AO
§ 104. Outre sa prononciation normale a-o (aoriste, aorte, kaolin, etc.), dont naturellement il ne sera pas question, ce digramme possède deux autres valeurs :
1<> a: paonne;
2<> 0 : Saône, curaçao.
* Dans bégayer, ayer s'est substitué par confusion à -eyer, issu du lai. pop, *-idiare, dérivé lui-mémc de -izare, qui avait été créé d'après le gr. -izeln.
AO prononcé a.
Ex. : paonne, paonneau, faonner.
§103. Le digramme ao est à conserver dans les deux premiers :
1» parce que le masculin paon, comme on le verra au § 208,
garde son orthographe actuelle, ce qui nous oblige à en faire autant
pour le féminin; 2» pourévitertouteconfusionavecleshomonymespawwc, panneau. On écrira donc paonè (§ 2o2), paono (§111), pendant qu'aux
graphies panne, panneau, seront substitués pane, pano. Quant à faonner, nous le remplacerons par faner, qui ne peut se
confondre avec faner, dérivé de foin, V. à ce sujet ce qui est dit
au § 208.
AO prononcé o.
§106. 11 est à remplacer par o : Sône, p. Saône (lat. Sauconna, Saconna, vfr. Sagone, d'où Saône), sera une très bonne simplification (v. ci-dessous § 382). Curaçao s'écrira curasso (§ 417) ^.
Extraordinaire possède les deux prononciations extro- et exlra-o-; il gardera donc son a : extra ordinère 2. Au xvn'' s. on disait exirordinère; c'était la règle, comme l'indiquent Marguerite Buffet et Richelet, et les Précieuses écrivaient extraordinaire. De nos jours cette manière de parler tend à disparaître devant celle qui consiste à faire sentir l'a et qui est due à une réaction de l'écriture sur le langage oral. On ne peut que le regretter. Extraordinaire, extramdinairement, sont des mois longs et lourds : la prononciation extroavail le mérite de les alléger.
AOr prononcé ou.
Ex. : saoul, saouler, aoCtt,
§107. Pour saoul, saouler (que l'on écrit aussi soûl, soûler), il convient d'adopter la graphie sotd, soûler, en supprimant l'accent circonflexe. On verra au § 301 que 1'/ finale de soid est à conserver pour éviter la confusion avec l'homonyme sou, a En avoir tout son souh), écrit <( en avoir tout son sou », pourrait donner à supposer qu'on a affaire à sou, de lat. solidum, et que c'est un équivalent des expressions « en avoir pour son argent, avoir son compte », ce qui serait une fausse interprétation.
^ Nous verrons plus bas (§ 564) que ]a graphie de tous les mots étrangers passés dans l'usage courant doit être k*anciséo. ^ Sur l'emploi du trait d'union dans ce mot, v. § 536, il.
Août ayant les deux prononciations ott et a-ou gardera son a, mais en perdant son accent circonflexe, qui est inutile (§ 546). La prononciation a-oii, quoique moins répandue, vaut mieux que ou, et « le mois d'où », qui sonne à l'oreille comme « le mois doux », n'est vraiment pas une façon de dire qu'il faille préconiser.