‹ Etude sur la syphilis trachealeChapitre 2 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Les auteurs anciens se bornent à indiquer la présence d'ulcérations dans la trachée, sans mention spéciale sur leur nature. Tels sont, par exemple, les cas isolés rapportés par Morgagni*. Déjà, vers le commencement de notre siècle, nous voyons Cayol ^ insister sur les lésions trachéales avec intégrité du poumon; et cependant, en 1837, Trousseau et Belloc', parlant des ulcérations de la trachée, nient encore formellement leur existence en l'absence de phthisie pulmonaire ou laryngée. Presque en même temps, après Hawkins*, Barth avait remarqué que les ulcères vénériens semblent marcher, par propagation, de l'isthme du gosier vers les parties profondes : larynx, trachée, bronches ^. Il admet en même temps des altérations primitives de la trachée.

< Morgagni ; Epist. 44, no t5, — Epist. 58.

3 Gayol; Recherches sur la phthisie trachéale. 1810. 9 Trousseau et Belloc; Traité pratique de la phthisie laryngée. 1837. ^ Hawkins ; Des ulcères syphilitiques du larynx.

* Barth ; Mémoire sur les ulcérations des voies aériennes. (Archives générales de médecine, 3« série, tom. V.)

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oelle de Worlhinglon. En môme temps, Martini mentionne de nouveau en Angleterre les affections trachéales syphilitiques \ tandis qu^alors encore Virchow * déclare que « les lésions spécifiques des voies respiratoires en dessous du larynx deviennent de plus en plus problématiques » . Il croit pourtant avoir vu ces dernières affectées, et cite le fait que nous reproduisons.

En 1861, nous trouvons, encore en Angleterre, le cas dejRussel et Bolton*. La môme année, M, Civet publie une thèse sur les RéirMssements de la trachée V Elle ne renferme qu'un seul fait nouveau de cause syphilitique douteuse.

li'année suivante fournit deux observations, Tune de Forster*, la seconde de Bœckel (de Strasbourg). C'est encore sous Tinfluence d'une intervention chirurgicale suivie d'un insuccès provoqué par des complications de sténose bronchique, que ce chirurgien écrit son Élude clinique des rétréoisseimnts syphilitiques de la trachée *,

Nous n'avons pu parvenir à nous procurer in extenso, ni à Paris ni à Londres, trois cas de syphilis trachéale recueillis en Angleterre par Wilks \ et résumés très-sommairement dans le A year book of medioine and s^urgery • : « Dans le premier, il y a eu une véritable angustie de la trachée due à une ulcération, en môme temps que l'épiglotte était détruiteetrintérieur(?) cicatrisé d'une façon qui ne laissait aucun doute sur Torigine syphilitique » . Le deuxième cas est à peu près semblable : la trachée était ré^ trécie à la suite d'ulcérations. Le troisième montrait un épaississèment considérable des tissus fibreux de ce conduit, véritable sclérose due à la syphilis.

* On iixtcheoiomi^ SohmidtsJahrb,, v t02. p«g. 73-ttO. 1859. « Viivhow; SyphUia oonaiiiuUouueUe, pag, t&t. 1860,

^ Ruâ^ol and BoUon ; Case of syphiliiic Inflammation. Uktr in th$ iraeh^a* Britisch m^.journs April. 6.

^ Givet: Thèso de Montpellier. 1861.

* Fùrater^ Hatutbueh der Pathot.^ p«g. US, 1862.

* Bœokol: Strasbourg. 1862.

* Wûksi ; On th0 s^iHs agitct oforç. intêrn., pif. 19&,

* Londres. 186a.

veillants auspices de M. Létiévant, la seconde à Thôpital civil d'Alger, grâce à Texcellent concours de M. Gros, professeur de clinique interne. Les deux autres cas nouveaux ont été observés : le premier à l'Hôtel-Dieu de Lyon par notre collègue et ami M. Teissier, interne des hôpitaux, qui a bien voulu renoncer en notre faveur à sa publication ; Tautre enfin à Thôpital de Lourcine, dans le service de M. Dubrueil, par M. Rafinesque, son interne. Ce dernier fait ofiFre un vif intérêt, en raison de la rareté extrême de la trachéite syphilitique d'origine héréditaire ; nous n'en connaissons pas d'autre exemple, si ce n'est celui de M. Roger, dont nous parlerons par la suite, et dans lequel les ulcérations de la trachée sont liées à une afiection analogue du larynx.

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