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D’après Griesenger, il y aurait un rapport inverse entre la proportion du sucre sudoral et celle du sucre uripaire,
Lécorché admet le passage du sucre dans la salive et la sueur dans certaines conditions, et explique ces diver— gences par les altérations que peut subir le glucose en s’éliminant. Le sucre peut éprouver la fermentation lactique, acétique, alcoolique ; passer à l’état d’aldehyde, d'acétone, d’éthers composés.
La salive des diabétiques est souvent acide par la présence d'acide lactique ; on a remarqué que les altérations dentaires commençaient souvent par la deuxième molaire, au niveau de l’orifice du canal de Stenon. L’haleine a parfois une odeur éthérée, et les malades se plaignent d’un goût particulier. La sécrétion salivaire est du reste rare, la bouche sèche ; il est probable que les produits volatils viennent de lexhalation pulmonaire.
Dans l’interprétation du goût sucré perçu par les ma— lades, il faut tenir compte de l’élimination du glucose par le suc gastrique, et des expériences de Magendie, qui voyait se produire chez un animal des signes de dégoût à la suite de l’injection de substances amères dans le sang ; ces mêmes animaux se léchaient les lèvres avec satisfaction quand on avait injecté du bouillon dans leurs veines.
Latham a signalé une odeur de foin dans la sueur d’un diabétique, due probablement à quelque éther composé. Dans le coma diabétique, le malade exhale souvent une odeur pénétrante d’acétone (Kusmaul).
Mossler a trouvé de l’acétone dans la salive des diabétiques. Il prétend que c’est par les glandes salivaires et les reins que ce corps tend à s’éliminer.
Chez plusieurs diabétiques acétonuriques, Cornillon et Mallat (Progrès méd., 22 déc. 1883) ont administré du
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jaborandi et ont examiné la salive. Chaque fois, le perchlorure de fer a produit la coloration rouge brun de Gerhardt, mais atténuée ; quant à la.teinte rose clair, elle n’a pu être obtenue avec Pacide sulfurique. Pour contrôler ces résultats, ils ont soumis au même traitement la salive de gens sains, et la coloration rouge brun s’est toujours produite aussi nettement que pour la salive diabétique. Les auteurs ne paraissent pas avoir songé à l’existence, depuis longtemps signalée, du sulfocyanure de potassium dans la salive normale. Les réactions de Gerhardt n’appartiennent du reste pas à l’acétone, mais à des dérivés mal déterminés.
Ozs. XXXI. Bergeron et Lemattre. — Hôpital Saint-Louis. Mars 1863.
Glycosurie diabétique datant de huit mois. Urines abondantes, 3 à 4 litres par jour, renfermant une grande quantité de sucre. .
Le malade est soumis aux fumigations; la sueur est recueillie et réduit abondamment la liqueur de Bareswill avec précipité rouge d’oxydule.
Le surlendemain, l'expérience est répétée avec Je même résultat.
O8s. XX XII (personnelle). — Hôpital Saint-Antoine. Salle Corvisart, n° 2. Service de M. Dujardin-Beaumetz. Avril 1383. Femme 50 ans. Diabète à marche rapide, cachectisant. Polyurie abondante ; urines très riches en sucre.
Au moment de l'expérience: urines pâles, quantité, cinq litres en vingt-quatre heures ; sucre en vingt-quatre heures, 250 gr. ;
Injection de 0,02 nitro pilocarpine.
Salive abondante, visqueuse, opalescente. Elle est acidulée de quelques gouttes d'acide acétique, soumise à l’ébullition et filtrée. On concentre le liquide clair au bain-marie, au quart de son volume primitif. La liqueur de Fehling est fai-
blement réduite avec précipité orangé ; l'ébullition avec la potasse donne une légère coloration jaune brunâtre.
La sueur, extrêmement peu abondante, est recueillie à la surface du corps avec une éponge propre humectée d’un peu d'eau. Le liquide exprimé présente une faible quantité de sucre.
Os. XXXIII (personnelle). —- Maigret (Eugène), gaîfnier, 46 ans, entré le 14 novembre, salle Andral, hôpital Saint-Antoine, service de M. Dieulafoy.
Diabète datant de six à sept ans. Etat général bon.
Du 26 au 27. Sucre des vingt-quatre heures, 81 gr.
Régime azoté exclusif. Pas de médicaments.
Le 27 après midi. Injection de 0,02 nitro pilocarpine.
Salive, neutre, environ 350 cc.
Une première portion est immédiatement soumise à l’ébullition après avoir été acidulée par l'acide acétique et saturée de sulfate de soude, selon la méthode préconisée par Cl. Bernard pour la recherche du sucre dans le sang.
Après ébullition, le liquide est concentré, puis filtré.
La liqueur de Fehling et la potasse n’y décèlent pas trace de sucre.
Une deuxième portion, acidulée par quelques gouttes d'acide acétique et filtrée est examinée séance tenante et ne présente pas de sucre.
Sueur, 20 cc. Pas trace de sucre.
Les urines du 27 au 28 renferment 35 gr. de sucre pour vingt-quatre heures; celles du 28 au 29, 28 gr.
Le sucre diminue graduellement sous l'influence de l’alimentation azotée et disparaît complètement dans les urines dans le courant de janvier.
Les divergences relatives au passage du sucre dans la salive et la sueur nous paraissent s’expliquer par les deux faits suivants :
Le sucre passe difficilement dans la sueur, plus encore
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dans la salive, etil n’y apparaît en quantité appréciable que chez les grands diabétiques. Les liquides dans lesquels on le recherche, surtout la salive, entraînent une grande quantité de microbes, et si l’on ne prend pas certaines précautions, le sucre peut disparaître rapidement par fermentation. Les substances albuminoïdes peuvent entraver la réduction.
D’après CI, Bernard, le saccharose injecté dans le sang ne passe pas dans la salive.