‹ Étude sur la Syphilis du LapinChapitre 17 sur 31 · ESSAIS D'IMMUNISATION DU LAPIN CONTRE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

ESSAIS D'IMMUNISATION DU LAPIN CONTRE LA SYPHILIS

Ce chapitre est dû entièrement aux recherches de Bertarelli. Il comporte les deux ordres de recherches suivantes :

a) /Zmmunisation locale ;

b) /mmunisation générale.

Bertarelli, dans ses études sur l’immunisation du lapin vis-à-vis de la syphilis cornéenne, a recherché tout d’abord si la syphilis de la cornée de cet animal, lorsqu'elle guérit, confère une immunité locale contre l’agent virulent.

Dans les inoculations faites avec du virus humain, Bertarelli remarqua qu'il lui était impossible d’infecter la deuxième cornée, lorsque la lésion typique de la première avait disparu, mais les résultats obtenus dans les inoculations faites au moyen de virus renforcé par le passage au lapin furent beaucoup moins concluants.

Il infecta avec succès la cornée gauche d’un lapin dont l’œil droit présentait des lésions typiques de kératite syphilitique et les inoculations qu'il tenta

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sur l’œil sain des lapins guéris de leurs lésions syphilitiques à l’autre œil furent contradictoires puisque sur trois sujets d'expérience, deux montrèrent., une véritable immunité, tandis que le troisième eut une kératite syphilitique caractéristique.

Toutefois, sur un lapin inoculé avec succès avec du virus de troisième passage et réinoculé à lœil sain avec du virus humain, Bertareili ne put obtenir de lésions typiques, alors qu'un lapin témoin présenta de la kératite syphilitique.

Il paraît difficile de tirer une conclusion de ces expériences et, avec Bertarelli, il faut simplement émettre un doute sur l’immunité locale conférée au lapin par le virus syphilitique du lapin vis-à-vis du virus humain lorsque les lésions ont complètement rétrocédé.

Dans ses recherches sur la présence d’anticorps dans le sérum du lapin atteint de kératite syphilitique, Bertarelli n’obtint que des résultats négatifs, ce qui laisse à penser que dans l'immense majorité des cas le processus reste réellement el nettement localisé.

Les tentatives d’immunisation faites par Bertarelli sur les singes lui permirent de conclure que chez le macaque la syphilis expérimentale conférée par le virus du lapin peut donner une immunité aussi bien vis-à-vis du virus du lapin que de celui de l'homme.

Les expériences les plus intéressantes de Bertarelli sont, à notre avis, celles qu'il fit sur l’immuni-

el

sation possible du lapin vis-à-vis de la syphilis de la cornée au moyen d'inoculations des substances syphilitiques par la voie sous-cutanée (aussi bien que par toute autre porte d'entrée de l'organisme).

Ces expériences d'immunisation par la voie souscutanée se limitent à quatre lapins robustes qui furent inoculés avec des cornées syphilitiques convenablement préparées.

Ces cornées, qui étaient en pleine manifestation dé kératite et qui contenaient de grandes quantités de spirochètes,étaient sectionnées, écrasées et pulvérisées, et l’émulsion ténue ainsi obtenue était inoculée sous la peau.

Après une période de six mois, pendant lesquels les lapins reçurent dix-neuf inoculations de tissu cornéen à doses croissantes, Bertarelli soumit les quatre lapins à l'épreuve de l’inoculation cornéenne. Deux furent inoculés le 4 mars avec du virus en série; les deux autres avec le même procédé le 2 avril.

Chez l’un des deux premiers lapins, il y eut une kératite avec une période d'incubation assez longue (quarante jours), mais la kératite fut grave et très étendue. L’autre lapin se montra absolument réfractaire à l’inoculation cornéenne qui fut renouvelée une deuxième fois sans succès au bout de deux mois, puis une troisième sans plus de résultat.

Des deux lapins inoculés en avril, l’un présenta

des lésions syphilitiques au bout d’un temps normal

d’inoculation ; l’autre résista, mais au mois de juin survint une kératite nette, quoique limitée.

La seule conclusion que Bertarelli put tirer de ses expériences, c’est qu'avec une immunisation souscutanée du lapin au moyen de cornées syphilitiques, il y a tout au plus un retard dans l’éclosion de la kératite et par suite une prolongation de la période d’incubation.

Mais il ne semble pas qu’on doive compter beaucoup sur une immunisation réelle par cette voie, même en prolongeant le procédé.

D’autres épreuves ont été faites en employant pour l’immunisation des cornées broyées et réchauffées, des cornées traitées par la glycérine et avec des autotilosilati (1) en solution physiologique : mais les résultats sont décourageants. Dans quelques rares cas, il y a une prolongation à peine appréciable de la période d’incubation, dans beaucoup d’autres cas il n'y a aucune action manifeste attribuable au traitement immunisant.

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