‹ Étude sur la variole-vaccinChapitre 6 sur 36 · ETUDE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE HISTORIQUE

Le nombre des travaux qui traitent de la transformation variolo-vaccinale est tel qu'il convient de désirer, moins les analyser tous, que de faire un choix parmi eux. Cette étude historique a d’ailleurs été faite, jusqu'en 1892, avec une exactitude et une impartialité qui défient toute critique, par MM. Juhel-Renoy et Dupuy (27)!; aussi suffit-:1l, pour cette première période, de rappeler, dans chaque expérience, les éléments nécessaires à la discussion, en conseillant, pour plus de détails, de se reporter à cet exposé. Par contre, en l'absence de toute étude d'ensemble depuis 1892, il convient, pour cette seconde période, de chercher à faire ce que MM. Juhel-Renoy et Dupuy ont réalisé pour la pre-

mière.

Les premiers faits de transformation variolo-vaccinale firent observés ou réalisés dans des conditions trop différentes de celles que l’on recherche actuzllement pour que l’on doive longtemps s’y arrêter. Il suffit de rappeler que Jenner lui-même, s'il ne tenta pas d'inoculer la variole aux bcvidée, chercha à leur transmattre la maladie pustulerse du cheval. Puis vinrent en 1801 et

1 Les numéros entr: parenthèses renvoient à l'index )iblograpliqu: placé à la fin de ce travail.

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en 1802 Viborg (de Copenhague), qui aurait transmis la variole à diverses espèces animales, et (Gérard (de Charlestow) qui aurait vu une vache contracter au contact d'un varioleux une éruption vaccinale caractéristique. Il faut citer les noms de Woodville, de Turner et de Hunter ; celui de Gassner (de Salzbourg), qui, en 1807, aurait, par la variolisation, obtenu sur plusieurs bovidés, des souches vaccinales. Numann (d'Utrecht) et von Billing (de Stockholm) en 1825, Parola (de Bologne) en 1826, Mac Phail, en 1828, auraient réussi des expériences analogues. Sonderland, en 1830, aurait obtenu des pustules vaccinales en enveloppant des animaux dans la literie d’un varioleux. Ce sont enfin les travaux, plutôt critiques qu'expérimentaux, de John Baron (1) en Angleterre, et de Dupuy (26) en France.

En 1836 commence, avec les travaux de Thiele, suivis bientôt de ceux de Reiter et de Ceely, une ère nouvelle dans l’histoire de la transformation variolo-vaccinale.

Thiele (56) (de Kasan), après plusieurs essais infructueux, réussit à cultiver la variole sur des bovidés. En recouvrant de profondes incisions de virus variolique frais ou conservé depuis 10 à 15 jours entre deux lames de verre, 1l obtint des vésicules ombiliquées qui rappelaient celles de la vaccine. Inoculée à des enfants, cette lymphe, diluée et vieillie, donna des pustules locales, accompagnées parfois d’une éruption générale.

En 1839, Reiter (50) (de Munich), après cinq années de variolisalions infructueuses, malgré la multiplicité des conditions expérimentales, obtint enfin, au 6€ Jour, une pustule ayant tous les caractères d'un élément vaccinal.

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Inoculée à un enfant, elle détermina, en dehors d'une pustule d’inoculation vaccinale typique, l'apparition d’une quinzaine de papules disséminées en divers points du corps. Trois semaines après, une épizootie de cow-pox se déclara dans l’étable où se trouvait la vache variolisée avec succès.

Robert Ceely (7) (d’'Aylesbury) ayant remarqué l’apparition d’une éruption vaccinale sur des vaches qui avaient léché la literie d’un varioleux, décida d’inoculer trois animaux de cette espèce, à l’aide de sétons et de profondes piqûres arrosés de virus variolique. L'un de ces animaux eut, au dixième jour, une pustule vaccinale légitime ; un autre, variolisé à deux reprises, présenta quatre pustules vaccinales groupées ensemble. L'inoculation de cette lymphe à des enfants, leur communiqua, dans quelques cas, une variole atténuée. Pareil accident arriva à un des aides de Ceely.

Ces expériences furent confirmées, en 1840, par Adams (de Walthorme) et par Badcock (de Brighton), qui obtint d'emblée des boutons vaccinaux avec lesquels il inocula immédiatement des enfants.

Le débat qui se poursuivit devant l'Académie de Médecine (24) « sur l’Origine de la Vaccine » de 1862 à 1864, donna lieu à de passionnantes discussions. La doctrine de la dualité, si énergiquement défendue par Bouley, Reynal, Bousquet, y fut vivement attaquée par Depaul, Piorry, Bouillaud, Jules Guerin. Malgré les expériences, d’ailleurs négatives, et d'un intérêt secondaire, qui y furent relatées par Bergeron et Leblanc fils, Bouley, Bousquet, Leblanc et Depaul lui-même, ce

débat se tint plutôt sur le terrain de l'argumentation que sur celui de l’expérimentation. Cette lacune fut comblée par les travaux de la Commission nommée par la Société des Sciences médicales de Lyon dans le but de réaliser des « Recherches expérimentales sur les relations qui existent entre la variole ei la vaccine ». Cette Commission dite « Commission Lyonnaise » était présidée par M. Chauveau (11), assisté de Viennois et de P. Meynet. Dans des expériences qui portèrent sur Îles bovidés et les solipèdes, la Commission étudia comparativement les effets de l’inoculation vaccinale et de l’inoculation variolique. Elle réussit à transmettre la variole au bœuf et au cheval « avec la même certitude que la vaccine »; mais remarqua que celle-ci se manifeste par de larges pustules, tandis que celle-là ne détermine qu'une papulation si légère qu'elle peut passer inaperçue. Ces caractères ne peuvent être modifiés par des passages successifs, ni sur l'animal, ni sur l’homme : la variole resle ce qu'elle est ou s'éteint tout à fait ; transmise à l'homme, la variole qu’elle détermine n’est nullement atténuée.

Cette dernière conclusion, basée sur des inoculations malheureuses, réalisées d’ailleurs en dehors de M. Chauveau, est d’une importance pratique considérable puisqu'elle interdit, même en cas de pénurie de vaccin, de recourir à cette méthode.

Pour compléter le travail expérimental qu'il avait entrepris, M. Chauveau {12) réalisa de nouvelles expériences, publiées en 1870, sur l’ « Autonomie de la vaccine ». Il constata que l’inoculation simultanée, par piqûres distinctes, des deux virus pris sur des sujets

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différents ou sur le même sujet, détermine, sur le bœuf comme sur le cheval, deux éruptions qui marchent parallèlement avec leurs caractères spéciaux sans s'influencer nullement. D'autre part, un mélange intime de variole et de vaccine, inoculé au bœuf, engendre une éruption vaccinale pure, susceptible de produire sur l'homme, en 7° génération, une pustule vaccinale typique, car la variole s'éteint habituellement en 4° génération. Enfin M. Chauveau tenta quelques essais infructueux de variolisation par voie interne : respiratoire, digestive ou veineuse.

Cependant Vy (63) (d’Elbeuf), en -1866, Shortt, en 1863 et Senfft (54) (de Wiesbaden) en 1871, auraient réalisé des expériences en faveur de l'identité des deux virus.

La question de la transformation variolo-vaccinale semblait définitivement tranchée lorsque, après un silence de dix années, la discussion reprit à propos d’un cas que Broca (5) soumit à l’Académie de Médecine. Une malade, à la suite d’une revaccination, avait présenté une éruption généralisée qui, aussi serrée qu'une variole confluente, évolua cependant comme une varioloïde. Se basant sur l’aspect variolique de l’éruption secondaire, l’auteur en concluait, après Depaul, que « le virus vacein n'est que du virus variolique modifié ».

A la séance suivante, le 25 mai 1880, Pasteur (48), sans contester l'intérêl des expériences réalisées par la Commission Lyonnaise, faisait remarquer qu'il avait pu atténuer le virus du choléra des poules sans recourir au passage à travers les animaux : pour ce motif

les expériences réalisées jusqu'ici ne lui semblaient pas suffisamment démonstratives.

Ce fut cependant au procédé habituel qu'eut recours M. Voigt (de Hambourg) en avril et mai 1882 (57), lorsqu'il inocula de la lymphe variolique à trois animaux. Les deux premiers présentèrent une éruption papuleuse analogue à celles qu'avait décrites M. Chauveau. M. Voigt, en raison de la ressemblance qu'il lui trouvait avec une vaccine avortée, la considéra comme telle.

La troisième génisse fut variolisée en cinq points

et simultanément vaccinée en une autre place. La vaccine suivit son cours habituel. Une des cinq piqüres varioliques évolua et donna naissance à une pustule ronde, grisâtre, plate, sans ombilic et sans aréole bien marquée. Reportée au veau, par cinq piqûres scrotales, cette lymphe engendra, au sixième jour, de très belles pustules vaccinales. Cette lymphe, inoculée à un enfant, provoqua, du douzième au seizième jour, une éruption secondaire qui prouvait qu'on avait encore affaire à de la variole. À partir de la vingt-et-unième génération, la lymphe obtenue ne se différenciait plus du vaccin ordinaire que par une activité un peu plus grande.

M. Voigt pensait donc que la variole inoculée aux bovieés peut se comporter de deux manières. Le plus souvent elle produit, au point inoculé, un exanthème noduliforme qui représente la forme abortive de la maladie et dont la lymphe ne tarde pas à s'éteindre : évolution en deux semaines. Rarement elle produit des pustules de variolovaccine qui représentent la forme parfaite de la variole bovine. La lymphe, très active, en est indéfiniment

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transmissible et devient vaccin après quelques générations : évolution en trois semaines.

Ignorant d’ailleurs les conditions favorables à l’obtention de la forme parfaite, M. Voigt ne peut que recommander de placer les animaux en des endroits frais, de faire les inoculations par des incisions ou des scarifications, et de recueillir la lymphe variolique au début de l’éruption.

Cette expérience fut discutée dès 1884, par M. Berthet{3) qu estimait qu'une inoculation vaccinale accidentelle avait pu se produire.

M. Voigt, en 1892, répondit à cette critique en insistant sur les caractères différentiels de la Iymphe variolovaccinale : la maturation plus lente des éléments qui se desséchaient sans devenir purulents, la limpidité de la nouvelle lymphe qui restait fluide dans les tubes capillaires, sa plus grande activité et sa meilleure conservation. Ces caractères devaient d’ailleurs s’atténuer avec le temps.

La souche variolo-vaccinale de 1881 fut, en effet, employée pendant près de 20 ans dans le service vaccinal ordinaire de Hambourg et M. Voigt eut, de nouveau, l’occasion de vanter ses bons effets. Lorsque 11 années plus tard, il dut, suivant les prescriptions allemandes, revacciner les enfants qui, en 1881, avaient été inoculés avec cette lymphe, il remarqua que leur immunisation contre la vaccine était beaucoup plus marquée que celle de ceux qui avaient reçu, à la même époque, de la lymphe vaccinale ordinaire (58).

Cependant, quelques années plus tard, en 1900, une Commission fut nommée dans le but de comparer les

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résultats des revaccinations à Hambourg et à Francfortsur-Mein. La souche variolo-vaceinale de 1881 élait perdue. La Commission putseulement constater qu'à cette époque éloignée, il n’y avait plus grande différence entre limmunité conférée par la variolo-vaccine et celle qu'avaient produite les souches vaccinales banales (18).

Ajoutons que Voigt, qui devait d’ailleurs être plus heureux ultérieurement, fit encore, vers 1881, plus de dix essais intructueux. La seule réussite concernait donc un animal qui avait été simultanément inoculé de

variole et de vaccine.

En 1883 Warlomont (de Bruxelles) (64), partant de considérations théoriques, appuya sa conception uniciste de nouvelles expériences. À son avis la variole, le horse-pox et le cow-pox sont identiques, à celte différence qu'ils représentent une maladie de plus en plus atténuée et « ayant perdu cette parte de sa virulence qui la rendait propre à la propagation à distance et à la disséminalion interne, susceplible d'éveiller le cortège des symptômes généraux si imposant chez l'homme. » Or, de même qu'une différence de deux à trois degrés seulement sépare la température oplima pour la cullure de la bactéridie charbonneuse de celle où cette culture est tuée ; de même, la différence de température qui sépare les bovidés (39) des équidés (38°25) et de l'homme (375) suffit à expliquer en partie la déchéance correspondante de la virulence et, par là même, les différences quant au mode de propagation, à l'intensité des manifestations morbides, à la fréquence relative des deux maladies et à l'état épidémique où endémique.

Les expériences de Warlomont portèrent sur des chevaux. Ils furent inoculés de variole ou de vaccine par vole cutanée, veineuse, lymphatique, sous-dermique, digestive ou respiratoire. Les résultats furent ou nuls ou médiocres. L'auteur en conclut donc que, contrairement à l'avis de M. Chauveau, l'organisme du cheval constitue un détestable terrain pour la culture de la variole ou de la vaccine. La variole est, à l'origine, admise dans l’organisme des bovidés où des équidés, « elle y subit une alténuation d’où résulte ce qu'on est convenu d'appeler le vaccin. » Cette alténuation étant moindre chez le cheval que chez le bœuf, le horse-pox s'éloigne moins de la variole que le cow-pox.

M. Berthet {de Lyon) (3), en 1884, renouvela les expériences de Warlomont dans le but de démontrer l’assimilation faite entre le charbon malin el la variole d’une part ; le charbon atténué el la vaccine de l’autre. Il se basait sur cette notion que le même virus agit différemment suivant son intensité, les milieux de culture, le mode d’inoculation.

Ainsi que l’ont montré MM. Arloing, Cornevin et Thomas, le charbon symptômatique introduit dans le üssu cellulaire est mortel. Dans le système circulatoire, il donne l'immunité contre le charbon. L’inoculation inlra-veineuse de vaccine, nulle comme effets extérieurs chez le bœuf, provoque assez souvent chez le cheval. d'après M. Chauveau, une éruption semblable au horsepox nalurel. Il est donc logique de rechercher si la variole injectée dans les veines du cheval s’y comporte aussi activement que la vaccine et si ce n’est pas sur cet

animal vaccinogène par excellence que se fait la transformation de la variole en vaccine,

Dans ce but, il variolisa douze chevaux par voie cutanée. Les résultats furent les suivants : cinq n’eurent pas d'éruption ; six accusèrent une éruption papuleuse discrète ; un seul présenta quelques grosses vésicules qui n'étaient pas de nature vaccinale, car leur inoculation à une géuisse resta sans résultat. La vaccination consécutive avorta, excepté sur les trois animaux qui n'avaient présenté aucune éruption.

L'injection intra-veineuse est donc impuissante à transformer la variole en vaccine. ;

En 1886, Fischer (28), directeur de l’Institut vaccinal de Carlsruhe, devait reprendre avec succès les expériences de transformation variolo-vaccinale, non que, à son avis, l'identité des deux maladies ne fut pleinement démontrée ; mais afin de convaincre ceux qui hésitaient encore. Si la théorie uniciste avait en Allemagne de nombreux partisans tels que MM. Pfeiffer, Hébra, Wunderlich, l'opinion dualiste, classique en France depuis les travaux de M. Chauveau, y trouvait des défenseurs tels que Pissin. MM. Küsmaul, Strumpell étaient hésitants.

Fischer attribuait les insuccès de M. Chauveau tout à la fois au virus employé et au mode d'inoculation. Aussi conseillait-11 de remplacer les simples piqûres par des scarifications et des incisions cruciales. Afin d'obtenir la partie active de la pustule au moment de sa plus grande virulence, Fischer inoculait non seulement la lymphe, mais la pustule toute entière raclée à

fond, avec une lancette, chaque jour depuis l'apparition des éléments jusqu'au début de leur suppuralion. Ces produits étaient inoculés immédiatement ou conservés entre deux lames de verre stérilisées.

Le- 2 avril 1886, il inocula ainsi une génisse dans la baraque même des varioleux de Pforzheim. Le sixième jour apparurent sur l'animal des pustules ombiliquées qui ressemblaient à des éléments vaccinaux. Cette lÿmphe, inoculée à des enfants, en 12° génération, fournit une vaccine typique. Depuis cette époque cette souche a été couramment employée.

Quatre années plus tard, le 1% avril 1890, Fischer devait réussir une seconde fois, dans des conditions moins irréprochables il est vrai, puisque l'inoculation fut pratiquée dans l’Institut vaccinal de Carsruhe. Des précautions minulieuses avaient été prises dans l’étable bien ‘désinfectée ne se trouvait aucun autre animal ; les instruments avaient été stérilisés. Comme sur la première génisse, apparurent de très belles pustules vaccinales dont la lymphe en 3° génération, servit à inoculer le propre fils de Fischer. « Le résultat fut parfait ». Cette nouvelle souche, comme celle de 1886, fut pendant longtemps couramment employée.

Tandis que Fischer poursuivait sa deuxième expérience, Haccius (34), directeur de l’Institut de vaccine animale de Lancy-Genève, tentait, en collaboration avec M. Eternod, professeur à l'Université de Genève, de régénérer sa souche vaccinale, faute de cow-pox ou de horse-pox naturel, en fabriquant de la variole-vaccine. Les inoculations furent faites dans l’Institut vaccinal

même. Haccius eut préféré opérer dans un autre milieu, mais 1l rappelle :

1° Que toutes les précautions désirables ont été prises pour éviter une inoculation accidentelle de vaccine ;

2 Que. Thiele, Ceely, Badcock, opérèrent dans des milieux exempts de germes vaccinogènes et que Fischer inocula sa première génisse dans un baraquement de varioleux ; |

3° Que, comme nous le verrons ultérieurement, M. Chauveau ne met pas en doute la nature variolique du variolo-vaccin de Lancy ;

4° Qu'un veau rasé, porteur de piqüres, d'incisions, de dénudations et de scarifications, mais non inoculé, fut, sans résultat, placé pendant 15 jours dans l’étable des animaux vaccinés. D'ailleurs des places scarifiées, mais non inoculées, furent réservées sur plusieurs veaux en expériences et restèrent intactes.

Haccius inocula non seulement des veaux, mais aussi des bovidés adultes, afin de vérifier les résultats de NM. Chauveau, qui, sur les bœufs, n'avait réussi à obtenir qu'une éruption papuleuse impossible à transmettre au delà de la 3° génération.

Les veaux, âgés de 3 à 4 mois, furent variolisés par piqûres, incisions superficielles, scarifications et surtout dénudations du derme au papier de verre, procédé nouveau inventé par M. Eternod.

La lymphe plus ou moins limpide, quelquefois purulente, fut conservée dans des tubes capillaires jusqu’au moment de l’inoculation. Celle-ci fut faite par frichion et on eut toujours soi de ne détacher l'animal que lorsque la semence fut sèche.

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Le premier veau inoculé avec de la lymphe varioliquehyaline, présenta au 6° jour, à côté de nodules abortifs, une pustule typique dont l'inoculation, à un second animal, ne détermina qu'une poussée rudimentaire.

Dans une seconde expérience, l'inoculation au veau de la lymphe un peu purulente d'une variole hémorragique produisit, au 4° jour, sur le serotum, à côté de quelques petits nodules rouges, une pustulette blanche, semblable à un élément vaccinal de même âge. Le lendemain apparût à côté d’elle une seconde pustule plus petite. La lymphe des pustules et des nodules récoltée séparément fut imoculée à une seconde génisse. Les points ensemencés avec la lymphe de la première pustule se couvrirent d’une éruption pustuleuse vaccinale typique, tandis que, aux autres places, on observait seulement une éruption croûteuse mal caractérisée. En troisième passage, les pustules poussèrent mal, excepté celles du scrotum qui, récoltées et inoculées, donnèrent en 4° génération, des pustules spontanées au voisinage des inoculations. Cette souche fut volontairement abandonnée à la quatorzième génération. Toutes les contre-épreuves vaccinales furent négatives.

La troisième expérience fut aussi démonstrative. Inoculées avec la lymphe d’une variole confluente, les scarificaltions et les dénudations se couvrirent de pustules, auprès desquelles on remarqua une belle pustule spontanée. L’ayant récoltée à part, on recueillit la lymphe des autres pustules pour transmeltre, par passages successifs, cette souche nouvelle. En deuxième génération, l'éruption fut peu franche, mais à partir du troisième passage, elle fut si caractéristique que MM. Révilhod, Reverdin,

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