LE
déclara en 1813 ; dans la petite ville de Forfar, en Ecosse, au dire de John Adams, 155 vaccinés doivent avoir été atteints de variole.” (STEINBRENNER.)
‘ L'année 1816 fut signalée par l'appparition de deux épidémies de variole également remarquables par leur grand nombre de vaccinés varioleux. Celle de Salins, dont il est fait mention dans un journal allemand, ‘ Gerson et Julius, magazin der Auslandischen litteratur, Novembre 1829, page 458, fut des plus meurtrières.
“ Je citerai encore, parmi les plus importantes du mème
enre : “ 10. Celle de Millau, (en 1817), qui a en trois historiens ; “MM. Pougens, Fontaneilles et Desmonds.
‘* Le premier assure que plus de 200 vaccinés eurent la va: riole,
‘* Le second soutient que ces prétendues varioles n'étaient que des varicelles.
‘“ Et le troisième, chargé par la municipalité de Millau. d'en faire le recensement, réduit à 120 le nombre des vaccinés qui furent pris de la petite vérole.
20. Celle de la Martinique. en 1818, dont la relation communiquée par M. Lefort, témoin de l'épidémie, à M. Sédillot, dans une lettre du 12 mai 1819, accuse un grand nombre de vaccinés-varioleux. M. Lefort estime que l'épidémie atteignit un huitième des vaccinés. Il assure que tous ceux qui furent atteints étaient vaccinés depuis sept où huit ans, et que plusieurs d'entre eux succombèrent : quant aux nouveaux vaccinés, ils furent tous préservés.”
“ 30. Celle de New-Lanark (Angleterre, rapportée par Willan Gibson, qui a compté 322 malades, dont 251 après dvaccination, 11 après variole naturelle ou inoculée, et 3, après variole et vaccine. | 2 ‘40. Celle de Neuruppin (Allemagne), en 1819 et 1820, dont
le Dr Oelz rend compte dans le numéro de Janvier 1822 du journal d'Hufeland, et qui attaqua 200 individus, dont 25 vaccinés.
‘50. Celle de Philadelphie (Etats-Unis), en 1823, où l’épidémie prit un développement tel, ‘ que dans l’espace de sept mois il y a eu, d’après ce que Chapman croit pouvoir démontrer, quatre à cinq mille cas de variole chez les vaccinés seulement, sans compter les cas de variole naturelle chez les non-préservés, et une trentaine de seconde variole. ” (Steinbrenner.)
‘Je ne parle pas de celle de New-York, décrite par les Drs Blatekley, Monley, Smith Roger, Macheven et Bell : les chiffres qu’ils accusent me paraissent trop exhorbitants pour ne pas être exagérés.
“ Ils accusent que la plupart des varioleux étaient vacci. *
nés, et Bell affirme que le nombre des personnes prises de
variole après la vaccination était à celui des varioleux non !
vaccinés comme 3 : 1.”
“ 6o. Celle de Paris, en 1825, au sujet de laquelle Dance a |
prononcé ces paroles mémorables :
‘ C’est pendant cette année que la petite vérole sévit avec !
fureur, et que pour la première fois, du moins en France, la
vaccine se montra, sur une masse considérable d'individus, |
insufisante pour conjurer entièrement ce fléau redoutable. Un grand nombre de ces derniers furent, en effet, atteints d’une sorte de variole qui, bien que modifiée dans sa marche,
était trop ressemblante à la véritable variole pour ne pas être ! un rejeton de la même famille” (Archives générales de !
médecine, 1830, tome xxurr, page 493.) “ 7o. Celle de la Voulte, en la même année 1825, qui, au
dire du Dr Joyeux, son rapporteur, attaqua 45 vaccinés sur 4
180 (1 sur 4).
t 80. Celle de-Saint-Pol-de-Léon, en 1826, qui fut si meur- 4 trière, qu’en moins de cinq mois elle enleva un vingtième de .la population (285 sur 6,225 habitants), et qui attaqua tant de vaccinés, que le Dr Guillou, son historien, craignant de ! nuire à la vaccine, crut tout concilier en appelant du nom de ?
varioloïde l’éruption dont ils furent atteints.”
Je crois que ces citations sont suffisantes pour démontrer ;
l'impuissance de la vaccine à préserver de la variole, malgré que le Dr. Monteils les ait rapportées, ainsi que beaucoup d’autres accompagnées de réflexions, pour donner un certain prestige à la vaccination qui est en baisse à l’heure qu'il est, et qui avant dix ans sera honnie par tous les vrais amis de l'humanité.
La vaccination w’a été qu’un moyen d'entretenir la variole au milieu des populations. [Il y a au moins dix ans que cette pratique a été généralisée dans la cité de Montréal. et ses environs, et la variole n’a cessé d’exercer ses ravages jusqu'à ces derniers temps (juin 1880). Il y a douze ans,quand on a commencé à recommander la vaccination, je disais à la corporation par lavoix de la presse : ‘ On veut faire vacciner, mais aussi on verra la maladie se répandre parmi nous ; ” et malheureusement, ce que j'avais prévu ne s’est que trop réalisé. La vaccine est une maladie épidémique et contagieuse ; elle se communique comme toutes les maladies pestilentielles. Les mesures d'hygiène sont les seules qui doivent être employées pour prévenir la variole et diminuer ses ravages ; au contraire, on a négligé ces mesures pour avoir recours à la vaccination ! Cette pratique a-t-elle jamais eu pour effet d’en. traver ou de modifier les effets de la variole ? Non :elle n’a fait que propager cette maladie.
Le Dr Monteils dans ses observations sur les effets de la vaccination n’a-t-il pas dit, en parlant de la contagion de la variole, ‘que cette maladie épidémique a été provoquée par une cause spéciale primitive,” (la vaccination inoculatrice intempestive). Je m’appuie encore de l’autorité du même auteur, pour démontrer les avantages que procure l’hygiène contre l'extension de la variole durant les épidémies. A la page 105 de son ouvrage, il dit: ‘Je citerai un fait trèsremarquable que j'ai été à même d'observer pendant l’épidémie dont il est question, au chef-lieu de la commune de St. Germain-de-Calberte,
“Ce village situé dans la montauri. est placé à mi-côte et
bâti en amphithéâtre au-dessus et au-dessous d’une route |
départementale. Dans l'intérieur du village, cette route forme allée, et de chaque côté se trouvent les habitations des gens aisés, des petits négociants, des petits industriels, des gens enfin qui, par leur position, sont en quelque sorte obligés de se tenir propres et plus ou moins convenablement vêtus. La partie haute et la partie basse sont habitées par les petits propriétaires, par les agriculteurs et par les ouvriers cultivateurs.
Or, la partie centrale a été complètement respectée par l'épidémie. !
Et la variole ne s’est montrée que dans les habitations situées à la périphérie, même à une certaine distance du * village et complètement isolées ; dans celles qui sont occupées par les travailleurs de terre, par leur entourage forcé de 4 basses-cours infectes et d’écuries d'une malpropreté plus re- M marquable encore que celle des habitants. .
“Et ici,je n'ai pas même la ressource de donner pour explication à cette préférence le défaut de vaccinations : là,presque tous ceux qui ont été frappés par l'épidémie étaient bien et très-bien vaccinés.”’— J’ajouterai encore un fait à l'appui À du principe que je soutiens : que la vaccination ne préserve # pas de la variole :—
‘€ Mr. J. B. Duplessis, le 11 mars 1880, vint me demander & d'aller voir son fils âgé de 22 ans, demeurant No. 38 rue Notre-Dame. — Maladie: variole confluente. Ce jeune homme me dit qu’il avait déjà eu la variole étant encore en- # fant, malgré qu’il eût été bien vacciné ; il portait une cica- # trice vaccinale très-apparente et bien régulière, au bras droit. 4 La première attaque avait été confluente, et cette deuxième attaque était des pius malignes. La mort est arrivée le 20 Mars, la douzième journée de la maladie.” À
Partout, on le voit, les effets de la vaccination sont les mêmes. Cette pratique hideuse devrait ètre abandonnée pour # être remplacée par des mesures purement hygiéniques, 4 seules capables d’enrayer ou de modifier les maladies épidé- M miques. Malheureusement, les autorités municipales des #
LA VACCINATION. ai
grandes villes ont, au contraire, recours à la vaccination dans les épidémies de variole,
Depuis dix ou douze ans que nous avons à subir la présence de la variole dans cette cité, les quartiers pauvres sont ceux qui ont le plus souffert de la variole ; ce sont aussi ceux qui ont été le plus négligés sous le rapport des mesures hygiéniques, et ils sant encore ceux où on à le plus pratiqué la vaccination.
Enfin, pour terminer cette partie de mon étude sur la vacination, je ne puis faire mieux que de reproduire la lettre du Dr Boëns, de Belgique, à M. le Dr Labbée, directeur du “ Mouvement médical,” Paris. Je réunirai, plus tard, en un volume, les divers articles que j'ai publiés avec ceux qui ont paru dans la presse contre la vaccination.
J, EmEry-CoDERRE, Montréal, Novembre 1880,
LerTTRe pu Dr Boëxs À M. LE Dr LARRÉE, Mon cher Directeur,
‘4 A travers ies clameurs des praticiens qui, par conviction ou par intérêt, se déclarent partisans absolus de la vaccine et proclament leur foi dans son infaillibilité, il m'arrive de l’Angleterre et d’ailleurs des encouragements et des faits nombreux qui tendent à m’engager de plus en plus dans le camp des anti-vaccinateurs.
“ Je sais qu’on a étrangèment ‘ exagéré la vertu du vaccin, ” comme dit M. Papillaud dans l’Union médicale du 26 février, qui va jusqu’à proposer de revenir à l'inoculation directe de la variole, ainsi qu’on le faisait avant Jenner, tant l’insuffisance de la vaccine lui semble manifeste. Je sais aussi que, de l’aveu même des jennériens, la prééminence du vaccin animal sur le vaccin humain n’est pas établie. M. Jules Guérin préfère ce dernier ; le gouvernement belge a concédé l'exploitation exclusive du premier. On reconnaît généralement que les statistiques sur lesquelles on s'est appuyé pour faire admettre la puissance prophylactique de la vaccine sont
défectueuses, à tous égards, et que l'hygiène est appelée à jouer un rôle de plus en plus considérable dans l'application des moyens propres à prévenir les épidémies.
‘“ Pour le moment. c’est surtout ce que je voulais obtenir.
‘ Continuons, disais-je, après avoir battu en brèche l'engouement des vaccinateurs pour leur méthode, à étudier, sans prévention et sans parti-pris, tout ce qui se rattache à cette pratique décevante et surfaite ; voyons combien de sujets non-vaccinés sortent indemnes ou à peine eflleurés des épidémies de variole à côté de tant de vaccinés qui en sontatteints ou les premiers ou Le plus gravement dans la même famille ; signalons surtout les conditions hygiéniques et les états physiologiques qui ont rapport à chaque varioleux ; examinons de près tous les faits et scrutons attentivement les causes et les antécédents propres à chaque cas.
‘ N'est-ce pas là ce que nous devrions faire ?
“ Le plus grave reproche que j'adresse aux zélateurs de la vaccine, c’est d’avoir enrayé la marche de la vraie médecine préventive. On avait une telle confiance dans le vaccin qu’on se préoccupait peu dans nos villes, et principalement dans nos campagnes, des mesures de salubrité publique et d'hygiène privée dont nul n’oserait contester les vertus anti-épidémiques. Où a lâché, pendant trois quarts de siècles la proie pour Zombre.. Et c’est d'aujourd'hui seulement que nos sociétés de médecine publique cherchent à rattraper le temps perdu... grâce à la routine jennérienne.
‘ Revenons aux saines traditions ; ce n'est pas dans /'inorulation des virus, comme le veut M. Pasteur,que doit consister l'art de vivre, l’art de conserver sa santé au milieu des milliers d'agents qui la harcèlent sans répit. Les microbes, aérobies et anérobies qui emplissent l’atmosphère, mais c’est une partie de notre pâture ! Nous en dévorons par milliards chaque jour. Seulement, quand ils sont trop nombreux ou que uotre organisme est détraqué, ce sont eux, à leur tour, qui nous dévorent : c’est la concurrence vitale dans toute son
homicide et insecticide réalité, Ni trève, ni merci : il faut vi !
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veille ii à
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vre des infiniment petits, des poussières atmosphériques, des atomes dont nous ne sommes qu’un agrégat, ou leur servir d'aliment. Vous voulez lutter contre ces germes destructeurs par des inoculations successives ! Maïs attaquez-les dans leurs foyers, dispersez leurs phalanges, empêchez-les de s'accumu ler en masses compactes, et mettons-nous en mesure de les avaler et de les digérer quand ils ne sont ni trop multipliés, ni trop vieux pour être réfractaires à notre économie et deveniren elle une cause d'empoisonnement, de putréfaction et de mort.
Mais les vaccinateurs endurcis font la sourde oreille et continuent à étayer leur pratique sur des statistiques baroques. Voici, par exemple, le journal d’un grand vaccinateur devant Dieu! --qui publie des chiffres renversants pour les anti-jennériens, des chiffres «qui peuvent se passer de tout commentaire », selon la formule consacrée chez les statisti. ciens. Les hôpitaux de Londres ont reçu, en quatre années, 15,171 varioleux, dont 11,412 vaccinés et 3,759 non-vaccinés. 1,008 vaccinés ontsuccombé, soit 1 sur 11; 1,664 non-vaccinés ont subi le même sort, mettons 1 sur ?. Cela est renversant, paraît-il. Oui, quand on ne voit que la vaccine et la variole là où il faut tenir note de «beaucoup d'autres éléments.
‘ Ainsi, il est avéré que la variole naît ets’implante de préférenuce chez les sujets qui vivent dans la sazeré et la misère. J'ai vu récemment encore, à Marchiennes, des bataillons carrés de maisons infectes entourant des mares fangeuses où la petite vérole frappait indistinctement tout le monde, vaccinés et non-vaccinés. Les vibrions varioleux, n’en deplaise
jaux vaccinateurs, naissent de la pourriture et s’y trouvent très-bien. C’est un fait, Pour les empêcher de se fourrer dans nos interstices cutanés, pulmonaires et autres, il suffirait | de mettre un cache-nez et des manchettes (Lister) ou d'y in- Riinuer, à temps, une petite avant-garde (Pasteur et Jenner). | C'est ce que novs contestons, au moins en partie. Nous prétendons, quelque soit l’origine des microbes, qu'ils proviennent d'une génération improprement dite spontanée, d'évo/u-
tion où de #ansmission, que leur multiplication et leurs propriétés noscives sont, sous l'influence de certains états atmosphériques ou climatériques encore indéterminés, parce qu’on s’en est peu occupé jusqu’à ce jour,” etc.
‘“ Demandons-nous maintenant où vivent en Angleterre les sujéts non vaccinés ? Dans quelles conditions hygiéniques ?.…. Et quels sont ces individus, dans un pays où l’on a eu la triste inspiration de rendre la vaccine obligatoire, en dépit de l’habeas corpus, moins par conviction que par orgueil national, pour glorifier John Bull dans la personne de l'Anglais Jenner ? Dans la Grande-Bretagne, les non vaecinés se rencontrent dans les populations ignorantes, vagabondes, pour lesquelles les lois préventives sont comme non-avenues, et parce qu'elles ne les connaissent pas et parce qu'elles n’ont nul souci des pénalités attachées à leur infraction. Les vaccinés anglais, au contraire, appartienaent aux classes aisées de la société, qui vivent plus ou moins confortablement, bien logés, bien nourris. Les 3,759 varioleux de Londres non vaccinés ont été certainement recueillis dans les bouges de cette capitale.
Misère et saleté, débauche et usure prématurée, n’est-ce pas |
le sol propice à la prolifération des microbes ? Que, dans ces conditions, la variole tue un malade sur deux, quoi d’étonnant? Mais, ce qui m'étonne, c’est que parmi les sujets vaccinés admis à l'hôpital, on ait perdu un variolique sur onze. Ce chiffre malheureux n’a jamais été atteint dans les diverses
épidémies de petite vérole que j'aie vues, depuis 1848, à Liége
et à Charleroi.
“Vous admettrez avec moi, mon cher Directeur, que toutes ces statistiques vaccinales, « si renversantes, » pêchent par la base, ainsi que je l’ai démontré dans mon livre. On signale comme irréfutables des arguments exclusivement fondés sur des chiffres mal agencés, sur des faits imparfaitement interprétés, sur des unités discordantes qu'on entasse pêle-mèle dans un même total. Et quand nous demandons un peu plus
de lumière, un peu d'étude, d'examen, de réflexion et de cir- :
conspection d'un côté, moins de crédulité, d'engouement de
dé SC
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routine et d'entrainement de l’autre, on nous répond triomphalement, comme l’a fait récemment à Bruxelles un academicien de pacotille, grand faiseurs de petites compilalations : «Allons donc, vous êtes des fous !» Après de semblables répliques de la part de semblables personnages, il n’y aurait plus qu'à :e taire et à laisser le public se débrouiller avec le vaccin, les microbes, les épidémies, si on n’avait pas de poils... aux dents.
Je vous serre cordialement la main.”
HuBert BoExs.
Charleroi, 10 mars 1880.