RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Nous avons étudié la sueur et la salive dans leur rap— port avec l'élimination des principes formés dans l’économie et de ceux qui y ont été introduits.
Nous avons rappelé la composition normale de la salive et de la sueur, ettiré quelques déductions relatives à l’élimination physiologique. Puis, nous avons abordé l'étude spéciale de diverses substances.
L’urée passe en faible quantité dans la sueur et la salive. Cette voie d'élimination est trop restreinte pour être utilisée avec succès dans le traitement de l’urémie, d’autant plus qu’alors il est souvent difficile de provoquer la salivation et la sudation. L’emploi de la pilocarpine, dans de telles conditions, n’a pas toujours été sans danger.
Les éliminations spontanées, dites givres d’urée, sont, en général, des phénomènes ultimes ou même agoniques, dont le siège et la nature ne sont pas toujours bien précisés. |
L’acide urique, même chez les goutteux, ne parait pas passer dans la sueur, ou, tout au moins, ne s’y montrerait qu'à l’état de traces. Il a été remplacé, dans quelques cas, par l’oxalate de chaux.
Nous n’avons jamais vu les matières colorantes de la bile passer dans les sueurs des ictériques.
Le sucre passe difficilement dans la sueur, et, plus encore, dans la salive des diabétiques. On ne peut y déceler sa présence que chez ceux dont l’élimination quotidienne de sucre par les urines atteint un chiffre très élevé.
Nous w’avons pas vu d’albumine dans la sueur, ni constaté l'augmentation de l’albumine normale de la salive chez des malades atteints d'albuminurie de causes di-
verses : albuminurie brightique, albuminurie par dégénérescence rénale, albuminurie consécutive à la néphrite aiguë, albuminurie de la fièvre typhoïde, albuminurie des cardiaques. La quantité d’albumine trouvée dans la salive a généralement varié de 0,08 à 12 0/00. -
Après ingestion d’acide benzoïque, nous avons observé une élimination d’acide hippurique par la salive. Ce fait s’ajoute à d’autres pour combattre la théorie rénale de la formation de l'acide hippurique.
Nous avons décelé ou rappelé le passage dans la salive et la sueur de plusieurs substances introduites du dehors, et, plus particulièrement, le brome, liode, l'acide salicy- Fque, l’arsenic, le mercure. Le fer passe difficilement dans la salive, et ne parait pas passer dans la sueur.
Nous avons émis quelques doutes sur la provenance du plomb, dont on peut constater des traces dans la sueur et la salive des saturnins.
Le passage de ces divers corps paraît, en général, plus facile dans la salive que dans là sueur ; mâis les quantités éliminées sont toujours si faibles, qu’il ne faudrait pas
‘compter sur ce mode d'élimination en cas d’intoxication.
Enfin, nous avons dit quelques mots des sueurs et des salivâtions dites critiques, et du rapport entre là quantité des urines et celle des boissons. Nous avons montré, par une comparaison avec les diurèses critiques, comme quoi les sueurs dans les maladies aiguës ne nous päraissent avoir aucun caractère éliminateur.
Nous avons examiné si les sueurs des phthisiques éliminaient un excès de phosphates ou d’urée. Le résultat à été négatif.
Nous avons, en terminant, comparé entre elles les diverses voies d'élimination de l’économie, et, après quelques
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—"90 —” mots sur la médication sudorifique, nous avons montré combien était restreint le rôle éliminateur de la sueur et de là salive, et combien peu lä thérapeutique avait à compter sur ces voies pour suppléer les autres. Nous avons rapporté soixante-deux observations, dont quärante nous sont personnelles.