I. — /noculation intra-cornéenne de syphilis humaine
Sur 14 inoculations pratiquées, nous avons obtenu 6 résultats très nettement positifs : 2 kératites ponctuées, 2 kératites chancriformes, 2 kératites diffuses. Parmi les 8 autres résultats négatifs, il faut retrancher un cas (lapin 28) où le chancre originel était douteux et était probablement un chancre mou. Nous voulions pratiquer l'examen bactériologique du cas, mais le malade ne s’est présenté à la
consullation qu'une fois et nous avions omis préci-
sément de prélever un frottis à sa première et unique visite. Il faut retrancher également deux cas où les lapins sont morts rapidement, l’un le jour même, l’autre cinq jours après l'inoculation de causes indépendantes de l’expérience (lapins 29 et 30 bis). Il faut également retrancher un càs de cette série de 14 : en effet, le lapin 4o a été inoculé aux deux yeux. Cette double inoculation ne doit compter que pour une dans notre statistique, car on sait que jamais les deux yeux inoculés ne prennent : il ne se déclare jamais qu’une seule kératite. Nous avons ainsi en définitive : 10 inoculations intra-cornéennes et 6 résultats positifs, ce qui fait une proportion de 60 0/0. C’est là évidemment une proportion élevée,maisil est probable qu’elle pourrait l’être davantage en choisissant mieux le matériel d’inoculation. Il est probable aussi que nous obtiendrions davantage de résultats positifs en suivant de plus près les résultats des inoculations et en les surveillant,non seulement par l'examen macroscopique, mais encore par l’ultramicroscopique capable de révéler les résultats positifs qui ne se manifestent pas à l'œil nu.
Les résultats positifs ont eu comme origine ; un chancre diphtéroïde de la face interne du prépuce datant de six Jours (lapins 18 el 20). 3 lapins furent inoculés,2 présentèrent des kératites. Cette proportion est certainement, elle aussi, au-dessous de la vérité. car les inoculations furent faites dans ce cas simplement par piqûre, c’est-à-dire avec une méthode qui favorisait peu leur réussite.
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Un chancre érosif du sillon balano-préputial datant de trois semaines et qui était encore dans la période d'extension. Ayant sérvi à l’inoculation de 3 lapins, ce chancre a donné également 2 résultats positifs mais moins nets que les précédents et à incubation beaucoup plus longue.
Un chancre érosif du sillon balano-préputial datant de onze jours et étant au début de son induration.
Les résultats négatifs ont eu pour origine :
Un chancre géant du fourreau de la verge datant de deux mois et en voie de cicatrisation ; il existait d’ailleurs chez le malade une roséole qui datait ellemême de quinze jours et tendait à la guérison, une papule cutanée faisant partie d’une éruption en régression.
C’est là une indication précieuse à retenir pour les expérimentateurs futurs. Il faut, pour réussir, presque à coup sûr, les inoculations, employer un virus jeune et abondant : les chancres au début et encore dans leur période d’extension ou avant leur induration sont particulièrement appropriés. Il va sans dire que l’absence du traitement antérieur est le corollaire obligé de cette indication, puisque le mercure fait disparaître très vite les tréponèmes des lésions syphilitiques. On pourra se rendre compte facilement de la présence ou non des tréponèmes dans les lésions originelles par l'examen ultrami-
croscopique.
La période d'incubation de nos kératites a été très variable.
En voici la durée respective :
api LOT 10 jours au maximum (à ce jour, la Lapin 20....... 10 jours — kératite était Lapit 227 0000 7 jours — déjà très dé- LAPINN2I Re Ter 7 — veloppée).
Lapin 27 en 35 jours —
Lapint4o"0 . 20 jours —
La durée de l’incubation a donc varié de sept jours à trente cinq jours, ce qui fait une marge considérable. Les cas d’incubation courte sont ceux où le chancre ayant servi à l’inoculation était jeune et en période d’extension. Il se trouve aussi quil s’est toujours agi des inoculations intracornéennes ponctuées, faites en plein tissu cornéen, sans intéresser le limbe. Peut-être ce mode d’inoculation est-il plus favorable à la pullulation rapide, quand il est positif, que les scarifications du limbe.
Parmi les cas positifs obtenus nous avons eu un cas positif (lapin 23) soixante quatorze jours après l’inoculation . Nous ne saurions cependant affirmer qu'il se soit agi réellement d’une incubation aussi prolongée car nous n’avons pas examiné le lapin du 12 août au 6 septembre. Au 12 août, il n’y avait pas de résultat positif manifestement appréciable, c’est tout ce que nous pouvons affirmer, ce qui ferait en tout cas un minimum de cinquante jours d’incubation: Cette incubation longue n’a rien de surpre-
nant si nous songeons que nous avions pris comme matériel d’inoculation un chancre de trois semaines qui a donné deux résultats négatifs sur trois, c’est-àdire un chancre peu virulent.
Il. — /noculation intra-oculaire
Les inoculations intra-oculaires ne nous ont jamais donné de brillants résultats, car presque toutes ont amené des suppurations oculaires et il nous est très difficile d'affirmer que nous avons obtenu des lésions spécifiques par cette méthode. Les résultats obtenus sont d'autant moinsimputables à la syphilis que la plupart des auteurs qui se sont occupés de la s yphilis expérimentale du lapin ont fait la remarque qu'il était à peu près impossible d'obtenir des lésions bilatérales alors même, bien entendu, que l’inoculation était bilatérale. Or, nos inoculations étaient presque toutes bilatérales, l'œil gauche étant inoculé à la cornée, l'œil droit dans la chambre antérieure.
Sur les seize inculations intra-oculaires pratiquées par nous, deux lapins (29 et 30 bis) sont morts rapidement et ne peuvent être utilisés.
Des quatorze restant cinq seulement ont été inoculés à un seul œil ; les neuf autres ont été inoculés aux deux yeux, dans la chambre antérieure à droite, à la cornée à gauche.
I. — Inoculations intra-oculaires isolées (lapins 1, 2, 3, 0, 6). — Sur ces cinq expériences, deux ont
amené rapidement la purulence et l’atrophie de