‹ Étude sur la sueur et la saliveChapitre 7 sur 27 · UE · texte numérisé non relu

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Straus considère comme exagérée. Sous l'influence de l’étuve, cette quantité pourrait s’élever à 19 litres.

Recherchant les quantités de sueur sécrétées dans diverses conditions, Funke trouve 6 à 7 grammes par heure, avec des mouvements modérés, dans un appartement, et 33 à 36 grammes après des mouvements violents exécutés au soleil,

La quantité de sueur provoquée par le jaborandi est très variable, suivant les doses et les individus, en moyenne 300 à 500 centimètres cubes, d’après A, Robin et Vulpian.

La quantité des matériaux solides est également très diversement appréciée par les auteurs.

Funke donne les chiffres suivants, pour 1 litre de sueur :

Epithélium entraîné. . . 2 gr. 49 > Sels Minéraux. 1. 004 56 Substances organiques... 4 — 75

C'est-à-dire environ 10 0/00 d’extrait sec.

D'après Favre, auquel on doit une analyse très com plète de la sueur, le chiffre des matériaux solides serait moitié moindre, environ 4,5 0/00.

Pour Schottin, l'épithélium entraîné serait de 4 gr. 20, et l’extrait sec de 18,40, ainsi répartis :

Substances organiques.. 11 gr. 30 Dels-nfinéraux. ee 7 "T0

Ces divergences nous paraissent s’expliquer par l’abondance relative de la diaphorèse chez les divers sujets dont la sueur à été analysée; la sudation ayant pour effet d'augmenter l’excrétion de l’eau sans entraîner, d’une

Binet. 2

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façon corrélative, l'élimination des matériaux solides. Ainsi, Favre, qui donne les chiffres les plus faibles, pro voquait une sueur très abondante au moyen de l’étuve, et ses analyses ont été faites sur une quantité très grande de liquide.

Ce rapport de la quantité de la sécrétion à celle des matières solides éliminées est d’un grand intérêt pour la question qui nous occupe, puisqu'on peut en inférer, d’abord, que l’augmentation de la sudation n’entraîne point nécessairement celle de l'élimination.

D’après Funke, la proportion des matières organiques varie en raison inverse de la quantité de sueur sécrétée ; celle des matières minérales varie en raison directe, mais non proportionnelle.

Quand on fractionne la sueur recueillie pendant la transpiration, Favre déclare que le rapport de la quantité d’eau à celle des matériaux solides ne varie pas sen siblement dans les diverses périodes, si les quantités de sueur sont égales. Dans les premières parties, les sels à acide organique prédominent. D'autre part, en évaluant à tant pour cent les chiffres de Favre, on voit que plus la sudation à été abondante, moins la sueur est riche en matériaux solides :

Quantités de sueur provoquée dans

une transpiration. Matières solides.

1r° expérience. 1.530 cc. 8.834, soit 5.78 0/00 A — 2.150 — 10855 — 5.05 — 3° = 2.265 — 11.14 — 492 — 4° — 2.245 — 10.876 — 4.84 — 5° — 2.570 — 12.112 — 471 —

Il ressort de ce tableau que la quantité de matériaux solides éliminés augmente d’une façon absolue avec la

quantité de sueur excrétée, mais diminue d’une fàcon relative, puisque la sueur est à volume égal d’autant moins riche en extrait sec, qu’elle est plus abondante.

Les chiffres donnés par Funke prêtent à des considérations du même genre. Ainsi, avec une quantité de sueur de 6 centimètres cubes par heure, le résidu est de 0,082, soit 1,36 0/0 ; quand la quantité s’élève à 36 cenlimètres cubes, le résidu est 0,235, soit 0,82 0/0. :

Les sels minéraux sont le chlorure de sodium associé à de faibles quantités de sulfates alcalins. Les phosphates ne s’y trouveraient qu'à l’état de traces. L’alcali dominant est la soude (Favre). Cependant, Cloëz donne, pour les cendres du résidu sudoral, Le rapport de la soude à la potasse, comme 535 est à 1000, à l’étal de chlorures, sulfates et carbonates.

Parmi les matières organiques, les mieux déterminées, sont l’urée et des sels alcalins, lactates et sudorates.

La quantité durée serait, pour 1 litre de sueur, de 0,044 d'après Favre, et de 1,55 d’après Funke.

Celle des lactates, 0,817; les sudorates, 1,562, selon Favre.

L’acide sudorique spécial à la sueur a été étudié et isolé par Favre, qui Le rapproche de l’acide urique. Sa nature est, du reste, mal définie, et son existence même ne paraît pas parfaitement établie (1).

On a beaucoup discuté sur la réaction de la sueur et la présence d’acides libres, acides lactique, acétique, formique, valérique, etc. IL faut tenir compte de la décomposition des substances grasses éliminées par les glandes sébacées, dont le produit de sécrétion est toujours plus ou moins mêlé à la sueur ; il en résulte une cause d’er-

(1) L’acide sudorique de Favre a été obtenu par précipitation par le nitrate d’argent de la solution du résidu sudoral dans l'alcool absolu.

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reur qu’il n’est pas toujours facile d'éviter. C’est à l’existence de ces acides et à celle de leurs éthers que la sueur doit son odeur spéciale, variable suivant les régions.

La réaction de la sueur est variable et change dans le cours de la sudation; elle est d’abord acide, puis neutre, et enfin alcaline (Favre). Avec la pilocarpine, on observe la même succession (A. Robin), mais une réaction faiblement alcaline paraît dominer.

Trümpy et Luchsinger pensent que la sécrétion pure des glandes sudoripares est alcaline. Tourton, reprenant leurs expériences, maintient au contraire l’opinion classique de lacidité primitive de la sueur. Il conclut de ses recherches que cette acidité augmente avec l’exagération des combustions organiques, le travail musculaire, l'alimentation azotée et l’autophagie, la fièvre; l’abondance de Îa sécrétion et l’alimentation végétale la diminuent. Pour Morrigia, la sueur reste acide malgré l’alimentation végétale; Fubini et Ronchi ont confirmé la chose chez un hommesoumis, pendant cinq jours, à la diète végétale. Le fait avait été déjà constaté par CI. Bernard.

La sueur présente enfin d’iutéressantes modifications, suivant la région où elle est recueillie.

D’après Furke, un résidu de 13.7 0/00 laisserait 4 gr. de cendres avec la sueur des pieds, seulement 2,4 avec celle des bras.

D’après Schottin, la proportion des sels de soude à ceux de potasse serait plus élevée pour la sueur des bras que pour celle des pieds. Par rapport à 100 de sodium, on trouve, dans la sueur des pieds, 57 de potassium, et dans celle des bras 39.

La sueur des pieds est donc plus riche que celle des bras en sels fixes, et la potasse y prédomine.

La réaction et l’odeur diffèrent aussi selon la région

examinée. La sueur des aines et des aisselles présente une couleur rougeâtre chez certaines personnes, et se montre souvent alcaline.

Salive. — Nous ne nous occupons que de la salive mixte, telle qu'elle s’écoule de la bouche.

La salive est un liquide transparent, légèrement opalin, spumeux, un peu filant. Elle entraine avec elle des cellules épithéliales et des corpuscules qui forment, par le repos, un sédiment blanchâtre et dont on peut la débarrasser par filtration. La densité varie de 1,004 à 1,009 ; la réaction normalement alcaline est due à des phosphates basiques. La fermentation de parcelles alimentaires peut y faire apparaître des acides libres, particulièrement l'acide lactique.

La quantité de salive sécrétée par l’homme, en vingtquatre heures, est difficile à évaluer ; elle paraît être de 300 à 1,900 gr.

Elle est continue, mais augmente beaucoup au moment des repas ou sous l’influence d’excitations directes ou réflexes. D’après Tucck, la quantité sécrétée au moment des repas serait de 250 à 750 gr.; dans l’intervalle, la sécrétion serait presque uniquement due aux glandes muqueuses. Gorup Besanez évalue que 100 gr. de glandes salivaires fournissent, en une heure, pendant une période d’excitation, environ 1,300 grammes de saliveavec 6 à 7 grammes de matériaux solides.

La salive étant déglutie au fur et à mesure de sa sécrétion, son rôle, comme émonctoire, est nul dans les conditions habituelles ; tout ce qu’elle tendrait à éliminer est soumis à une nouvelle absorption, mais, des procédés thérapeutiques ou expérimentaux, certains états pathologiques, peuvent exagérer assez la salivation pour déter-

— 4 — | miner une expuition abondante et, dans ces conditions, elle peut devenir une voie d'élimination. La muscarine et la pilocarpine agissent dans ce sens. La quantité de salive qu’on peut recueillir, à la suite d’une injection de mitrate de pilocarpine de 0,02, varie, chez l’homme, de 150 à 900 cc. en moyenne.

La composition de la salive mixte est très variable ; la prédominance de l’une ou l’autre des salives composantes influe notablement sur le produit total.

La quantité des matériaux solides est de 5 à 8 0/00, dont 2 gr. environ de sels constitués par des chlorures alcalins et des phosphates alcalins et terreux. Treviranus a signalé le premier la présence du sulfocyanure de potassium, qui n’existe dans aucune autre sécrétion, et dont Lehmann évalue la proportion à 0,07 0/00. Mais, sa quantité est très variable et son existence n’est pas con stante. Dans une salivation abondante, telle que celle qui est provoquée par la pilocarpine, il est très dilué et difficile à déceler.

Les bases sont la soude, la potasse, la magnésie, la chaux et un peu de fer. D’après Salkowsky, la salive serait une voie d'élimination élective pour les sels de potasse. Dans la salive d’une personne atteinte de stomatite, il a trouvé, sur 515 cc. de liquide, 0,697 de potassium, et seulement 0,116 de sodium, Kemmerich a observé des salivations très abondantes dans les mtoxications par les sels potassiques. Le chlorate de potasse est journellement employé comme modificateur pharyngo-buccal, grâce à une élimination qui perpétue sa présence dans la salive.

Les éléments organiques sont constitués par du mueus, des débris épithéliaux, des substances albuminoïdes et extractives. On a attribué une grande importance à la

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présence d’un ferment diastasique, la ptyaline ou amylase, dont la présence n’est pas consiante et qui, d’après Duclaux, n'appartiendrait pas en propre à la salive, mais serait sécrétée par des microbes parasites de la cavité buccale. Hüffner et Muuk ont trouvé, dans la salive du pore des ferments solubles peptogènes qui reconnaissent sans doute la même origine.

Parmi les substances extractives, signalons l’urée, dont nous parlons au chapitre suivant, et ces ptomaïnes à propos desquelles A. Gautier a fait récemment une intéressante communication, et qui établissent une analogie si curieuse entre le produit des glandes salivaires et la sécrétion des glandes à venin des serpents,

De même que pour la sueur, la quantité des matériaux soldes éliminés augmente au début d’une période de salivation, mais diminue par une salivation prolongée. Cette diminution peut être de moitié pour les substances organiques ; elle est moins marquée pour les sels minéraux (CL. Bernard).

La proportion des matériaux solides varie selon la nature de l’excitation ; ils augmentent dans la salive provoquée par l'excitation du grand sympathique et diminuent dans celle qui suit l’excitation de la corde du tympan (CI. Bernard).

Enfin, d’après Becher, Ludwig, la composition de la salive ne change pas après l'injection de grandes quantités d’eau dans les veines, et elle est indépendante de la vitesse de sécrétion. La proportion de clorure de sodium augmente un peu quand augmente celle du sang.

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