DANSE
pensent au contraire que la segmentation se fait transversalement. |
DivisioN TRANSVERSALE. — D’après l'étude histotologique d’une kératite syphilitique de lapin, Levaditi et Yamonouchi ont été amenés à admettre au contraire des précédents, que le seul mode suivant lequel s’effectue la segmentation du tréponème est celui de le division transversale.
En effet, dans ce cas, presque chaque fente séparant les lamelles cornéennes contenait de nombreux spirochètes, lesquels étaient disposés bout à bout.Or, un examen attentif permettait de constater que les tréponèmes formaient des couples de deux parasites se touchant presque par l’une de leurs extrémités. Au niveau du point de contact, on révêlait d’ailleurs parfois la présence d’un mince filament colorable par l’argent, réunissant les deux tréponèmes.
DivVisiON LONGITUDINALE. — Bertarelli (1), dès sa première expérience sur le lapin, pratiqua un examen histo-bactériologique très soigné des lésions obtenues. Sur les préparations à l'argent il crut pouvoir constater des figures de division longitudinale. Voici la traduction du passage qui concerne cette observation :
& La forme que présentent ces derniers est, comme il a été dit, typique ; on observe nettement
1. Bertarelli. « La transmission de la syphilis au lapin ». Rivista d'Igiene e Sanita publica(Torino),1906, 1° mai, n° 0,
comment ils suivent la direction des fibrilles connectives en s’adaptant entre elles.
«De nombreuses formes ont un aspect intéressant. Il arrive par exemple d’observer un nombre considérable de spirochètes enroulés entre eux, deux à deux, les spires s’emboîtant, ou encore deles voir partiellement liés entre eux, tandis que les autres portions se sont libérées. Quelquefois les deux spirochètes sont à peine enroulés à une extrémité, d’autres fois ils s’unissent jusqu’à leur milieu, et l’on trouve toutes les formes intermédiaires possibles.
« L’impression qui en résulte est qu’il ne s’agit pas d’un simple fait de juxtaposition, mais d’un véritable et propre processus de multiplication longitudinaie.
«Il n’est certainement pas facile de donner des phénomènes une démonstration absolument satisfaisante ; mais de l'impression optique qui résulte de la vue de ces formes en coupes très fines (2-3 L), d’où toute superposition d'images peut être exclue, il n’y a qu'une explication plausible, c’est qu'il s’agit réellement en ce cas d’un véritable phénomène de multiplication longitudinale des spirochètes (x).
« Et l’on ne peut qu'être frappé d’étonnement en présence de ce processus au niveau d’une lésion où
1. Zettnov a décrit récemment (Zeit. f. hygiène, vol. 52, p. 3) des formes analogues pour le spirochète d'Obermeyer. Il interprète cependant ces formes comme de simples amas de spirochètes.
SE OMECS
nous nous trouvons en présence d’une multiplication réelle et énorme des spirochètes, semblable à celle que l’on obtiendrait dans une culture.
Comme cet arrangement des parasites par couples (l’un à la suite de l’autre) s’est opéré dans un milieu d'une consistance presque solide, on ne peut pas objecter disent les auteurs que cetie disposition pourrait résulter de l’agglutination des tréponèmes par leurs cils terminaux. Comme, d’autre part, ils n'ont décelé aucune forme en V ou en X, force est à ces auteurs de conclure que les parasites accouplés résultent de la segmentation transversale du tréponème, précédée par la formation d’un amincissement au milieu de son trajet. Les spirochètes de Schaudinn comme les spirilles et les vibrions se divisent donc par segmentation transversale.
BYE Ta longueur de l’incubation dans la syphilis tient non à l'existence d'un cycle évolutif du tréponème, mais bien à la difficulté du développement du parasite dans le nouveau milieu.
LevaDirI Er YAMANOUCHI (1) ont étudié sur des animaux inoculés avec des fragments de cornée infectée, dans la chambre antérieure de l’œil et sacrifiés deux, neuf, dix, douze, quinze, vingt-deux,
1. Levaditi et Yamanouchi. Recherches sur l'incubation dans la syphilis, Bulletin de la Société de biologie, séance du 12 Janvier 1908, p. 53.
— Gr —
trente-deux, quarante-sept et cinquante-deux jours après l’inoculation, le mode de développement du parasite, Ils ont pu constater les faits suivants : Avant le quinzième jour, il est impossible de constater la pénétration des tréponèmes dans la cornée du lapin inoculé. À ce moment seulement, des parasites isolés traversent la membrane de Descemet et envahissent les lamelles profondes de la cornée.
Vers le vingt-deuxième jour, alors que la cornée est absolument transparente, il existe déjà une active prolifération dans la cornée, Cette prolifération s’accentue le trente-deuxième jour et alors apparaissent des lésions de Kératite microscopique.
La multiplication des iréponèmes s'opère assez lentement tant que le fragment inoculé n’est pas organisé. Mais dès que cette organisation se fait, la multiplication très active de tréponèmes semble se greffer sur les éléments cellulaires nouvellement formés.
La longueur de l’incubation s'explique donc par les difficultés que rencontrent les tréponèmes à s’acclimater à de nouvelles conditions de vie et de nutrition. Ils ne réussissent à se mulliplier qu’au contact des cellules vivantes et parmi celles-ci ils semblent préférer les épithéliums et aussi les endothéliums qui tapissent les vaisseaux lymphatiques. En tout cas, on ne trouve que des tréponèmes typiques, en voie de développement, à chaque instant de l'incubation., et il n’y a donc aucun cycle évolutif du
spirochète pendant celle-ci.