de l'entrée, on constate : Hernie crurale droite, trèsvolumineuse, irréductible, très^douloureuse à la pression. Aspect cholérique, voix cassée, yeux excavés, face bleuâtre, joues et extrémités, froides. Perte de l'élasticité de la peau. Le pli fait à la face dorsale de la main persiste pendant plusieurs minutes. Temp. 35,2; P. 116, très-faible.

Le soir, même état. Temp., 35,3.

A 7 heures, M. Guérin pratique la kélotomie. Il s'agit d'une eritéro-épiplocèle. La partie de l'anse étranglée est très-altérée, et, au niveau du collet, on voit sur l'intestin une ligne jaunâtre de deux centimètres de long sur deux millimètres de large, transversalement dirigée. Cependant la paroi paraissant encore assez résistante, l'anse herniée est réduite. L'épiploon est laissé dans la plaie.

A 8 h. Temp.^ 35,3.

Il y a eu une selle assez abondante après l'opération.

A 11 h. temp., 35,4.

25 novembre. Dans la nuit, deux selles diarrhéiques. La malade est toujours très-faible et à peu près dans le même état que la veille. Elle se plaint de quelques douleurs diffuses dans le ventre. Elles n'ont plus la vivacité ni le siège particulier de celles des premiers jours. Il semble qu'elle marquent le début de la péritonite constatée à l'autopsie. Temp., malin, 36,2; soir, 37,3.

Le 26. Affaiblissement très-prononcé. La malade peut à peine répondre aux questions qu'on lui adresse. La peau est toujours

froide et sans élasticité, le pouls insensible. Type de facifes cholérique. Temp., matin, 36,4; soir, 33,3.

Mort dans la soirée.

Autopsie. — L'intestin est étranglé par le ligament de Gimbernat. Type d'étranglement par vive arête. Pas de perforation. Les anses intestinales sont légèrement injectées et agglutinées entre elles; on peut cependant les isoler facilement. Il n'y a encore ni fausses membranes ni épanchement séro*purulent. La péritonite est donc de date très-récente.

Obs. XX. — Hernie inguinale étranglée, --Accidents à f&rrm

septicémique suraigué, — Mort.

Lemoine (Auguste), 34 ans, camionneur, entre le 9 mai 1871, à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis, n* i2.

Habituellement bien portant (peut-être un peu alcoolique), il porte depuis deux ans une hernie inguino-scrotaîe gauche. Elle rentrait facilement ; le malade ne portait pas de bandage et allait très» régulièrement à la selle.

Le dimanche 7, deux jours avant son entrée, il est pris d'envies de vomir. Malaise général, abattement, grande faiblesse. La hernie est plus dure que de coutume et ne peut ôtre réduite. Depuis lors, pas de selles; vomissements qui, au dire du malade, sont déjà trèsfétides.

État actuel : prostration profonde ; face pâle, traits tirés, yeux excavés ; hoquet, nausées continuelles, vomissements fécaloïdes ; voix presque complètement éteinte, urines très-rares, peau froide, sans souplesse ( pli cutané persistant ) , extrémités cyanosées . Crampes très-douloureuses dans les membres; en un mot, symptômes généraux tels que le malade est d'abord envoyé dans une salle de médecine, comme atteint de choléra. — Temp., axill., 86,2, rect., 37,7. — Pouls, 110, presque insensible.

La hernie est grosse comme un œuf de poule, tout à fait Irréductible par un taxis modéré; ventre non ballonné, assez souple, peu sensible à la pression. — Le soir, temp., axill., 36,4; rect., 38.

Ces symptômes vont en augmentant : mort à deux heures du matin. ^

Autopsie. — Anse intestinale étranglée par le collet du sac. — Péritoine légèrement injecté et un peu poisseux ; les autres organes sont très-sains.

Obs. XXI. — Hernie ombilicale étranglée. — Commencement éC intoxication . — Kélotomie, — Guérison .

Blondet (Lucie), 57 ans, entre le 15 juillet 1870, à Thôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n* 24.

Elle porte depuis quatorze ans une hernie ombilicale qui n'a jamais causé d'accidents.

Le 12 juillet au soir, elle est prise de douleurs vives dans la région ombilicale; la hernie est un peu plus volumineuse que de coutume, elle est complètement irréductible. En même temps, suppression des selles, vomissements alimentaires d'abord, puis muqueuxet bilieux. Ces accidents durant depuis deux jours, la malade entre à l'hôpital le 15. Temp., 36,9.

Rien de particulier dans la journée; lavement purgatif sans effet. Temp. le soir, 37,1 .

Le 16. L'état est aggravé. Face anxieuse, grippée, pouls faible, abattement général, vomissements d'un brun verdâtre, d'une odeur fétide. Temp., matin, 36o; soir, 35,8.

Le 17. Même état. Temp., 35».

lyi. Anger pratique la kélotomie. Une petite anse intestinale, qui était entourée d'un paquet épiploïque volumineux, est refoulée dans la cavité abdominale.

Après l'opération. Temp., 35,5; le soir, 36®.

Abondante évacuation qui se prolonge sous forme de selles diarrhéiques pendant la journée. Cessation des vomissements. A 8 h. Temp. 36,8.

, Le 18. État satisfaisant. Temp., matin, 36,5; soir, 37,9.

Le lendemain, le mieux continue et se maintient jusqu'à la guérison complète; pendant les jours suivants la température a été :

Le 19. Matin, 37,1; soir, 38^

Le 20. Matin, 37,2; soir, 38,2.

Le 21. Matin, 37,1 ; soir, 38,5.

Le 22. Matin, 36,8; soir, 37,5.

Obs. XXIL — Occlusion intestinale ancienne, — Gastrotomie. —

Guérison,

Boisseau (Eugène), 27 ans, peintre en bâtiments, entre à l'hôpital Lariboisière le 10 novembre 1870, salle Saint-Augustin, n" 21.

A fait beaucoup d'excès dans sa jeunesse; syphilitique.il y a deux ans, pour la première fois, il fut pris de douleurs vives dans Tab-

domen, avec constipation opiniâtre, suivie d'une diarrhée de longue durée. Depuis, ses fonctions digestives ont toujours souffert. Il est habituellement constipé (il a eu cinq attaques de colique de plomb).

Il y a six semaines, il fut pris de nouveau de douleurs abdominales avec constipation. Au bout de quinze jours, il y eut une légère amélioration, et il put aller faire son service de garde national. Il mangea un peu; mais presque aussitôt il fut pris de vomissements, qni, dit-il, étaient très-fétides quelques jours plus tard. Il prétend aussi que, malgré de nombreux purgatifs, il n'a pas été à la selle, et n'a pas rendu de gaz par l'anus depuis un mois (?).

Quoi qu'il en soit, son état est très-grave ; le ventre est un peu ballonné, surtout au niveau de Thypogastre, et les anses intestinales se dessinent sous les téguments, particulièrement pendant les coliques, qui sont fréquentes et très-douloureuses. La face a le typ3 cholérique; la peau est refroidie, la voix faible, les urines rares. Temp. matin, 36,2; P. 44; soir, 36,6. P. 72, très-faible.

11 novembre. Insomnie complète, quelques vomissements dans la nuit. Grand abattement. La face est vultueuse, les yeux mornes, fixes, le ventre plus tendu qu'hier (tous les moyens thérapeutiques ont échoué). Temp. matin, 37^ P. 78 ; soir, 35,6, P. 82.

Le malade a rendu à peine 80 grammes d'urine depuis le matin ; elle est très-chargée, rosacée.

Nouveaux vomissements fécaloïdes dans la soirée; pouls insensible, grande oppression, ventre uniformément tendu, très-ballonné; refroidissement de plus en plus marqué. Temp. à 9 h., 35,4.

M. Verneuil, malgré l'état désespéré du malade, se décide à pratiquer la gastrotomie dans la fosse iliaque gauche. Issue d'une quantité considérable de matières liquides, jaunâtres, mêlées de bulles gazeuses, d'une odeur infecte.

A minuit. Le ventre a diminué et s'est affaissé, il n'y a plus de coliques. Temp. 36o; P. 66, régulier.

Le 12. Nous ne décrirons pasjour par jour les diverses phases par lesquelles Topéré a passé jusqu'à la fin du mois de novembre, époque de sa guérison déflnitive. Nous nous contenterons de signaler d'une manière générale l'issue régulière des matières par Toriflce artificiel, la cessation des vomissements et des douleurs, le retour progressif de l'appétit, le rétablissement des forces et de la sécrétion urinaire normale. Le seul accident qui ait marqué cette longue couvalescence, est un phlegmon de la paroi abdominale autour de la plaie, consécutif à l'inflltration d'une certaine quantité de matières dans le tissu cellulaire. Peu à peu l'orifice anormal s'est spontané-

ment rétréci, en môme temps que les matières reprenaient leur cours habituel. La plaie s'est complètement cicatrisée, sans qu'on ait eu recours à la suture.

Nous donnerons seulement la température pendant quelques jours, en faisant remarquer que l'élévation qu'elle présente est sans doute en rapport avec le phlegmon.

Le 12. Matin, 38,5; soir, 38,6.

Le 13. Matin, 38,4; début du phlegmon, soir, 38*.

Le 14. Matin, 38,6; soir, 38,6.

Le 15. Matin, 38,4; soir, 38,8.

Le 46. Matin, 38,8; soir, 38,6.

Le 17. Matin, 38,2; soir, 38,4.

La température se maintient ainsi au-dessus de 38», jusqu'au 24 novembre, oh le thermomètre marque : matin, 37,8; soir, 38,2.

Le 25. Matin, 37,2; soir, 37,8.

Il n'y a pas eu de nouvelle élévation.

Obs. XXIIL — Hernie crurale étranglée. — Péritonite aiguë. —

Mort,

B... (Eugénie), 36 ans, entre le 11 avril 1870 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Marthe.

Elle porte depuis deux ans une hernie crurale, toujours facilement réductible, qui n'a jamais été maintenue par un bandage.

Elle est étranglée depuis vingt-quatre heures. Des tentatives d e taxis ont été faites sans résultat. Temp. 37,2.

La kélotomie est immédiatement pratiquée. Temp., 2 h. après, 37,4.

Dans la journée, la malade accuse des douleurs dans le ventre; il est sensible à la pression, un peu tendu. Temp., le soir, 38,4.

Le 12 avril. Nuit mauvaise. Augmentation des douleurs; la moindre pression est insupportable. Vomissements, hoquet; pouls misérable, face anxieuse, grippée. Temp., matin, 38** ; dans la journée, 37,8; le soir, 38.

Mort dans la soirée.

Autopsie* Péritonite suraiguë.

Obs4 XXrV. — Hernie crurale étranglée, — Péritonite ^^^^ Morte

Robin (Victoire), 52 ans, entre le 14 décembre 1871 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n* 32.

Hernie crurale droite depuis seize ans, étranglée depuis trois jours. Suppression des selles, coliques ;'^ ventre tendu, très-sensible; vomissements fréquents. Temp. 37,4.

15 décembre. Mauvaise nuit. Vomissements fécaloïdes. Ventre très-douloureux. Cependant, pas d'aspect cholérique ni de refroidissement de la peau. Temp. 37,6.

Kélotomie; hernie déjà phlegmoneuse, couches très-adhérentes. On établit un anus contre nature. Temp., le soir, 38o.

La malade est très-faible ; elle offre tous les symptômes locaux et généraux de la péritonite. Elle meurt le lendemain matin.

Autopsie, Péritonite aiguë. Pas d'épanchement stercoral. L'anse étranglée appartient à l'intestin grêle h, 40 centimètres du csecum.

Obs. XXV. — Hernie inguinale interstitielle. — Perforation, —

Péritonite suraiguë, — Mort,

X..., 32 ans, journalier, entré à l'hôpital Lariboisière le l*' février 1871, salle Saint-Louis, n» 16.

Habituellement bien portant, allant régulièrement à la selle,

Hernie inguinale droite interstitielle, facilement réductible, depuis dix ans (coïncidence d'une hydrocèle enkystée du cordon du môme côté), étranglée depuis le 30 janvier à trois heures du soir.

Elle a le volume d'une noix. Elle est très-douloureuse au toucher : le ventre est aussi très-sensible à la moindre pression, un peu tendu. Il y a déjà probablement une péritonite. Coliques vives ; pas de vomissements, mais nausées et éructations incessantes.

Pouls insensible, urines rares. Temp. (axill.) 37o; (rect.) 38,4.

Mort dans la nuit.

Autopsie, Anneau assez large ; anse intestinale perforée au sommet en cul-de-poule. Péritonite suraiguë.

Obs. XXVI. — Occlusion intestinale, — Gastrotomie. — Péritonite,

— Mort.

Anterre (Louise), entrée à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte- Jeanne, le 31 juillet 1870.

D'une assez mauvaise santé, et habituellement constipée, elle dit n'être pas allée à la selle depuis dix-huit jours. Elle est très-faible, amaigrie ; le ventre est tendu, très-douloureux. Elle a vomi plusieurs fois des matières brunes fétides.

1^' août. Temp., 37,1.

On pratique la gastrotomie.

Après ropération : temp., 37 ; le soir, 37,6.

Le 2. Même état, pas d'amélioration. Ventre toujours douloureux. Signes évidents de péritonite.. Temp. : matin, 37,9; soir, 38,4.

Le 3. La malade est presque agonisante. Temp., 39,2.

Mort à quatre heures du soir.

Autopsie, Cancer utérin. Bride péritonéale ancienne, étranglant une anse intestinale. Péritonite récente généralisée.

Obs. XX Vn. — Occlusion intestinale, — Péritonite, — Mort,

X..., 42 ans, hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis, service de M. Verneuil.

Il est malade depuis cinq jours. A une diarrhée très-opiniâtre a succédé une constipation que rien n'a pu vaincre.

Le mal a débuté par des coliques et des vomissements; le quatrième jour, le ventre a commencé à augmenter considérablement de volume; il est devenu très- douloureux; l'urine s'écoulait très-difficilement ; il a fallu pratiquer le cathétérisme.

Au moment de son entrée, le malade est dans un état tel qu'on ne peut songer à aucune opération; le ventre est très-ballonné et d'une excessive sensibilité ; vomissements, nausées, hoquet ; face anxieuse, amaigrie; pouls petit, accéléré (110). Temp., 38. Le soir, 37,4 ; à une heure du matin, 37,5.

Mort à quatre heures du matin.

Antopsie. Adhérences anciennes de la fin de l'intestin grêle à la fosse iliaque droite ; torsion d'une anse intestinale sur elle-même ; péritonite généralisée.

Obs. XXVIIL (Communiquée par notre collègue Sevestre.) — Hernie étranglée. — Péritonite herniaire avec gangrène de Pintestin, — Kélotomie tardive, — Mort,

Le 4 août 1868entre à la Maison de santé,service deM.Demarquay, unhommede 66 ans, jardinier, portant une grosse hernie inguinoscrotale, qui depuis quinze jours a donné lieu à des accidents.

L'apparition de la hernie remonte à une quinzaine d'années environ. Peu à peu la tumeur, mal soutenue par un suspensoir, était arrivée au volume des deux poings.

Le \^^ août, dans la soirée, après un ou deux jours de malaise, le malade ressent dans la tumeur une douleur sourde, persistante;

en même temps, vomissements qui continuent les jours suivants. Un médecin appelé le lendemain essaie inutilement le taxis. Môme insuccès le 3 août. Cependant, une partie de la masse herniée rentre dans l'abdomen le soir. Il ne reste plus qu'une petite grosseur du volume d'un œuf. Néanmoins, les vomissements persistent; mais ils n'ont nullement le caractère fécaloïde.

Le jour de l'entrée du malade à la Maison de santé, on pratique encore le taxis pendant près d'une demi-heure, mais sans résultat. Dans la nuit, les vomissements se reproduisent fréquemment. Douleurs vives dans l'abdomen.

Le 5 août. Môme état. La hernie a repris son volume primitif. Elle est absolument irréductible ; la peau est rouge, douloureuse au toucher; par la percussion, on reconnaît la présence d'une anse intestinale et d'épiploon. La glace, la compression au moyen du caoutchouc, les sangsues demeurent sans effet.

Le soir, le malade est très-faible, la voix est altérée ; le pouls petit, dépressible (72^ Temp., 37.

Le 6. Temp., 36,6.

Le soir, continuation des vomissements. Toujours absence de selles. Douleurs abdominales aiguës ; abattement extrême, voix tout à fait éteinte, hoquet depuis deux ou trois heures. Temp., 36,7.

M. Demarquay pratique la kélotomie. — Le sac incisé laisse échapper des matières fétides ; l'anse intestinale, noirâtre, sphacélée, présente deux petites perforations.

Mort dans la nuit.

L'autopsie n'a pu être pratiquée.

Obs. XXIX. — Hernie étranglée. — Péritonite. — Perforation. —

Mort.

X..., 63 ans, entre à l'hôpital Lariboisière le 7 janvier 1870, salle Sainte-Jeanne, n® 29.

Hernie crurale gauche, grosse comme une petite noix, rentrant ordinairement avec facilité et n'ayant jamais causé aucun accident.

Le dimanche l»*" janvier, pendant un effort, la hernie sort brusquement, plus volumineuse que de coutume, et ne peut être réduite. Aussitôt coliques vives, vomissements quotidiens qui deviennent fécaloïdes. Suppression absolue des selles.

Aujourd'hui, prostration profonde, frissons et sentiment de froid général ; ventre ballonné, très-sensible à la pression ; hoquet et Humbert. 7

nausées fréquentes; symptômes de péritonite; urines moins abondantes que de coutume.Tenip., d7>4; à six heures^ 37,2«

M. Gusco pratique la kélotomie à onze heures du soir. La hernie est aplatie, assez dure, sans rougeur des tégutnents« Il n'y a pas eu de taxis préalable.

Le sac est très-épais, mais il ne renferme pas d'anse intestinale ; il est entouré d'un peu de liquide séro-purulent à sa faoe externe ; son orifice abdominal laisse échapper un peu de liquide d'apparence fécaloïde. M. Gusco pense que l'intestin s'est spontanément réduit en se perforant.

Grosse sonde à demeure dans l'oriflce du sac. Opium.

Pronostic mortel.

Mort le lendemain matin.

Opposition à l'autopsie.

Obs. XXX. ^- Hernie crurale étranglée. — Péritonite. — Mort,

Horne (Henriette), 57 ans, entre le 7 février 1871 à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n® 8.

Hernie crurale datant de dix ans, étranglée depuis le 4 février ; elle a le volume d'une noix. Goliques, douleurs abdominales vives à la pression, vomissements encore sans caractère.

Le 8 au matin, temp. axilL, 37,6; vag., 37,9.

Le 9. Nuit assez mauvaise, vomissements persistants. Ventre ballonné et très-douloureux, faciès grippé, abattu; peau sans souplesse; urines rares. Temp. axilL, 36,6; vag., 37,9.

M. Verneuil pratique la kélotomie. L'intestin, dont les parois contenaient déjà deux petits abcès, est ouvert et laissé dans la plaie.

Le 10. Peu de matières sont sorties par l'orifice herniaire. Ventre toujours douloureux et tendu, peau froide, face creuse, immobile, pouls très-faible, aspect cholérique. •— Temp. axill. , 36#4; vag., 38.

Mort dans la journée.

Autopsie. "*- Anse d'intestin grêle en voie de sphacèlej étranglée par l'anneau crural. Péritonite aiguë (épanchement, fausses membranes, etc.), sans trace de perforation*

Obs. XXXL — JSeimie crurale étranglée, — • Péritonite. — Mort,

S..., journalière, 36 ang^ entre k ThOpital LaHboisière) toile Sainte- Jeanne, »• 12, le 3 févrief 1870,

— iOl —

Il y a dix ana, pendant les efforts d'un premier aooouohement, apparition dans Paine droite d'une tumeur du volume d'une noix. Elle était réductible et resta stationnaire jusqu'au deuxièifie accouchement, où elle augmenta un peu ; une troisième couche n'amena aucun changement. La hernie était ordinairement maintenue par un bandage assez défectueux.

Il y a un mois, elle a commencé à grossir un peu ; en môme temps parurent quelques troubles digestifs. Cependant, l'appétit était conservé, et les selles, quoique irrégulières, s'accomplissaient librement.

Elles sont absolument supprimées depuis quatre jours. Coliques violentes, vomissements répétés, irréductibilité absolue de la tumeur; tentatives inutiles de taxis faites en ville, chez la malade.

3 février. La tumeur a le volume d'une tête de fœtus à terme. Elle est rétrécie et comme pédiculée à son point d'implantation. Elle siège au-dessous d'une ligne tirée de l'épine iliaque à l'épine du pubis; elle est assez fluctuante à son sommet; téguments un peu rouges. Douleurs assez vives au niveau de l'anneau ; ventre ballonné, sonore, douloureux à la pression. — Temp., 37,7.

Dans la journée, quelques vomissements verdâtres, un peu fétides. Exacerbatiou des douleurs abdominales, Un lavement purgatif n'a fait rendre qu'une petite quantité de matières, probablement du bout inférieur. — Le soir, temp., 36,7.

Le 4. Pas d'amélioration. Vomissements persistants, ventre encore plus tendu. Face anxieuse, grippée, pouls très-petit, misérable (90). —Temp., 36,6.

M. Verneuil se décide à pratiquer la kélotomie. Le sac laisse échapper quelques cuillerées de liquide sanguinolent (hématocèle due au taxis); l'anse intestinale est réduite; Tépiploon réséqué à l'aide dejl'écraseur.

Deux heures après l'opération : temp., 36,5.

Une selle peu abondante, à la suite d'un lavement purgatif. Encore des vomissements dans la journée. — A 6 h., temp,, 36,5. — A 9 h,, 36,2.

Peau et langue très-froides. Douleurs abdominales toujours trèsvives. (Potion avec acétate d'ammoniaque).

Le 5. État stationnaire. — Temp. matin, 37,1. — Soir, 36,8.

Calomel à l'intérieur. Lavement purgatif. Une selle assez abondante.

Le 6. Face grippée, d'un jaune terreux; yeux excavés; ventre

très4)allonné et très-douloureux; pouls fréquent, petit, inégal; nausées et vomissements continuels. — Temp., 36,4.

Deux gouttes d'huile de croton en quatre pilules ; peu d'effet.

Le soir, temp., 38.

Mort à dix heures du soir.

Autopsie. — Péritonite généralisée. Fausses membranes molles, peu adhérentes, recouvrant tout le paquet intestinal. Epanchement de liquide purulent.

L'anse intestinale réduite est violette, ardoisée ; môme coloration à sa face interne; muqueuse ramollie, follicules isolés faisant saillie sous forme de petits points blanchâtres, du volume d'une tête d'épingle.

Foie mou, jaunâtre (dégénérescence graisseuse). Rate molle et diffluente. — Reins fortement hyperémiés. — Poumons trèscongestionnés. •

Obs. XXXIL (Communiquée par notre collègue Huchard). — Hernie étranglée, — Kélotomie. — Accidents septicémiques postérieurs à r opération, — Guérison,

Bornier, 42 ans, entre le 22 juin i868 à l'hôpital Beaujon. Il porte une hernie inguinale depuis l'âge de 26 ans. Elle était maintenue par un bandage. Il le quitta il y a quelques jours, et le 19, en faisant une chute, il sentit au niveau de la tumeur une douleur vive. La hernie sortit et ne put être réduite. Depuis, constipation opiniâtre, ventre un peu ballonné, vomissements alimentaires déjà un peu fétides depuis hier.

La tumeur est grosse comme un œuf de poule, douloureuse au toucher et à la percussion; elle rend un son tympanique; la peau n'est pas rouge.

Pouls petit, fréquent. Face et extrémités cyanosées, peau froide. Grande faiblesse.

M. Richard pratique immédiatement la kélotomie et opère la réduction.

24 juin. Même état qu'avant l'opération. Aspect cholérique très-marqué. Pouls à peine perceptible, face violacée, refroidissement général. Pas de crampes ni de douleurs abdominales. Vomissements dans la nuit. Voix affaiblie, yeux excavés. Tendance à l'assoupissement.

Dans la journée, le type cholérique s'^accuse encore davantage ; membres glacés, sueurs froides à la face. (Le malade éprouve

néanmoins une sensation de chaleur) . Perte de rélasiicité cutanée. Le pli fait à la peau ne s'efface que lentement. Respiration suspirieuse, aphonie très-prononcée. Tache violacée au coude gauche, arborisations vasculaires aux jambes. Anurie.

Le 25. Une selle diarrhéique hier au soir, une autre dans la nuit. Toujours des vomissements. Aphonie complète. Membres sans chaleur.

L'abdomen est un peu tendu, tympanique, légèrement douloureux à la pression.

Le 26. Même état, avec un peu d'amélioration cependant. Les symptômes ont diminué d'intensité, sauf l'aphonie.

Le soir, la chaleur se relève un peu. Le malade a uriné plus abondamment. Le pouls a repris de l'ampleur.

Le 27 et les jours suivants, le mieux continue, mais lentement et progressivement. Les vomissements s'arrêtent, les selles s'établissent régulièrement. La température (qui malheureusement n'a pas été prise au début), ne s'écarte pas d'une moyenne normale.

2 juillet. L'eschare du coude se détache. Le malade est en pleine convalescence. Elle n'est troublée que par une diarrhée qui pendant plusieurs jours résiste à tout traitement.

Il part le !«' août pour Vincennes.

Obs. XXXIIL — Arrêt des matières intestinales sans étranglement proprement dit. — Accidents septicémiques. — Mort.

Tano (Gaudens), 62 ans, glacier, entre le !•' mai J871, à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Louis, n° 9.

Bonne constitution , bonne santé habituelle. Hernie ancienne volumineuse (inguinale droite) facilement réductible.

Malade depuis quinze jours environ. Depuis huit jours n'a pas été à la selle; coliques, vomissements sans caractère d'abord, puis fécaloïdes.

La hernie est volumineuse. Le 2 mai, M. Verneuil pratique le taxis et la réduit.

Avant la réduction, le malade était dans l'état suivant : prostration, adynamie complète ; face anxieuse, hébétée; parole difflcile, embarrassée; langue sèche et noire, froide; vomissements brunâtres, fécaloïdes ; ventre un peu ballonné, sensible à la pression; urines rares, très-albumineuses (cependant pas d'œdème local ou général). Peau froide, extrémités violacées; temp., 36, 6.

Aucun de ces symptômes ne s'étant amendé après la réduction facile de la hernie, M, Verneuil, considérant surtout l'état des urines, pense un moment à une affection rénale.

Le soir, le malade n'a pas encore été à la selle ; temp.,37*.

3 mai. Encore des vomissements fécaloïdes; temp., 36".

Le soir. Môme état; temp., 34,6.

Mort à sept heures du soir.

Autopsie, L'oriûce du sac est très-large. Il contient environ 50 centimètres d'anses intestinales, qui y sont rentrées spontanément, et qui y sont très-comprimées, surtout au niveau du collet. Elles ne présentent aucune adhérence, aucunes des lésions ordinaires de l'étranglement . Leur couleur est seulement plus foncée que le reste de l'intestin. Pas de trace de péritonite.

L'intestin, au-dessus des anses herniées, est distendu, rempli de gaz et de matières fétides. Ces anses baignent dans un liquide séro-sanguin contenu dans le sac; leurs parois sont épaissies, leur calibre diminué; la muqueuse est injectée et un peu boursoullûée.

Reins offrant les signes d'une néphrite ancienne, petits, graisseux. Rate très-congestion née , apoplectique. Poumons congestionnés. Les autres organes sont sains.

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