V. — Matières colorantes
La sueur et la salive, à l’état normal, sont incolores.
D’après Schottin, le résidu de la sueur repris par l’alcool laisse, après évaporation, une substance rose qui verdit par l’acide oxalique.
Parmi les couleurs accidentelles de la sueur, les unes paraissent dues à des microbes, les autres à l’élimination de pigments définis.
La sueur des aisselles est rougeâtre chez beaucoup de personnes ; plus rarement elle est bleue.
Les chromhydroses bleues ont été observées chez les névropathes (Michel), dans le tétanos (Rose, Schwarzenbach), dans quelques affections abdominales et hépatiques (1).
(1) On trouvera la relation de 38 cas de chromhydrose dans le Dublin Quart. Juurn. Méd. se., septembre 1870.
Plusieurs pigments ont été signalés dans les sueurs bleues :
L’indigotine par Bizio, la cyanourine par Ch, Robin, la pyocyanine par Schwarzenbach. Collmann y aurait vu des sels de fer.
Ce pigment bleu paraît avoir été, tantôt sécrété par les glandes sudoripares, où Ch. Robin et Ordonez ont pu le constater directement par l’examen microscopique ; tantôt sa présence se lie à celle de microbes chromogènes.
Les chromhydroses sont habituellement locales,
Le sang peut sourdre par les orifices glandulaires à la surface de la peau, et constituer les diverses variétés d’hématidroses, dont nous n’avons pas à parler.
La matière colorante du sang ne passe pas dans la sa live ni dans la sueur ; en est-il de même lorsqu'il est imprégné de pigment biliaire, en cas d’ictère ?
Gorup Besanez semble admettre le passage du pigment biliaire dans la salive, mais il déclare qu’il n’existe que peu d'indications relativement à sa présence dans la sueur.
Hope Seyler dit que, malgré les observations contraires de Wright, la bilirubine ne paraît passer dans la salive.
À, Gautier dit également que, dans l’ictère, la sueur peut se colorer en jaune et tacher le linge.
Behrend auraittrouvé du pigment biliaire dans la sueur d’un malade atteint de fièvre typhoïde bilieuse.
Le professeur Vulpian a vu le pigment biliaire apparaître dans la salive parotidienne et sous-maxillaire d’un chien, dans la saphène duquel on avait injecté un peu de bile de bœuf filtrée et étendue d’eau. Il déclare, d’autre part, n’en avoir trouvé dans la salive des ictériques.
Nous n’avons jamais pu déceler le pigment biliaire, ni
dans la salive, ni dans la sueur des ictériques auxquels nous avions pratiqué des injections de pilocarpine, alors même que l’urine en renfermait de grandes proportions. Nous n’avons jamais observé, du reste, la moindre coloration dans toutes les sueurs et salives que nous avons examinées au cours de nos recherches.
: Technique. —- Essayer d’abord directement à produire la réaction de Gmelin avec l'acide nitrique nitreux dans la sueur et la salive préalablement filtrées. Puis agiter une portion du liquide dans une burette de Mohr avec les divers dissolvants suivants: chloroforme, sulfure de carbone, alcool amylique. Recueillir après repos le dissolvant, le filtrer, apprécier sa couleur et tenter sur lui la réaction de Gmelin.
Répéter le même essai après avoir acidulé le liquide par quelques gouttes d’acide acétique.
Il faut savoir que dans la sueur et la salive provoquées par la pilocarpine, l’acide nitrique produit souvent nne légère teinte verdâtre qui n’apparaît qu’au bout de quelques minutes et est d'autant moins sensible que la filtration a été plus rigoureuse.
OBs. XXVII (personnelle). — Quillot, 80 ans, entré le 1'* avril 1881, salle Saint-Augustin, n° 5 bis, hôpital Tenon, service de M. Huchard.
Ictère catarrhal datant de huit jours. Teinte ictérique très accusée de tout le tégument cutané. Pouls ralenti. Urines foncées, très riches en pigment bilaire.
Injection de 0,02 nitro pilocarpine.
Salive et sueur incolores ne présentant pas trace de pigment biliaire.
L'expcrienee est répétée trois avec le même résultat négatif.
Les injections sont restées sans résultat sur la marche de l'ictère.
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O8s. XX VIII (personnelle). — Hôpital Tenon. Salle Saint- Aueustin, n° 5. Octobre 1881. Service de M. Huchard.
Ictère catarrhal ; teinte jaune très accusée de la peau et des conjonctives. Urines foncées, ictériques, donnant nettement la réaction de Gmelin.
Les 9, 10, 11, 12 et 18 octobre, on pratique chaque jour une injection de 0,02 nitro pilocarpine.
La sueur et la salive sont incolores et ne renferment pas trace de pigment biliaire ; la chemise n’est pas teintée par la sueur qui l’imprègne. x
Pas de modification dans la marche de l'ictère,
O8s. XXIX (personnelle). — Br... (Joseph), entré le 25 février 1882, salle Bichat, n° 2. Hôpital Tenon. Service de M. Tenneson.
Ictère calarrhal intense datant de quinze jours. Teinte très jaune du tégument et des conjonctives. Urines très ictériques, riches en pigment biliaire. Selles argileuses.
Injections de nitro pilocarpine le 30 mars et le 5 avril.
La sueur et la salive sont incolores et ne présentent pas trace de pigment biliaire.
OBs. XXX (personnelle). — Hôpital Tenon. Service de M. Huchard. Salle Saint-Augustin. Cl... (Jules), 38 ans, tonnelier.
Cirrhose hipertrophiée avec ictère. Foie volumineux. Pas d’ascite. Teinte jaune vert olivâtre, très foncée des téguments et des conjonctives. Urines très riches en pigment biliaire. Héméralopie.
On essaie le traitement par les injections de pilocarpine. Tous les deux jours, injection le matin de 0,02.
La sueur et la salive recueillies chaque fois sont toujours incolores et ne présentent pas trace de pigment biliaire.
Pendant ces recherches un vésicatoire a été appliqué et nous avons constaté dans la sérosité de ce vésicatoire une grande quantité de pigment biliaire.
L'ictère n’a pas été modifié par les injections de pilocarpine ;
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la maladie a suivi son cours et la mort est survenue à la fin de l’année. À