‹ Étude sur la théorie générale de l'obligation d'après le premier projet de code civil pour l'empire allemandChapitre 2 sur 21 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

L'étendue donnée à cet ouvrage pourra sembler excessive. Il s'agit d'un projet législatif étranger qui est loin d'être accepté comme loi définitive, et encore n'est-il question que de Tune des matières qu'il contient. Je dois, sous iorme d'excuses, expliquer ce que j'aurais voulu faire. • La matière des obligations est dominée, j)Our la plus grande partie, par Iç principe de la liberté des conventions: ici donc, il n'y a pas de conceptions juridiques que Ion puisse déclarer définitives; ici, tout est incessamment en progrès, ou, tout au moins, en voie d'innovations.

Or, c'est le mérite des études de droit comparé de fournir à cette marche du progrès juridique les éléments d'observation qui lui sont indispensables. Il n'est pas une s<^ule des conceptions scientifiques imaginées en France ou ailleurs, pas un seul des usages inspirés par la pratique du nionde civilisé, qui ne puisse répondre à une intention possible des individus qui entrent en rapports d'affaires, et donner satisfaction, aujourd'hui ou plus tard, à un besoin ^^- la vie juridique.

C'est dans, cet esprit que j'ai entrepris cette étude. On

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voudra bien n'y chercher, ni une analyse exégétique, ni une critique du nouveau projet: ceci regarde les intéressés. ,

Mais j'ai essayé, à l'occasion des dispositions admises par le Projet, de grouper sur chaque, question les principales théories scientifiques qui ont cours en Allemagne. Je n'apprendrai rien, s^ns doute, à ceux de nos éminents jurisconsultes qui, faisant de ces matières l'objet principal de leurs travaux, connaissent à fond tout ce qui a été dit, en France, ou à l'étranger, sur le sujet. Il m'a paru, toutefois, qu'une synthèse un peu minutieuse des conceptions germaniques, susceptible de fournir comme un tableau abrégé du mouvement juridique, issu de la pratique dudroit romain en Allemagne, ne serait pas inutile à ceux qui ne peuvent sans, cesse recourir aux monographies spéciales, et pourrait peut-être trouver bon accueil auprès du public savant, et même des praticiens.

Je n'ai pas eu d'autre but. Là première partie de ce travail a fait l'objet d'une communication insérée au Bulletin de la Société de législation comparée ; cet essai a paru devoir répondre au but que je viens d'exposer et j'ai été encouragé de divers côtés à lui donner une suite ; cette suite fournira la partie nouvelle de cet ouvrage. J'ai insistéj surtout dans celle-ci, sur la comparaison avec le droit français, et je m'estimerais heureux d'avoir ainsi fourni de nouveaux éléments d'interprétation, pour certaines niatiêres de nofre Codé civil, que, sinon pour le texte, du moins pour la conception doctrinale, tout le monde s'accorde à vouloir rajeunir.

Je viens de dire ce que je m'étais proposé de faire. Mais je ne cacherai pas que cette préface ne révélerait qu'à denai ma pensée, si elle ne laissait pas tout au moins soupçonner ma reconnaissance pour le Président actuel de la Société de législation comparée, qui a été le véritable inspirateur de ce travail, et dont les conseils et l'appui, d'une façon générale, m'ont été si précieux. Il est devenu pour moi beaucoup plus qu'un Maître; et si je ne

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puis guère ici accentuer davantage ma reconnaissance, je denaande tout au moins Tautorisation, en inscrivant son nom en tête de ce livre, de mettre celui-ci sous le patronage de sa haute autorité et de l'offrir ainsi au public sous le coilvert d^une recommandation dont il a, je ne le sens que trop, le plus grand, besoin (t).

Vaux, par Etang-sur-Arroux, 1" octobre 1889.

Raymond SALEILLES, Professeur agrégé à la Faculté de Droit de Dijon.

(l) La première édition de cet ouvrage était, en effet, dédiée à mon beau-pèro, M. BuFNOiB, qui était, en 1889, président de la Société de Législation comparée. — M. Bufnoir, qui était né à Autun, le 3 janvier 1832, fut enlevé subitement, le 11 février 1898, à l'enseignement dont il restait Tune des gloires, â la science dont il avait été l'infatigable et passionné serviteilr, à l'afifeciion profonde et inaltérable de tous ceux qui l'avaient voritablenaont approché, pénétré et connu.

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