Étude sur la théorie du droit musulman
L'accueil fait à la première partie de cet ouvrage a été plus favorable que je n'osais l'espérer J'en dois remercier la presse autant que les lecteurs qui se sont intéressés à une étude spéciale comme est celle de la théorie du droit musulman. Les deux seuls articles peu bienveillants qui ont paru m'ont été également utiles^ ils m'ont obligé à fournir déplus amples explications sur les parties fondamentales de ce droit (a); j'en remercie donc aussi les auteurs.
Le caractère absolument juridique de ce travail me préservera, .j'espèî^e, de toute insinuation tendant à le représenter comme inspiré par des raisons étrangères à la science pure.
On reconnaît facilement aujourd'hui que la partie théorique du droit musulman n'avait pas
(ft) Y^it tMn auvTtBQ^ iniitulé : Le Droit Musulman expliqué.
formé jusqu'ici sujet de travaux spéciaux en Occident, Je la considère comme indispensable à l'intelligence de la législation islamique; c'est pourquoi j'en ai e?îtrêpris l'étude et j'ai offert les modestes résultats de mes travaux aux hommes de loi^ Européens et Orientaux. On se tromperait donc fort en me croyant le champion d'une cause quelconque.
Vidée de faire ce qu'on appelle de l'actualité n'a jamais traversé mon esprit. Il me suffira de rappeler que, depuis de longues années, je vis retiré des affaires, et que, dans tous mes travaux, ma préoccupation constante a été de rendre service à la science du droit général en faisant connaître les procédés et les règles {la méthode) qui ont été suivis da?îs l'élaboration du Code auquel trois cents millions de nos semblables obéissent. Cette loi est connue en Europe; mais elle ne saurait être suffisamment comprise et équitablement jugée si la raison de chacun de ses articles, c'està-dire la philosophie du système législatif dont elle fait partie, restait inconnue. C'est le magique de notions précises sur cette partie {la méthode) et, en général^ sur la théorie du droit musulman, quia empêché jusqu'ici d apprécier le Code musulman à sa juste valeur, et, partant, de se convaincre que la législation mahométane est non seulement compatible avec une civilisation très avancée,