‹ Étude sur la Syphilis du LapinChapitre 13 sur 31 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Le résultat de l'examen microscopique des fragments d'œil traités par le nitrate d’argent peut, d'après Bertarelli, être résumé ainsi :

Dans toute la zone de cornée lésée, et même en dehors d'elle, on observe une myriade de spirochètes, présentant tous les caractères de spirochæte pallida. En certains points de la lésion la structure cornéenne a presque disparu , il y a une vive infiltration lymphocytaire. L’infiltration s'étend dans la cornée bien au delà de la lésion macroscopique.

Lcsspirochètes sont extraordinairement abondantes et d’une netteté vraiment digne d’être notée. Elles suivent la direction des lamelles conjonctives ; Elles sont le plus souvent isolées, parfois réunies en groupes.

Elles s'étendent elles aussi au delà de la limite de la lésion ; là où cesse toute infiltration cornéenne on note encore la présence de spirochètes. Même dans les points où la lésion est le plus grave et où l’infiltration est le plus accentuée, les spirochètes sont rares. Là où la lésion est le moins saillante, et au voi-

sinage des points où la cornée tend à redevenir normale, l'accumulation des spirochètes est parfois énorme. Il n’est pas rared’en observer plus de 100 sur un seul champ microscopique.

Les spirochètes font défaut dans l'iris, dans la sclérotique et dans le cristallin. Au point ulcéré on observe en outre quelques rares types bactériens qui manquent complètement, d’ailleurs, si peu qu’on s'éloigne de la zone centrale du point lésé.

Une question intéressante, que nous devons nous poser, concerne la nature histologique de la lésion. Toute considération étiologique mise à part, peut-on affirmer que la lésion observée chez le lapin est un véritable syphilome initial? Et la lésion présentet-elle en quoi que ce soit les caractères véritables et propres d’une lésion syphilitique ?

Sur des préparations colorées par les méthodes habituelles, de Pappernheim, par le bleu polychrome, de Giemsa, de Van Gieson, la lésion se présente avec les caractères suivants. Déjà avec un faible grossissement il est facile de constater qu’elle siège vers le limbus cornéen. L'iris est intéressé par le processus et présente au niveau du tractus limbique des synéchies de la cornée.

Au point lésé on observe avant tout une zone soulevée et saillante sur les bords de la cornée normale. L'épithélium cornéen manque et la structure de la cornée est complètement modifiée. Il n’est pas diffi- cile d'observer de petits vaisseaux occupant à peu près le centre de la lésion et situés au voisinage du

ares point où commencent les cellules pigmentaires de la sclérotique.

L’endothélium des vaisseaux est gonflé ; à l’entour des vaisseaux existe une accumulation énorme d'éléments mononucléés. On n’observe pas de plasmazellen. Les mononucléaires forment un foyer nodulaire vraiment considérable autour des vaisseaux ; ils se prolongent dans la cornée, réduits de nombre et de densité, et l’infiltrent sur une assez grande distance. Evidemment, à distance du limbus, les vaisseaux étant absents, il n’y a pas la disposition périvasculaire de l’infiltration.

L'iris, lui aussi, au voisinage des points synéchiaux, est infiltré de lymphocytes sur une brève distance.

Comme on le voit donc, la lésion est une mononucléose intense à caractères lymphocytaires, avec tendance manifeste à l'accumulation périvasculaire.

Sans soutenir qu’au point de vue histologique il s'agisse ici d’un véritable syphilome initial, il est cependant indubitable que la lésion possède des caractères qui l’en rapprochent.

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