‹ Étude sur la Syphilis du LapinChapitre 24 sur 31 · ROGUE · texte numérisé non relu

ROGUE

l'œil (lapins 1 et 3). Le matériel d’inoculation venait d’un chancre du fourreau dans un cas et de plaques muqueuses végétantes du voile du palais dans l’autre cas. ;

Le lapin 2, inoculé avec une syphilide papuleuse de la lèvre inférieure, n’a présenté aucune lésion appréciable. Il est mort spontanément six mois et demi après l’inoculation.

Le lapin 5 n'a rien présenté et vit encore.

Le lapin 6 seul a montré une kératite sans pus, avec état grisâtre de la cornée, riche vascularisation et qui s’est développée rapidement, légèrement appréciable au treizième jour,très nette au vingtième, à la période d’état au vingt-septième. Il faut noter que les conditions de réussite étaient favorables dans ce cas, car le matériel d’inoculation choisi était une syphilide cutanée varioliforme non traitée, en période d’état où les chancres d'infection secondaire étaient évidemment moindres qu'aux organes génitaux et surtout à la bouche. Les tréponèmes n'ont pas été recherchés dans ce cas, parce que nous ne possédions pas encore l’ultra-microscope à cette époque.

Deux inoculations intra-oculaires pratiquées chez les lapins r et 6 sur le deuxième œil, un mois après l’inoculation du premier, ont amené la fonte ou la purulence.

En résumé, une seule de ces cinq inoculations nous a donné un résultat positif.

Il.— Znoculations intra-oculaires avec inoculations

cornéennes du côté opposé. — De ces neuf inoculaüons intra-oculaires, trois ont amené la suppuration de l’œil (lapins 11, 18, 27), une a donné un résultat négatif (lapin 21), cinq paraissent avoir amené des lésions syphilitiques de l'œil (lapins 1», 10:-20,:22,/20):

Nous ne pouvons affirmer qu'il s'agisse en pareil cas de lésions vraiment syphilitiques, car désireux de les voir évoluer, nous ne les avons pas examinés histobactériologiquement et, au début de nos expériences, nous ne possédions pas l’ultra-microscope qui nous permettait de les vérifier en cours de route. Nous nous sommes basé sur la forme purement plastique des lésions et la lenteur de leur développement pour admettre leur nature spécifique.

La forte proportion des résultats positifs (5 sur 9) ne tient pas, à notre avis, à ce que nous avons été large dans notre appréciation, mais à ce que, ainsi que nous l'ont montré les inoculations cornéennes, nous avons toujours employé un matériel ultra-virulent. Ce mode d’inoculation paraît donc devoir fournir une proportion élevée de résultats positifs.

Il ne s’est pas agi seulement de kératites ainsi obtenues mais aussi de lésions de l'iris et même des parties profondes de l’œil.

Le lapin 12, inoculé avec une papule cutanée le 3 juin, a montré au douzième jour une légère kératite autour du point inoculé. Au vingt-neuvième jour, l'iris se prenait et devenait très congestionné en même temps que l’œil augmentait de volume. Au

ro

trente-septième, l'iris était d’une belle coloration rouge. Au soixante et onzième, la kératite était très accentuée et s’accompagnait d’une vive vascularisation. Au cent-sixième jour, l’œil était énorme. considérablement augmenté de volume avec au centre de la cornée, un état végétant analogue à un léprome et qui était vraisemblablement un syphilome. Au cent-cinquante-cinquième, les symptômes de vascularisation persistaient encore quoique moindres. Au cent-soixantie-treizième, le 12 novembre, tous les symptômes étaient en effacement.

Le lapin 18, inoculé le 5 juin, présentait peu de chose dix jours après l’inoculation alors que la cornée gauche montrait déjà une kératite spécifique. Au vingt-cinquième jour, l'œil était fortement distendu, la cornée lactescente et vascularisée, l'iris congestionné. Les symplômes rétrocédaient au soixante-quinzième jour. Au cent-cinquantième jour persiste une kératite cicatricielle, c'est-à-dire une lactescence de toute la cornée sans vascularisation. L’œil est toujours gris.

Le lapin 20, inoculé le 5 juin, montre des symptômes analogues au précédent, mais la lésion est moins pure et peut-être accompagnée de dépôts fibrineux.

Le lapin 21, inoculé le »4 juin, ne présente rien au huitième jour mais montre au seizième jour une infection périkératique avec de la kératite laiteuse diffuse qui est guérie au cinquantième, mais récidive au cent-vingtième et persiste longtemps encore.

L'examen ultramicroscopique au cent-quatre-vingtième jour n’a pas révélé de tréponèmes.

Le lapin 23, a présenté une kératite qui s’accompagnait de beaucoup de fibrine et n’était peut-être pas spécifique.

Nous avons donc obtenu par l'inoculation dans la chambre antérieure des kératites à incubation longue et à durée de un ou deux mois, laissant des opacités indéfiniment persistantes, des iritis, un syphilome végétant de la cornée. Enfin dans deux cas il existait une augmentation de volume du globe oculaire, indice des troubles de la circulation aqueuse et de son hypersécrétion.

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