‹ Étude sur la structure et les produits du Camphrier de Bornéo, ouChapitre 10 sur 13 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous voici arrivé à la fin de l'exposition de la structure anatomique des diverses parties de la plante. Reste à examiner maintenant si nous avons les éléments nécessaires à la solution du principal problème que ce travail a pour objet : à savoir où et comment se forme le camphre. Nous avons vu, au commencement de ce

travail, que l'on extrayait deux produits du Camphrier de Born^ : l'un liquide, c'est Thuile de camphre; Tatitre solide, sous forme de cristaux, c'est le Camphre proprement dit. L'huile de camphre, avons-nous dit, 5e j»encontre même che^ les arbres jeunes, tandis que les cristaux ne se trouvent qu'à un âge bien plus avancé, et seulement dans la partie centrale ou moelle. Voyons donc si la structure anatomique explique, d'une façon pleinement satisfaisante, ces particularités. Un premier fait domine toute la description anatomique que nous avons donnée : c'est que les parties jeunes sont toutes gorgées d'un suc rougeâtre, et que, dans les parties âgées de deux et surtout de trois ans, le .suc disparaît à peu près complètement; ainsi, nous le rencontrons dans toute la jeune écorce, moins les fibres libériennes; toujours dans le cambium, dans les cellules de la moelle jeune, dans les cellules ramepses des feuilles, et dans la partie centrale de leurs faisceaux. Un second fait très-important,^ c'est que, dans tous les organes de la plante, on trouve des lacunes; c'est ainsi que nous en avons vu dans les faisceaux des feuilles et dans la côte médiane, puis dans le pétiole; de même dans la cupule du fruit et dans le pédoncule, puis dans les jeunes rameaux et dans les rameaux plus âgés; enfin, il en existe dans le tronc même. A mesure que Ton descend des organes jeunes aux parties plus âgées, les lacunes augmentent d'abord de nombre, puis de dimensions, en se fondant les unes dans les autres, pour arriver enfin au tronc môme, dans la moelle duquel règne une large cavité, comme le montre la fig. 16, qui représente la partie centrale d'un Dryobalanops âgé. Il résulte de cette disposition un vaste système de

canaux qui établissent une coramunication entre les parties les plus éloig^nées et la portion centrale de l'arbre. D'autre part» nous avons dit que toujours les rayons médullaires offraient du suc coloré ; c'est qu'ils servent a conduire, dans la partie centrale du rameau, le liquide sécrété dans les parties jeunes de l'écorce. On comprend donc qu'un suc qui serait sécrété dans les parties jeunes de la plante, Unirait par se rendre en un point commun ; et c'est ce que l'expérience confirme. Il ne semble donc pas douteux que l'huile de camphre, formée dans toutes les parties jeunes et les plus actives de Tarbre, tende à se rassembler, au moyen de nombreux canaux, [vers la partie centrale de la plante. Mais comment se fait-il que Thuile ne se produise que dans les parties jeunes, et les cristaux seulement dans la partie centrale des troncs âg*és? Nous avons vu que la différence de composition qui existe entre Thuile et les cristaux, consiste en deux équivalents d'eau en plus renfermés dans ces derniers. Il paraîtrait donc que l'huile arrivée dans la partie centrale de l'arbre, absorbe ces deux équivalents d'eau , et se transforme, au moins partiellement, en cristaux, tandis que jusqu'à ce moment, privée de ces deux équivalents, elle reste à Tétat liquide.

M. Motley, dans les deux cas d'extraction du camphre dont il a été témoin, prétend que, dans le tronc de l'arbre, l'huile se trouvait rassemblée à la partie inférieure de la cavité, tandis que les cristaux s'étaient formés seulement au-dessus; ce qui lui paraissait se rattacher à- une sublimation naturelle.

Lafig^urelG, copiée, avec réduction, sur celle qui a été publiée dans le Journal ofBotany de Hookev^veY^vésente

la disposition des cristaux de caraphre dans, la cavité de l'arbre, d'après un échantillon du muséum de Kew, Nous devons à M. D. Oliver un petit échantillon, avec quelques cristaux encore adhérents. Les coupes que nous y avons faites nous ont montré que, presque immédiatement en dehors des cristaux, se trouve la partie interne des faisceaux vasculaires. Il nous a donc été permis de suivre toute révolution du produit du Camphrier de Bornéo, depuis sa première élaboration ?ous forme d'huile , jusqu'à sa formation complète en cristaux.

Il semblerait donc peut-être légitime de tirer de ce qui précède ces deux conclusions :

1° L'huile de camphre se forme dans toutes les parties jeunes de la plante, et y reste à l'état liquide.

2^ Arrivée dans la partie centrale du tronc, par tout un système de lacunes, elle s'hydrate et se concrète en cristaux qui constituent le Camphre de Bornéo proprement dit.

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