II
Ibni-Djézaïri, savant du quatrième siècle de IHégire, fournit, dans un ouvrage spécial qui porte son nom, les détails les plus minutieux sur ces lectures.
Les compagnons du Prophète qui avaient reconnu la parfaite correction des sept lectures que ces personnages, leurs contemporains, nous ont transmises sont :
1° Le calife Osmam-ibni-Afan, troisième successeur du Prophète ;
a*" Le calife Aali-ibni-Ébou-Talib, quatrième successeur de Mahomet;
3° Ubei-ibni-Kéab ;
4° Zéïd-ibni-Thabit, secrétaire du Prophète pour l'inspiration, c'est-à-dire, écrivant sous la dictée de Mahomet ce que Dieu avait transmis par Fange à son élu durant son sommeil prophétique {Véh(/): Zéïd réunit par ordre du Calife Ebou-Bekr toutes les parties du Coran sur les pages formant le corps du livre saint {a) ;
5^ Abdou-llah-ibni-Messoûd ;
6^ Ebou-d-Derda ;
7*^ Moaz-ibni-Djébel;
8° Ebou-Zéïd-el-Ensari.
Il existe, à propos des sept lectures, une parole du Prophète qui fut motivée par Tincident que voici. Le calife Omar avait critiqué, du vivant du Prophète,
^a) J'ai rendu compte avec le plus grand détail dans mon premier volume (notions historiques), des circonstances à la suite desquelles ce savant se chargea d'abord du secrétariat du Prophète et ensuite de la réunion en corps d'ouvrage des parties du Ck>raa.
DU UVRE SAINT (cORAn) 111
la manière de lire certains versets du Coran de Oiibéïibni-Keab, et en avait contesté la correction. Ils décidèrent de soumettre le différend au Prophète, qui ordonna d'abord à Omar de lire, et dit, après Tavoir écouté attentivement : « Il est descendu exactement pareil » [khakéza ounzil). Il ordonna ensuite à Oubéïibni-Kéab de lire à son tour, et, après l'avoir écouté avec une égale attention, il prononça le même verdict. Aussitôt il ajouta les paroles suivantes : « Le Coran est descendu sur ces sept lectures » (Ounzilél-gourané-ala-sébati-khouroufin). Ce qui veut dire que le Coran peut être lu de sept manières différentes sans que le sens çn soit altéré (a).
Malgré les différences qui existant dans la prononciation et la lecture des mots Je sens de chacun d'eux reste absolument le môme. Sur ce point, tous les imams et tous les jurisconsultes appartenant aux quatre écoles orthodoxes sont d'accord.
Catégorie B. — La seconde catégorie des lectures est celle des lecteurs célèbres. On en compte trois :
1° Celle d'Ebou-Djafer (suivant) ;
2° Celle dé Yaqoub (suivant);
S'» Celle de Khalq (suivant) .
Les trois lectures de ces suivants célèbres, avec les sept de la première catégorie, forment les dix lectures les plus accréditées.
Catégorie C— La troisième catégorie est celle des lectures uniques [girâti-éhad). Ce sont des lectures
(a) La différence de ces sept lectures consiste en des subtilités orthographiques qui ne modifient en rien le sens des ayets.
dont l'existence est démontrée par des preuves sérieuses, mais qui n'ont pas atteint le degré de célébrité nécessaire pour qu'on les accepte comme autorisées de tout point. Du reste, elles ne sont pas conformes à l'écriture pratiquée par le calife Osman ni aux règles de la grammaire arabe.
Catégoriel). — La quatrième catégorie est celle des lectures exceptionnelles (qiraati-chazé). Les preuves de l'existence de ces lectures étant contestables, elles n'ont pas été prises en considération.
Catégorie E. — Les lectures qui appartiennent à cette catégorie s'appellent ajoutées^ intercalées [qirraati-moudérdjé], c'est-à-dire, lectures qui ont été insérées, ajoutées en guise d'annotation. Telle est la lecture de Saad-ibni-Vaqas, qui a lu l'ayet : « Féléhou-ahoun-vé ouhoun >, en ajoutant les mots : « min oumin ».