DE LA SECONDE ÉDITION
La seconde édition de cet ouvrage est due, moins à mon initiative personnelle qu'à des sollicitations auxquelles j'ui cru devoir céder, et qui, d'ailleurs, ne me laissaient, ni le temps, ni la possibilité, d'opérer une revision complète de mon premier travail.
J'aurais souhaité, si le temps ne m'avait fait défaut, de mettre cette édition nouvelle au point de tous les changements introduits dans le texte du premier projet de Cdde civil allemand et d'étudier, avec le texte définitif, les raisons d'être des modifications adoptées. .
La rapidité avec laquelle cette nouvelle publication devait être faite ne me l'a pas permis. D'ailleurs, toute l'analyse de ce travail de remaniements successifs sera donnée, sous une forme brève, iji est vrai, mais suffisante, dans les notes qui suivront la Traduction du Code civil allemand, que prépare le Comité dé législation étrangère, et qui paraîtra prochainement.
Je ne voulais pas que la seconde édition de cet ouvrage risquât de faire double emploi avec Toeuvre considérable entreprise par le Comité de législation étrangère.
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D'autre part, je me suis rendu compte que les raisons pour lesquelles on me demandait de publier h nouveau cet ouvrage tenaient moins aux nécessités où Ton pouvait être d'une étude exégétique des textes allemands qu aux intérêts, biei^ autrement supérieurs,, d'une culture scientifique universelle, prenant son point de départ dans les conceptions et théories juridiques élaborées, soit en Allemagne, soit en France, sur les matières les plus importanties du droit privé.
J'avais essayé, dans ce travail sur le Projet de Code civil allemand, démettre au point quelques-unes de ces théories. A cet égard, l'utilité d'une seconde édition, alors même qu'il ne fût rien changé au texte initial, pouvait s'expliquer et se défendre. C'est le motif qui m'a fait consentir.
Je me suis contenté, sans modifier le te:^te, d'ajouter quelques notes destinées à marquer, sans autre commentaire, les solutions définitives admises par le Code civil, et à donner l'indication, lorsqu'elle m'a paru indispensable, des quelques ouvrages récents, touchant aux matières dont il était traité.
Toutefois, dans la dernière partie de ce livre, il m'était devenu impossible de respecter et de maintenir jusqu'au bout ce procédé d'abdication. Il s'agissait de questions d'une actualité tout à fait prenante, et principalement des théories relatives à la Responsabilité délictuelle. Cette matière touche de très près, comme on le sait, au problème du Risque professionnel. J'avais, moi-même, publié sur tous ces points, dans ces dernières années, différentes études qui marquaient les étapes successives de l'évolution de mes idées en cette matière. En France, depuis la loi du 9 avril 1898, toute ces questions ont été remuées et analysées dans tous les sens. Je me suis refusé absolument à reproduire, sans autre critique, ce que j'écrivais a ce point de vue il y a douze ans ; je ne pouvais pas davantage me contenter, comme je l'avais fait pour le reste, d'indiquer le texte pur et simple des articles du nouveau Code civil, correspondant aux dispositions du projet que j'avais
commentées. J'ai tenu à fournir en notes un très bref exposé des discussions et des conQit^ d'idées auxquels avaient donné lieu les travaux de la seconde commission.
Ces quelques observations m'ont paru nécessaires pour expliquer, et cette édition nouvelle, et les insuffisances qu'elle présente (1).
Paris, le»- juin 1901.
R. SALEILLES.
(1) J'ajouterai que j'ai cru devoir apporter une légère modification au titre de la première édition de cet ouvrage, qui était le suivant : Essai d'une théorie (jênérale de l'obligation, li m'a toujours paru quelque peu ambitieux ; j'ai préféré lui substituer aujourd'hui le titre plus modeste, mais plus vrai, que j'écris en tète de cette seconde édition : Étude sur la théorie générale de l'obligation.