DU CORAN
La science des commentaires s'appuie sur les trois sciences qui forment, dans les humanités arabes, la section de la rhétorique, c'est-à-dire le Méami, le Bedî, le Beyan, et sur la logique {mantiq).
Nul ne doit commenter le Coran d'après son opinion personnelle. Une interdiction sévère a été prononcée à ce sujet par le Prophète : « Celui qui com- « mente le Coran d'après son opinion personnelle, « se prépare une place dans la géhenne » (men fessre quourané M reï hi fél yétébévé maqâdéhou min en nar).
Celui qui désire commenter le Coran sans s'exposer à commettre un péché si grave, doit posséder à fond les sciences suivantes : 1° la lexicologie ; 2° la technologie ; 3° la syntaxe ; 4° les trois parties de la rhétorique arabe et la logique; 5Ma science de la pose des mots ; 6° la science de la conduite du Prophète ; 7° la méthode législative ; 8° la science des applications du droit; 9Ma théologie; 10° l'histoire* Dans ces dix sciences sont comprises l'étude delà langue et de la littérature arabe, de la théologie islamique et du droit musulman.
Les grands annotateurs du Coran [mouféssirin) étaient des savants de la plus haute distinction. En dehors des connaissances que je viens d'énumérer^ ils possédaient à fond toute la science profane de leur temps. Les plus célèbres parmi eux sont i
1*» Abdoullali-ibni Abbas (compagnon), dont le Te f sir sert de base à tous les autres commentaires;
S** Keabou-1-Akhber (compagnon) ;
3** Ebou-1-Mansour el Matouridi, dans Tœuvre duquel sont expliquées toutes les dispositions légales contenues dans le Coran ainsi que toutes les croyances et convictions religieuses hanéûles : Matouridi est le Gheïkh (maître) de cette école en ce qui concerne les croyances relgieuses; son « Tefsir » porte le titre de Justifications {técvilati-maturidiyé) ;
¥ Le célèbre Zimahcheri, dont l'œuvre est considérée comme un modèle de style et comme une application très méthodique de toutes les règles de la grammaire et de la littérature arabe {a) ;
5° Le non moins célèbre Fakhrou-d-din-el-Razi, dont Fœuvre contient toutes les règles de Técole chaûte.
Les écoles des Imams Malik et Hambeli possèdent également chacune un commentaire, qui est Touvrage de son chef. Ces commentaires ont été dictés par les chefs et écrits par les élèves ; on les appelle pour cela « émali » .
De la science de la lecture du Coran (ilmi-qirraat)
Les lectures du Coran, c'est-à-dire les différentes manières dont le livre saint est lu, sont divisées en cinq catégories.
Catégorie A. — Elle comprend les lectures trans-
(a) Zimahcheri fut un juiisconsulte dissident (moufazt(é).
DU LIVRE SAINT (cORAN) 109
mises par témoignage irréfutable. Cette manière de lire le Coran est sanctionnée par le témoignage d'un grand nombre de compagnons, qui affirment qu'elle a été approuvée par le Prophète. Revêtues de cette autorité suprême, ces lectures furent transmises de proche en proche et de génération en génération. Elles ont traversé les siècles sans subir d'altérations. La prière est faite d'après cette manière de lire et toutes les dispositions légales formant le code ont été assises sur les bases qu'elle fournit. Les lectures qui appartiennent à cette catégorie sont au nombre de sept :
1° La lecture que Nafl de Médine nous a transmise en la recevant lui-mône d'Ebou-Djafer (adepte) : elle est considérée comme la lecture authentique par excellence; c'est la lecture officielle de l'empire Ottoman ;
2* La lecture transmise par Ibni-Késséri [méquois)^ qui l'avait reçue de Abdou-Uah-bin-Saib (adepte) ;
3° La lecture transmise par Ëbou-Amr de Bassora, qui l'a reçue d'Ebou-Djafer el moudjtéhid ;
4*^ La lecture d'Ibni-Amr de Damas, acceptée par Kbou-d-Darda;
00 La lecture transmise par Assim de Kufé, qui la reçut de Zoubeïr-ibni-khabéchi ;
6** La lecture reçue d'Assimi par Hamza;
7" La lecture reçue d'Hamza par Kissaï.
Celui qui nie les sept lectures de cette catégorie, c'est-à-dire qui en conteste la parfaite correction et authenticité» devient un mécréant.