AVANT-PROPOS III
mais aussi qu'elle s'inspire de principes supérieurs^ qu^elle condamne l'immobilité et considère l'ignorance comme un péché.
J'ai voulu en même temps rendre service dans la mesure de mes forces à une fraction très considérable de l'humanité. Ces mots paraîtront, de prime abords prétentieux; mais le lecteur qui voudra bien accorder son attention aux explications qui suivent comprendra aisément ma pensée.
J'ai vu les gouvernements les plus civilisés éprouver des difficultés insurmontables dans l'administration de leurs sujets musulmans. J'ai vu ces derniers se soumettre avec une douleur d'âme souvent mal déguisée à l'autorité de leurs gouvernants non musulmans. Frappé de cette situation, j'ai voulu essayer de faire comprendre combien il était facile de mettre d'accord le régime que la civilisation européenne comporte avec les exigences morales des populations professant l'Islamisme qui se trouvent soumises à des lois élaborées par des hommes qui ne le professent pas.
Mon premier volume a prouvé, et je ne saurais trop insister sur ce point, que l'islamisation du droit moderne (a) est l'unique voie conduisant au but, je veux dire à l'acceptation franche et em-
(a) A l'exception du sts^tut personnel qui ne comporte aucune asêimUiUion.
pressée de la civilisation européenne par f Islam ^ et par conséquent à une entente sincère et stable entre les deux éléments les plus importants de r humanité : les Musulmans elles Chrétiens.
C'est là un objet digne des efforts les plus persévérants. Il en est un autre non moins important^ dont je me suis à peine occupé jusqu'ici.
Il est nécessaire de le préciser.
En Afrique, aux Indes ^ en Chi?ze^ on sait combien est rapide la marche des conversions à Iflslamis^me; elles ne se comptent plus. Un esprit supérieur, réunissant au sentiment le plus élevé de sa mission une profonde connaissance des besoins de fiotre époque, insistait, il y a peu de temps, sur l'urgence de « faire connaître (( aux peuples qui s'éveillent à la civilisation « le génie si fécond de la race française ». Or^ le premier pas que les hommes primitifs, dont Son Excellence le Président de la République française a parlé, font dans la voie de cette civilisation, est de rompre soit avec un fétichisme dégradanty soit avec les subtilités décevantes du Brahmanisme et du Bouddhisme, pour entrer dans le giron de l'Islam. Effet inévitable des instincts de progrès que Dieu a mis dans l'âme humaine, autant que de la simplicité de la doctrine et du culte mahométans. Donc, si l'on prend en considération que de tout temps l'homme converti à