‹ Étude sur la Syphilis du LapinChapitre 16 sur 31 · DO · texte numérisé non relu

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récemment dans une de ses cliniques, à l’hospice des Quinze-Vingts, sur la grande valeur diagnostique de cette lésion qui permet de dépister la Syphilis chez un individu alors qu'aucun autre symptôme ne la décèle.

Ne voyons-nous pas aussi que la kératite du lapin prend la physionomie de certains accidents cutanés de l'homme, du chancre érosif en particulier, puisque nous avons montré le développement centrifuge, la forme arrondie et absolument régulière, la dépression cupuliforme comme érosive de certaines

kératites obtenues par inoculation ponctuée.

2° Arguments basés sur l’évolution

L'évolution de la kératite ainsi obtenue est très caractéristique et superposable à celle des lésions humaines. L’incubation est longue comme celle du chancre : elle est en moyenne de trente à trente-cinq jours ; nous avons obtenu des cas après dix jours, mais c’est là l'exception et elle nécessite un matériel ultra-virulent.

C’est là, comme on voit, le temps d’incubation du chancre humain.

3° Arguments bactériologiques

On trouve des tréponèmes en abondance dans la cornée inoculée. On pourrait objecter que ce sont ceux qui ont été apportés par l'inoculation qui sont restés là et s’y sont conservés sans se multiplier.

L’abondance même des parasites observés sur des coupes imprégnées au nitrate d’argent indique surabondamment qu'il ne s’agit pas seulement des micro-organismes apportés par l’inoculation.

On en rencontre des myriades et non seulement dans la région inoculée mais en dehors d'elle. Il n’est pas rare d’en rencontrer plus de 100 sur un seul champ microscopique.

On pourrait, là comme ailleurs et avec Schulze (1), objecter qu’il ne s’agit pas de véritables tréponèmes, mais de précipités argentiques, que dans les kératites provoquées par l’inoculation de poussières dans la cornée du lapin, on peut montrer par la méthode de l'imprégnation d'argent des figures en spirale qui par leur aspect, leur disposition et leur forme ne sauraient être différenciées du tréponème pâle et qui sont soit des précipités argentiques, soit des fibres nerveuses. Mühlens (2), Hoffmann (3) ont répondu à cette objection en montrant la présence du tréponème vivant dans les frottis de cornée examinés à l’ultramicroscope. Nous-mêmes avons fait cette

1, Schulze (Berlin). Silberspirochæte Berlin klin. Woch., ne 37, septembre 1906.

>. Mühlens. Beitrag zur experimentellen Kaninchenhornhaut Syphilish. Deutsche med. Woch., n° 30, 25 juillet 19097.

3. Hoffmann E. Demonstration eines Kaninchens mit Keratilis syphilitica (12 passages) und eines seidenæffchens (Hapale) mit inilialaffekten an den Augenbraue und dem Genitale (3 passages). Communication à la Société de médecine interne de Berlin, séance du 25 juin 1907.

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recherche sur nos lapins en expérience et il est très facile par ce procédé de mettre en évidence la présence d’abondants tréponèmes animés de leur mouvement en vrille si caractéristique. .

Résultats négatifs avec la lèpre et le chancre mou. — Les scarifications cornéennes inoculées avec du pus de chancre mou ou des fragments de léprome fourmillant de bacilles de Hansen donnent des résultats absolument négatifs. C’est là une preuve indirecte de la spécificité du tréponème. Il serait intéressant de tenter cette épreuve avec des produits tuberculeux car on sait que la tuberculose produit aussi des kératites interstitielles.

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