‹ Étude sur la Syphilis du LapinChapitre 14 sur 31 · PASSAGE EN SÉRIES ET AUX AUTRES ANIMAUX · texte numérisé non relu

PASSAGE EN SÉRIES ET AUX AUTRES ANIMAUX

À part quelques insuccès survenus lors des premiers transports, Bertarelli a obtenu dans ses expériences 100 0/0 de résultats positifs.

La première constatation qu'il ait faite est la suivante: dans les transports successifs de cornée à cornée, le virus syphilitique du lapin ne montre aucune tendance à s’atlénuer (pour le lapin) et il y a même une indubitable exaltation du virus lui-même.

L’exaltation se traduit par les faits suivants :

1° Tous les lapins inoculés avec du virus de quatrième passage et au delà (cinquième, sixième, septième) ont réagi de façon positive, et présenté des lésions syphilitiques très évidentes :

2° Alors que dans l’épreuve avec le virus humain

. on arrive difficilement à obtenir la contemporanéité ou la presque contemporanéité de l'infection des deux cornées du même lapin, dans les épreuves exécutées avec le virus en série après le troisième passage, cette infection réussit toujours ; même en répétant l’inoculation sur une cornée dix Jours après l'infection de la première, on est certain d’avoir une

infection cornéenne bilatérale ;

AE 3° Les lésions que l’on obtient par ce procédé sont presque toujours très graves, ou notablement plus étendues et évidentes que dans l'infection obtenue avec le virus humain. On obtient en effet des kératites très diffuses avec opacité complète et persistante de la cornée, avec un épaississement très considérable de cette dernière, et des néoformations vasculaires étendues. Quelquefois même, après un début de régression de la kératite parenchymateuse, il y a une néoformation de tissu conjonctif ; et cette néoproduction irrégulière, mammelonnée, s'étend du limbus cornéen sur de vastes étendues de la cornée. Il s’y ajoute de très graves déformations de convexité cornéenne, de façon à présenter des tableaux divers, mais toujours avec des lésions très graves.

Les lésions s'étendent très fréquemment à l'iris et au procès ciliaire, contrairement à ce qui se passe dans l'infection avec le virus humain, pour laquelle les lésions iriennes doivent être rares. |

Il peut y avoir apparition de nodules plus ou moins considérables à l'iris formant quelquefois une véritable agglomération nodulaire, une dilatation vasculaire du corps ciliaire, et la présence de synéchies iriennes.

4° La présence constante de la spirochète dans ces lésions et son abondance.

On les observe constamment par centaines dans le même champ microscopique.

5° La probabilité de manifestationsultérieures chez le lapin infecté par le virus de passage ou sérial.

DS

Bertarelli dit probabilité pourles raisons suivantes : Dans deux cas il a observé qu’un lapin, inoculé avec du virus de sixième passage, et un autre, inoculé avec du virus de septième passage, ont présenté, deux mois et demi après l’inoculation, et alors que les lésions oculaires étaient bien manifestes depuis einq à six semaines, une paralysie du train de derrière.

La paralysie apparut de la même façon chez les deux animaux ; d’abord ils montrèrent quelques difficultés dans les mouvements des membres postérieurs, puis il y eut une véritable et complète paralysie. Les animaux résistèrent plusieurs jours, après quoi ils moururent par suite d’ulcérations survenues sur les membres, lesquels traînaient à terre.

Etant donnée la quantité des fragments à examiner, aucun Jugement touchant la nature réelle de la lésion ne put avoir la contre-épreuve d’une trouvaille étiologique démonstrative. Mais la concomitance, la nature même de la lésion fonctionnells et les rapports de temps avec la lésion oculaire sont trop évidents pour ne pas attirer au moins l'attention ; et Bertarelli pense qu’il s’agit d’une lésion secondaire probable, mais pas encore étiologiquement démontrée.

Pour nous, nous ferons remarquer que de semblables paraplégies sont fréquentes spontanément chez le lapin où elles éclatent par épidémies de clapiers. Il est donc possible qu’il s’agisse de manifestions absolument indépendantes de la syphilis.

— 6 — de

Transmission au chat

Levaditi et Yamanouchi(:1) ont pu transmettre la syphilis au chat en introduisantd ans la chambre antérieure de trois jeunes chats à la mamelle un petit fragment de kératite de lapin spécifique et riche en iréponèmes. Après une période d’incubation de quarante jours les signes de kératite firent leur apparition et un de cesanimaux ayant été sacrifié six jours plus tard, l'examen microscopique permit de constater la présence de nombreux trépomènes dans les nodules disséminés de préférence au voisinage de

la membrane de Descemet.

Transmission au singe.

Erich Hoffmann (2) et Walter Brüning ont obtenu des inoculations positives au lapin et plusieurs fois le passage au singe. Dans plusieurs cas, le résultat fut nul ou médiocre mais dans un cas, en utilisant comme matériel la cornée d’un lapin atteint d’unelésion syphilitique typique résultat d’une inoculation faite six semaines auparavant, Hoffmann et Brüning obtinrent au bout de trois semaines chez un

1. Levaditi et Yamanouchi. Transmission de la syphilis au chat. Académie des Sciences. Séance du 25 mai 1908.

2. Erich Hoffmann et Walter Brüning. Geungine Uebertragung der syphilis auf Hunde Deutsche med. Wochenschrift, avril 1907.

cercocebus fuliginosus un infiltrat tout à fait caractéristique dans lequel ils découvrirent la spirochæte pallida, sur des frottis colorés au Giemsa.

Transmission au cobaye

Bertarelli (1) a pu aussi inoculer avec du virus de lapin la cornée du cobaye et obtenu des kératites véritables quoique peu marquées. Il faut noter qu'il a toujours été impossible de donner des kératites au cobaye en partant du virus humain.

1. Bertarelli. Virus syphilitique cornéen du lapin et réceptivité des singes inférieurs et des cobayes pour ce virus. Rio. d’igiene et sanita publica, 1% mai 1907.

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