‹ Étude sur la sueur et la saliveChapitre 19 sur 27 · I. — Métalloides · texte numérisé non relu

I. — Métalloides

Chlore ; Llode ; Brome. — Nous avons vu que les chlorures existent en quantité assez considérable dans la sueur et la salive.

D'après A. Robin, la moyenne des chlorures éliminés par la salive provoquée par la pilocarpine serait de 1 gr. 40 0/00, chiffre plus élevé que celui qui a été donné par la salive spontanée.

Dans les affections fébriles, on sait que les chlorures diminuent dans l’urine ; il paraîtrait en être de même pour la salive et la sueur. Dans un cas observé par À. Robin, le total des chiorures éliminés par la sueur et la salive n’était que de 0,79 pour 450 de liquide, soit 1 gr. 40 0/00.

Le chlorate de potasse s’élimine en nature, et très rapidement par la salive ; il s’y montrerait, d'après Rabuteau, moins de cinq minutes après son absorption stomacale.

CI. Bernard a constaté, depuis longtemps, le passage facile de l’iode dans la salive du chien. D’après Vulpian, il apparaîtrait dans la salive une dizaine de minutes après son injection dans le tissu cellulaire sous-cutané. Il est remarquable que, malgré l’analogie anatomique du pancréas avec les glandes salivaires, on n’ait jamais vu passer l’iode dans le suc pancréatique (CI. Bernard; Vulpian).

Rabuteau à reconnu dans la salive le passage des bromures et iodures ; des iodates bromates, et chlorates alcalins ; les azotites,.

D’après Kühne, ce sont les sels isomorphes aux chlorures qui passent le plus aisément dans la salive, et leur élimination s'effectue aux dépens d’une quantité équivalente, de chlore, à laquelle ils se substituent. D'après Salkowsky, ces sels passent dans la salive en combinaïson potassique ; cette sécrétion étant élective pour le potassium.

La question esi moins connue pour la sueur ; Gorup

Besanez dit qu'après l’administrauon d’iodure de potassium, on trouve de l’iode dans la sueur. Canta n’en aurait pas décelé. Bergeron et Lemattre n’ont pas constaté le passage de l’iode dans la sueur.

O8s. XXXIV (Bergeron et Lemattre). — Hôpital St-Louis, mars 1864. Rhumatisme chronique.

Depuis quatre jours, tous les matins, le malade prend 0,50 d’iodure de potassium.

Le cinquième jour, après la prise des 0,50 d'iodure, le malade est soumis à l’étuve.

On recueille 50 gr. de sueur. Le liquide, soumis à la réaction de l’amidon, ne donne aucune coloration bleue, tandis qu’on trouve l’iode en abondance dans la salive et dans l’urine,

Le lendemain, l'expérience est répétée; même résultat négatif pour la sueur.

Nous avons toujours trouvé l’iode et le brome dans la salive et la sueur provoquées par la pilocarpine, lorsque ces sels avaient été pris à dose suffisante.

Technique. — Filtrer le liquide, salive ou sueur. L’introduire dans une burette de Mohr avec quelques cent. cub, de sulfure de carbone. Ajouter un peu d'azotite d’ammoniaque et

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quelques gouttes d'acide sulfurique. Renverser une vingtaine de fois le tube fermé avec l'index alternativement en haut eten bas. Laisser reposer ; le sulfure de carbone se dépose coloré en rose passant au violet, s’il s’agit d’iode, au jaune orangé passant au rouge dans le cas de brome.

Si les réactions ne sont pas évidentes, surtout avec la salive, évaporer à sec le liquide; calciner avec précaution au creuset de platine avec un peu de potasse pure; reprendre par l’eau distillée et chercher comme précédemment l’iode ou le brome dans le liquide limpide obtenu.

Pour contrôler le résultat, évaporer doucement le sulfure de carbone décanté et faire réagir sur l’eau d’amidon qui se colore en bleu dans le cas d’iode.

OBs. XXXV (personnelle). — Hôpital Tenon, salle Saint- Augustin, n° 5. Service de M. Huchard, août 1881.

Homme de 45 ans. Syphilis cérébrale; hémiplégie droite datant de trois mois.

Traitement : Frictions mercurielles et 5 gr. d’iodure de potassium par Jour.

12 août. Injection de 0,02 nitr. pilocarpine.

Avec la salive, le sulfure de carbone se dépose coloré en beau rose violacé; avec la sueur, il est simplement teinté en rose.

L’iode passe donc dans la sueur et la salive.

OBs. XXXVI (personnelle). — Hôpital Tenon, salle Saint- Augustin, n° 4.

Syphilis cérébrale; hémiplégie gauche. Homme de 57 ans, entré Le 17 août 1881.

Traitement : Frictions mercurielles et 5 gr. d’iodure de po« tassium par jour.

19 août. Injection de 0,02 nitr. pilocarpine.

Dans la sueur, le sulfure de carbone se dépose coloré en rouge pourpre violacé.

Dans la salive, il ne nous est pas possible de déceler une trace d’iode, même après calcination au creuset de platine de 180 cc. de salive réduits pour la recherche à 10 cent, cub.

Le 21. Même expérience.

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Les résultats sont inverses. Il n'est pas possible de déceler une trace d’iode dans la sueur, tandis qu’on en trouve de la facon la plus nette dans la salive.

Le balancement d'élimination pour l'iode entre la sueur et la salive observée dans cette expérience, malgré la similitude absolue des procédés de recherche, est fort remarquable. Des faits de ce genre ont été observés pour l'élimination des médicaments par les urines.

O8s. XXXVII (personnelle). — Hôpital Tenon, salle Co:in, n° 1. octobre 1881.

Jeune fille épileptique. Traitement par le bromure de potassium, 8 gr. en deux doses : 4 er. le matin à six heures, 4 gr. le soir à six heures.

5 novembre. Injection de 0,02 nitr. plocarpine.

Au lieu de trouver du brome dans la salive et la sueur, je reconnais de la facon la plus évidente dans ces deux sécrétions la présence de l’iode. J'apprends le lendemain que ja malade a pris par erreur de l’iodure de potassium au lieu de bromure.

Le 20. Injection de pilocarpine.

Dans la salive, le sulfure de carbone se dépose caloté en rouge orangé. Dans la sueur, la coloration est moins intense qu'avec la salive.

Le brome passe donc dans la sueur et la salive.

Phosphore. — On a signalé des sueurs phosphorescentes chez les gens empoisonnés par le phosphore. La salive et la sueur présentent alors une odeur alliacée. Rabuteau a vu des sueurs phosphorescentes chez les animaux auxquels il avait injecté de l'huile phosphorée.

Le même auteur a reconnu, dans la salive, le passage des hypophosphites.

Quant aux phosphates, ils n’existent qu'à l’état de traces dans la sueur normale ; dans la salive, il y aurait, d'après Jacubowitsch, près d’un gramme pour mille de phosphates alcalins, et une petite quantité de phosphates

pr Des terreux avec des traces de phosphate de fer. Nous n’avons pas constaté d'augmentation dans l'élimination des phosphates dans la sueur des tuberculeux (Obs. LXI et LXIT). :

Arsenic. — Lussana a pu déceler de faibles quantités d’arsenic dans la salive de chiens soumis à un traitement arsenical, et auxquels il avait injecté de la pilocarpine. Ces animaux ont très mal supporté ces injections, et la plupart ont succombé. Dans l’expérience VII, le dosage a donné 0,0011 d’acide arsénieux pour 50 gr. de salive filtrée. On trouvait également de l’arsenic dans l’urine et

dans le foie.

Pouchet n’a pu constater le passage de larsenic dans

ia salive.

O8s. XXX VIII (Pouchet). — Des recherches exécutées sur des diabétiques traités par l'acide arsénieux et l’arséniate de soude, dans le service de M. Vulpian, n’ont pas permis de constater dans leur salive la plus faible trace d’arsenic.

Dans un cas, le malade prenait depuis trois semaines des pilules de 0,01 d'acide arsénieux, dont le nombre, augmenté graduellement, se trouvait alors porté à 20, et l'injection de pilocarpine avait fourni 158 gr. de salive. Résultat négatif.

Dans uu autre cas, il s'agissait aussi d’un diabétique auquel on administrait des pilules d’arséniate de soude. Quand leur nombre eut atteint 14, ce malade fut pris de diarrhée fétide et de bourdonnements d'oreilles. On suspendit aussitôt leur emploi. Une injection de pilocarpine faite à ce moment donna quelques grammes de salive qui, traitée par le procédé de A. Gautier et mise dans l'appareil de Marsh, ne donpa qu’un résultat douteux.

Perraud, de Lyon (cité par Bouveret), a observé des sueurs abondantes dans une intoxication arsenicale professionnelle.

NT de

Bergeron et Lemattre ont trouvé de l’arsenic dans 1a sueur chez les malades soumis au traitement arsenical ; ils ont constaté qu'il était éliminé à l’état d’arséniate chez ceux qui prenaient de l’arséniate de soude, à l’état d’arsénite chez ceux qui l’avaient ingéré sous cette forme.

Kabuteau pense qu’une partie de Parsenic ingéré a dû s’éliminer par la peau à l’état d'hydrogène arsénié.

O8s. XXXIX (Bergeron et Lemattre). — Hôpital Saint-Louis, 1863. Psoriasis. Traitement par la liqueur de Fowler ; le malade prend 0,01 d'arsénite de potasse au moment de l’expérience.

Fumigation de une heure à 60°. On recueille 30 grammes de sueur.

Cette sueur filtrée, évaporée au tiers, donne des taches arsenicales dans l’appareil de Marsh et un précipité jaunâtre par le nitrate d'argent.

Deux jours après, deuxième expérience; même résultat. Donc la sueur contient de l’arsenic et à l’état d’arsénite.

Chez un second malade soumis également à la liqueur de Fowler, et prenant aussi 0,01 d'arsénite de potasse, l’expérience est répétée avec le même résultat.

O8s. XL (Bergeron et Lemattre), — Hôpital Saint-Louis, 1863. Psoriasis. Traitement par la liqueur de Pearson. Au moment de l’expérience, le malade prend 0,01 arséniate de soude.

Fumigation de une heure ; tempér., 60°. On recueille 60 gr. de sueur.

Cette sueur est filtrée, puis évaporée au 10+, Taches arsenicales dans l'appareil de Marsh. Précipité rouge brun par le nitrate d'argent.

Il y a donc dans la sueur de l’arsenic, et à l’état d'arséniate.

Deux jours après, l'expérience est répétée avec le même résultat.

Chez un autre malade soumis au même traitement, la même

Binet. 8

expérience est répétée à deux reprises, et chaque fois on peut déceler dans la sueur de l’arsenic à l’état d’arséniate.

Os. XLI (Bergeron et Lemattre). — Hôpital Saint-Louis, 1863. Psoriasis. Traitement par l’arséniate de fer. Le malade prend 0,03 d’arséniate de fer au moment de l'expérience.

Fumigation de une heure et demie; temp., 70°,

On recueille 65 gr. de sueur qui, filtrée, évaporée, donne des taches arsenicales dans l'appareil de Marsh, et un précipité rouge brique par le nitrate d'argent.

L’arsenic a donc passé dans la sueur et à l’état d’arsémiate.

Le sulfocyanure et le ferrocyanure de potassium ne décèlent pas la moindre trace de fer dans la sueur. L’urine renferme du fer:

Chez un autre malade soumis également au traitement par l'arséniate de fer, la sueur renfermait de l’arsenic à l’état d’arséniate, mais pas trace de fer, tandis qu’on en trouvait dans l'urine.

Antmoine. — Schlagenhaufen (traduction de Gorup- Besanez) a décelé, à l’aide de l'appareil de Marsh, l’antimoine dans la sueur des malades traités par le tartre stibié.

Griffish à observé un cas de salivation à la suite de frictions par le tartre stibié. Ou ne sait pas si l’antimoine passe dans la salive.

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