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à l'étranger, le devint des travailleurs recrutés dans le pays. Actuellement, tous les hommes employés comme piocheurs, serre-freins, chauffeurs, aiguilleurs, manœuvres, etc., au nombre d'environ i,6oo, sont des gens du pays. La Compagnie n'a plus guère à s'inquiéter de ses recrutements. Tous ces indigènes ont fini par fonder de petites agglomérations le long de la ligne, notamment près des prises d'eau et y vivent fort heureux, comme l'a constaté la Commission d'enquête.
M. Goffin montre que ce qui attache cette population au chemin de fer, c'est la bonne nourriture qui lui est donnée le salaire de 5o centimes par jour qui lui est payé, le traitement humain qui lui est assuré. Et il conclut en affirmant qu'avec l'introduction de la monnaie et du commerce libre toute la population du Congo travaillera volontiers. Il indique surtout comme cause de l'échec des tentatives de certaines sociétés, le fait que le salaire payé était insuffisant et que, de plus, ce salaire trop minime n'était pas honnêtement payé.
Ce raisonnement est irréfutable. Au reste, les [entreprises agricoles du Mayumbe recrutent librement et aisément leurs travailleurs. La Commission d'enquête constate que les tribus du Kasai et celles du Manyema sont habituées au travail libre. Qu'elle soit assurée que c'est la pratique du commerce et non la contrainte des Arabes ou des trafiquants portugais qui a produit ce résultat.