CHAPITRE II
Angleterre.
Le duel en Angleterre, comme chez nous, est soumis à la législation du droit commun, et est assimilé au meurtre. Mais à la différence de notre jurisprudence qui ne punit que le duel consommé, les cours de justice anglaises ont tiré des principes généraux du droit pénal un certain nombre de règles d’après lesquelles tout acte ayant pour effet de concourir à un duel constitue une infraction.
Ainsi, envoyer un défi, alors même qu'il ne serait pas accepté, est un trouble à la paix publique. La pénalité est l’amende ou la prison, à la discrétion de la cour, avec faculté d'imposer au prévenu une garantie de sa bonne conduite pendant trois ans.
Toute personne qui transmet le défi est punissable des mêmes peines.
Toute personne qui, à l’aide de paroles ou de lettres, en provoque une autre en duel, est exposée aussi à la même répression.
Le simple fait de s’assembler pour participer à un
duel comme combattants ou comme témoins, peut être
0e relevé à l’encontre de ceux qui y prennent part, comme délit de conspiracy, réprimé par l'amende et la prison.
Si le duel a eu lieu, en cas de blessure légère, l'auteur de la blessure est exposé à cinq ans de réclusion. En cas de blessure grave ou s’il s’agit d’an duel à mort, on est passible de la prison à perpétuité.
En cas de mort de l’un des combattants, le survivant est exposé à être pendu.
Les témoins encourent les mêmes peines que les combattants.
On voit que cette répression diffère peu de la nôtre. Ce n’est donc point là qu’il faut chercher la cause de la disparition, sinon complète du moins presque totale du duel eu Angleterre. Cette disparitition, il faut l’attribuer surtout aux mœurs. Or au point de vue des mœurs la grande différence qui nous sépare des Anglo- Saxons,c’est que nous sommes une société à formalion communautaire tandis qu'eux forment une socrété à formation particulariste. Voici le sens de ces deux expressions que je trouve dans un livre de M. Demolins (1) : « Les sociétés à formation commu nautaire sont caractérisées par la tendance à s’appuyer non sur soi-même, mais sur la communauté, sur Je groupe : famille, tribu, clan, pouvoirs publics, etc.
Les socrétés à formation particulariste sont caracté-