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Étude Sur La Suppression Du Duel

Supprimer une existence humaine; quoi de plus contraire à l’ordre social et qui nous révolte plus. Et pourtant il est des cas où ce devient une nécessité et où l’homme dans sa conscience prétend légitimer cet acte.

C’est d’abord la mort que la société décrète contre Passassin. Sans vouloir philosopher à ce sujet, ce qui nous entrainerait trop loin, nous pouvons dire que là du moins le but est humanitaire; car c’est moins pour punir que pour protéger justement les vies humaines que la société supprime une existence. Choisissant entre deux maux le moindre, elle pense que par la mort

de l’assassin elle sauve nombre d’existences humaines ;

ES) es que par l'exemple et l’intimidation elle arrête peut-être le bras d’un autre criminel.

Ensuite c’est la légitime défense. La société à qui nous laissons le soin de nous défendre, sur le moment même ncus abandonne, nous laisse livrés à nos propres forces et nous y avons alors recours; défense bien légitime, en effet.

Puis c’est la querre, tribunal où la force prime le droit, il est vrai, mais auquel il est quand même fatalement nécessaire de recourir, puisqu'il n’est nul pouvoir au dessus des Etats, nul autre tribunal pour régler leurs conflits.

Et malgré tout, l’attentat à la vie est une chose qui nous répugne; et plus le monde se civilise, plus il devient humain, et plus il cherche à s’affranchir de cette nécessité. Déjà on a supprimé la peine de mort dans

plusieurs pays. D’autre part on cherche à restreindre

la querre en réglant le plus possible les conflits par

l'arbitrage. Et à l'heure présente même n’émet-on

point des vœux en faveur du désarmement, vœux superflus, il est vrai, mais qui montrent bien du moins la tendance des esprits.

Et c’est après ces exemples que la société nous donne que nous voudrions, nous, garder le droit à notre tribunal particulier de décréter la peine de mort; le droit de déclarer la guerre privée, je veux dire le duel. Non, cela n’est point admissible !

Et pourtant c’est là un préjugé si ancré dans notre

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