AUTRES RECHERCHES
A.— La cornée du lapin employée comme antigène dans la réaction de Wassermann
Malgré toules les discussions qui se sont élevées sur le mo le d’action des produits syphilitiques employés dans la réaction de Wassermann, il n’en reste pas moins acquis que ce sont les viscères syphilitiques et chargés de tréponèmes qui constituent l’antigène le meilleur et le plus sûr. C’est ainsi que la réaction de Wassermann est faite le plus habituellement avec du foie d’hérédo-syphilitique.
Simonelli (1) s’est demandé si la cornée syphilitique du lapin ne pourrait pas être employée au même titre que le foie syphilitique. Il a expérimenté dans ce sens el a obtenu des résultats nettement positifs.
Voici l'exposé de ses recherches :
Les malades auxquels, avec les précautions nécessaires, j'ai pratiqué la soustraction sanguine au moyen d’une pipette Tursini, furent les suivants :
r. Simonelli. « La cornée syphilitique du lapin et la réaction de Wassermann ». Gazetta degli ospedali ac della cliniche, 26 juillet 1908, n° 89.
vs FE
Ï. — Antonio B..., vingt-sept ans, célibataire de Sienne. Traces de syphilome initial, dans le sillon, pléiades ganglionnaires inguinales et cervicales, syphiloderme papuleux, plaques érosives à la muqueuse buccale, céphalée, douleurs ostéocopes, n'avait été soumis à aucun traitement spécifique.
II. — Alberto G..., vingt-quatre ans, célibataire, de Sienne. Céphalée intense, douleurs ostéocopes, nombreuses plaques érosives buccales. Il avait contracté la syphilis depuis un an et demi environ, et avait été reçu dans notre clinique dermosyphilopathique, où il avait subi un traitement antisyphilitique intensif (4o injections de 1 centigramme de sublimé corrosif, et iodure de potassium à dose croissante jusqu'à atteindre celle de 7 grammes prodie). Renvoyé de l’hôpital parce que guéri de ses manifestations contagicuses (syphilome initial, papules hypertrophiques périanales); il avait pris l’automne passé 60 pilules de 5 centigrammes de protoiodure de Hg. et 30 grammes d’iodure de potassium.
Depuis quatre mois environ, il n’avait fait aucune autre cure
anti-syphilitique,
IT. — Guido D..., trente-quatre ans, marié, de Sienne. Plaques érosives à la muqueuse buccale, papules hypertrophiques périanales et pléiades ganglionnaires inguinales et cervicales. Au feuillet externe du prépuce on notait encore les traces
de syphilome.
IV. — Cordelia S..., femme D... vingt-cinq ans, de Sienne, Syphilis conjugale. Syphiloderme papulo-érythémateux, papules hypertrophiques à la vulve, pléiades ganglionnaires inguinales et cervicales. À la fourchette étaient encore
évidents les restes du syphilome initial.
€ Ces deux derniers malades n’avaient été soumis à aucun traitement spécifique.
«Les deux lapins roux, auxquels j’énucléai l'œil droit atteint de kératite parenchymateuse en pleine période de développement (à la troisième semaine) avaient présenté cette lésion caractéristique trente jours environ après l’inoculation pratiquée avec le produit de râclage de la base d’une papule syphilitique hypertrophique, après scarifications multiples de la cornée au voisinage du limbus. Dans le produit du ràclage j'avais rencontré en quantité discrète le treponema pallidum aussi bien dans les préparations fraiches que dans celles colorées par la méthode de Giemsa.
« Je ne m'attarderai pas ici à répéter en détail toutes les particularités techniques relatives à la réaction de Wassermann-Bruck, et les précautions nécessaires pour éviter les causes multiples d’erreur et arriver ainsi à des résullats appréciables, d’autres l’ont déjà fait ; je me bornerai à faire remarquer que la technique de cette réaction très complexe, et qui cependant ne présente pas de grandes difficultés, conduit à des résultats précis quand on a acquis la pratique nécessaire à ce genre de recherches.
« Voici, sans plus, comment j'ai exécuté les expériences
«Je me suis servi d'extrait de cornée injectée dans la proportion de 1 detissu pour 10 desolution physiologique de chlorure de sodium (0,85 0/0), et comme contrôle j'ai employé l'extrait de cornée normale
dans les mêmes proportions. Je me suis servi d’une émulsion à 5 0/0 d’érythrocytes de brebis sensibilisés que j'ajoutais à la dose de 5 centimètres cubes par tube ; et comme complément le sérum frais de cobaye à la dose minime nécessaire pour produire l’hémolyse des globules rouges de brebis, afin d'éviter que. ce sérum se trouvant en excès la réaction en fût masquée.
« Les tableaux suivants rapportent les expériences et les résultats obtenus.