Ordonnance de 1813, paragraphe
22400 = neur. Dans tous ces cas ils sont alors punis comme complices.
Telle est la loi sur le duel en vigueur dans l’armée allemande. Nous voyons que les cours d’honneur qui y sont inslituées peuvent être amenées à rendre de grands services.
Il me semble du reste que s’il y a de bonnes choses à prendre dans cette institution, il ne faudrait toutefois point la copier servilement. Il y a, en effet, d’abord un cas où la cour d'honneur se montre trop impuissante, c’est le cas où, n’arrivant pas à concilier les adversaires, elle clôt la procédure, se contentant de leur lire la pénalité du duel. Il est certain que dans ce cas la loi peut se montrer embarrassée. Mais tout au moins elle ne devrait pas, à mon avis, autoriser tacitement, pour ainsi dire, le duel, comme elle le fait : que dis-je, autoriser ; elle y incite même. Elle a l'air de dire aux adversaires : il n’y a plus que ce moyenlà de vous arranger. Il est possible qu'il n’y ait plus que ce moyen-là, mais il ne faut point l’avouer : l’avouer c’est y encourager.
Il y a également quelque chose de choquant dans cette fonction donnée aux conseils d’honneur de réglementer le combat. Certes cela a été fait dans l’intention très bonne d'empêcher autant que possible des suites trop fâcheuses du duel. Mais n'est-ce point bien ilogique alors de venir ensuite punir une chose qui
s’est passée ainsi sous le patronage de la loi.
more
Pour se rendre compte des effets utiles que peuvent avoir les cours d'honneur au point de vue de la répression du duel, il faut jeter un coup d’œil en ar rière. Car si on regarde dans le présent on pourrait être étonné du nombre de duels qu'il y a dans l’armée allemande et penser à cause de cela que les cours d’honneur ne servent à rien. Mais hâtons-nous de dire qu’il en serait de même de quelqu’autre institution. Car toute répression est paralysée par la volonté de l’empereur qui favorise ouvertement le duel. Ce souverain, en effet, montre une grande prédilection pour tout ce qui rappelle les temps de la chevalerie, et probablement qu’il ne voit dans le duel qu’un souvenir de ces temps là. Aussi il va même jusqu’à l’encourager et voici par exemple ce qu’il disait à un banquet offert par une corporation d'étudiants : « Les duels, qu’une partie du public ne comprend pas, sont la même chose que les tournois du moyen âge. Que cet esprit de chevalerie soit conservé tant qu'il existera des universités allemandes (1) ».
Il y a trois ans, à la suite d’un duel entre un officier et un civil, duel où le civil trouva la mort, quelques députés du Rheichstag essayèrent de réagir contre cette sorte de protection accordée au duel, mais
ce fut vainement.