CHAPITRE IL
DE L'ÉLIMINATION PAR LA SUEUR ET LA SALIVE DES PRINCIPES FORMÉS DANS L'ÉCONOMIE.
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L’urée a été signalée dans la salive par Pettenkofer, en 1848, et il évalue sa quantité à 0,45 0/00. Le fait a été confirmé par Picard. Rabuteau a pu retirer 0,25 d’urée pure cristallisée de 250 gr. de salive normale, soit 1 0/00, et pense qu’elle se trouve dans la salive en quantité environ vingt fois moins considérable que dans Purine. Il a reconnu que l’urée absorbée dans un but expérimental augmente la proportion d’urée dans la salive qui est excrétée en plus grande abondance.
Ogs. I. (Rabuteau. Soc. biol., 16 déc. 1871, et Gazette méd., Paris, 1873.) — A 8 h. matin, l’auteur ingère 5 gr. d’urée. De 8 à 9h. Quantité de salive recueillie, 35 gr. ; contenant urée, 0.0235, soit 0.67 0/00.
De 9 à 10 h. Salive recueillie, 35 gr.; urée, 0.823, soit 0.92 0/00.
De 10 à 11 h. Salive recueillie, 20 gr.; urée, 0,0236, soit 1.176 0/00.
Concurremment, l’urée avait augmenté dans l'urine sans produire d'effet diurétique. |
On remarquera que les quantités éliminées par la salive sont très faibles, et ne dépassent pas notablement le chiffre que Rabuteau lui-même considère comme normal.
Dans la salive provoquée par la pilocarpine, A. Robin
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trouve, pour huit dosages, une moyenne de 0,747 0/00; le chiffre minimum était 0,590 ; le maximum 0,835.
D’après Debove, la salive provoquée par la pilocarpine renferme environ 0,156 0/00.
Bougarel, cité par Vulpian, n’a trouvé que 0,094 0/00 d'urée.
Ph. Lussana a recherché l’urée dans la salive de chiens, auxquels il avait pratiqué des injections de pilocarpine, et à trouvé une quantité d’urée variant de 1 à 3 gr. 0/00. Cette proportion était beaucoup plus forte que celle de la salive normale de ces animaux ; il en infère que l’activité sécrétoire imprimée aux glandes salivaires par le jaborandi augmente leur pouvoir éliminateur. Mais il en tire, relativement à l’homme, des conclusions erronées en admettant qu’on pourrait éliminer, par cette vole, jusqu’à 27 gr. d’urée en 24 heures.
La sueur élimine aussi, à l’état normal, un peu d’urée dans la proportion de 0,048 0/00 d’après Favre, et de 1,55 0/00 d’après Funke.
A. Robin admet que la proportion d’urée est plus considérable dans la sueur provoquée par la pilocarpine ; il aurait trouvé en moyenne 2 gr. 69 0/00, à savoir :
Urée.
Dans un cas de néphrite chranique.. . . .. 2er 000 — — rhumatisme articulaire aigu . . . . 260 — — — convalesc. de rhumat. musculaire. 2.90 — — — — d’alcoolisme aigu. . . . 2.90 —
Il évalue la quantité de sueur rendue sous l'influence de l’injection à 300-500 gr., ce qui porterait l'élimination d’urée à environ 1 gramme.
D’après Ball et Hardy, la moyenne d’urée contenue dans la sueur provoquée par la pilocarpine serait de 1 gr. 14 0/00.
Binet, 3
On sait peu de chose sur les variations de l’urée dans la sueur et la salive,
D'après Mensner, l’alimentation végétale diminueraït la quantité d’urée dans la sueur,
Reiïinner aurait constaté une diminution de l’urée dans la sueur d’un malade atteint de fièvre typhoïde et dans celle d’un rhumatisme articulaire aigu.
Plusieurs auteurs signalent une augmentation dans la sueur et la salive des albuminuriques.
Voici les résultats de quelques dosages que nous avons pratiqués ; les détails se trouvent aux observations indiquées :
Technique. — Pour la sueur, le dosage a été fait après filtration, par l’hypobromite de soude, récemment préparé selon la formule de M. Quinquand et dans l'appareil à mercure d’Yvon, corrections avec le barascope d'Esbach.
Pour la salive, concentration au bain-marie; précipitation par cinq volumes d'alcool à 90°; £ltration après vingt-quatre heures de repos; distillation de l'alcool au bain-marie, puis évaporisation terminée dans le vide sec; reprise par l’eau distillée; filtration et dosage par l'hypobromite,
Albuminurie consécutive à une néphrite aignë à frigore :
Salive : urée, 0/00, 0,95 {obs. XXI.
Albuminurie brightique ; prédominance de signes de néphrite parenchymateuse :
Salive : urée, 0/00, 0,318 (obs. XVIIT).
Maladie de Bright. Plus d’albumine dans les urines depuis six mois.
Salive : urée, 0/00, 0,22 (obs. XX).
Sueur : urée, 0/00, 0,77.
MO Chez un tuberculeux :
Sueur : urée, 0/00, 1gr 356 (obs. LXI).
Nous avons examiné également l’eau de lavage d’un gilet de flanelle porté par un tuberculeux affecté de sueurs
nocturnes, et nous n’y avons trouvé que quelques centigrammes d’urée (nbs. LXI et LXIT.
On sait en somme fort peu de chose sur les variations de l’urée de la sueur dans les maladies. Or, commie les quantités trouvées, quoique toujours faibles, paraissent varier dans des limites assez étendues, qu’il est presque impossible de recueillir chez un malade la sueur émise spontanément dans un temps donné et suffisamment prolongé comme on peut le faire pour lPurine, des recherches de ce genre ne paraissent pas pouvoir être établies actuellement sur des bases précises. Tout ce qu’on peut dire, c’est que la quantité durée éliminée spontanément par la sueur paraît être en général fort peu élevée.
Dans quelques cas cependant d’anurie et d’urémie; on a vu se déposer à la surface de la peau une efflorescence cristalline, blanchâtre, constituée en majeure partie par de l’urée.
Dans l’anurie cholérique, Drashe (de Vienne) a observé ce givre d’urée sur onze femmes et un homme.
Nous donnons ici le résumé de plusieurs faits observés par Hirschprung dans divers cas d’anurie et d’urémie :
Os. II (résumée). — Homme de 56 ans. Cancer villeux de la vessie. Hydronéphrose double ; urémie.
Le jour de la mort, efflorescence blanchâtre sur le nez, les tempes, les paupières, les sourcils, le cou. Pas de transpiration apprécieble.
L'analyse démontra que cette poussière amorphe était en majeure partie constituée par de l'urée.
NBs. III (résumée). — Homme, 70 ans. Cystite diphtéroïde ;
congestion rénale. Rétention d'urine. Urémie. La veille de la mort, efflorescence blanche cristalline à la
peau des tempes et aux commissures des paupières. Reflet huileux de la face; pas de transpiration.
OBs. IV (résumée). — Homme, 65 ans. Hypertrophie de l4 prostate ; déviation de l’urèthre : cystite ; rétention d’urine ; urémie.
Le jour de la mort, dépôt efflorescent sur la face; sueur froide, sans dépôt sur le reste du corps.
O8s. V (résumée). — Homme de 62 ans. Néphrite chronique;
urémie, Le jour de la mort, à la face, surtout au front, aux tempes,
aux paupières et sur la poitrine, dépôt blanc pulvérulent. L'analyse chimique, faite par Salomonsen, démontra que ce dépôt était formé par de l’urée.
OBs. VI (résumée). —Homme, 55 ans. Pyélonéphrite; infection purulente. Rétention d'urine ; urémie.
La veille de la mort, apparition de petits corpuscules cristallins, banchâtres, limitée à la face, notamment aux paupières supérieures et au nez. Cette efflorescence est recueillie ; la solution traitée par le nitrate de mercure et l'acide oxalique
donne les réactions caractéristiques de l’urée. Le lendemain, jour de la mort, l’efflorescence cristalline
s’est reproduite à la face. L’urine en très faible quantité (8 onces) contenait 6 gr. 8 d’urée 0/00.
Hirschprung pense que cette efflorescence se fait par les glandes sébacées, car elle ne s'accompagne d’aucune transpiration, mais bien plutôt d’un enduit huileux ; elle apparaît dans les régions les plus riches en glandes sébacées. C’est également l'opinion de Drashe pour les cas qu'il a observés dans l’anurie cholérique.
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Remarquons que cette élimination cutanée a toujours été un phénomène ultime, sans bénéfice aucun pour le malade, précédant la mort de quelques heures et se montrant généralement pendant le coma.
Notre excellent maître, M. Dieulafoy, a vu de légeres efflorescences apparaître sur le front d° quelques albuminuriques aux périodes avancées de la maladie de Bright. Chez un urémique observé par Taylor, la face était sau— poudrée d’un enduit pulvérulent dans lequel on put reconnaître des cristaux d’urée.
C’est en se basant sur la possibilité de provoquer par la diaphorèse et la salivation une élimination supplémentaire d'urée dans l'insuffisance rénale qu’on a tenté les injections de pilocarpine dans l’urémie et l’éclampsie.
Rendu a obtenu des résultats favorables dans sept cas de néphrites aiguës ou chroniques, Mais dans un cas de néphrite interstitielle avec hypertrophie cardiaque, le jaborandi a eu pour conséquence la suppression presque complète des urines et l’apparition de phénomènes d’urémie lente. G
Boegehold, dans trois cas de convulsions éclamptiques dans la convalescence de la scarlatine, aurait eu trois guérisons ; dans trois cas d’urémie consécutive à des néphrites chroniques, une mort et deux améliorations ; une guérison dans un cas d'éclampsie puerpérale.
Goltommer (de Pesth) s’est servi avec succès de la pilocarpine dans trois cas de convulsions éclamptiques, une puerpérale, une scarlatineuse et une urémique.
Semmola, Demme, Lorber ont vu, sous l’influence d’injections de pilocarpine, la cessation d'accidents urémiques graves, notamment dans la scarlatine.
Demme, pour éviter le collapsus, administre du cognac et fait précéder la pilocarpine d’une injection d’éther.
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Brun pratiquant une injection de pilcoarpine chez un tuberculeux atteint de néphrite avec accidents urémiques, obtint la cessation de la crise convulsive, mais une demi heure après, son malade tombait dans Le collapsus, et on ne put le rappeler à la vie qu'avec les excitations les plus énergiques. |
Sliounine, Bidder, rapportent également des faits de cessation de crises convulsives dans l’éclampsie puerpérale sous l'influence de la pilocarpine.
Contani aurait obtenu de bons effets dans la néphrite chronique; cependant, l’œdème et l’albuminurie n’ont pas été modifiés, et un de ses malades n’a pu supporter la médication.
Nous rapportons une observation de Debove et Dreyfous et trois faits personnels dans lesquels l’analyse permet de se rendre un compte plus exact des résultats.
OBs. VII. Debove et Dreyfous (résumée). — Femme de 70 ans. Cancer de l’utérus ; anurie ; urémie. Injection de 0,02 de nitrate de pilocarpine.
La sueur, très peu abondante, n’a pu être recueillie ; aucune efflorescence ne s’est montrée sur la peau.
On recueille 400 gr. de salive contenant 5 gr. 0/00 d’urée, analyse faite par Yvon.
Une analyse comparative faite chez un sujet sain donna 0,156 d'urée.
Cependant, l'urée du sang n’a pas varié. On avait trouvé 2 gr. 64 0/00 avant l'injection et on a eu 2 gr. 66 après.
Le résultat thérapeutique a été nul.
M. Ritter (citépar Würtz, Chim. biol., p. 170) à trouvé 4 gr. 10 d’urée dans 120 c.c. de salive chez un urémique dont l’urine ne renfermait que de 3 à 7 gr. d’urée en 24 heures.