‹ Étude sur la variole-vaccinChapitre 7 sur 36 · ES PP · texte numérisé non relu

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Dunant, Vincent et Cristiani (de Genève), ne purent reconnaître un veau ayant été inoculé du cow-pox seul, d'un autre animal inoculé, en lignes alternantes, du cow-pox et du variolo-vaccin. Celui-ci, récolté le 20 janvier et réinoculé le 25 avril, produisit l’éruption dont la lymphe fut envoyée à M. Chauveau deux mois et demi plus tard, le 14 juillet 1891.

Quatre nouvelles expériences donnèrent des résultats identiques : une ou plusieurs pustules en première génération ; une éruption typique dans les passages ultérieurs.

Sur le mouton plusieurs tentatives de variolisation farent également couronnées de succès ; mais les expériences ne furent pas poursuivies dans cette direction. Echec, au contraire, d’une inoculation au cheval par incisions el par piqüres.

Avant de reporter sur l'enfant la lymphe variolo-vaccinale qu'ils venaient d'obtenir, MM. Eternod et Hacaius s’inoculèrent l’un à l’autre la lymphe de cinquième génération de la troisième expérience. L'un vacciné depuis peu, n'eut rien ; l’autre qui avait eu la variole en 1871 el avait été vacciné avec succès en 1882, eut une faussevaccine.

Ils se décidèrent alors à inoculer à l'homme leur variolo-vaccin à partir de la 6° génération, soit seul, soit comparativement avec du vaccin, sur le même bras, ou sur l’un et l’autre bras. Sur les adultes revaccinés, les résultats furent nets dans deux cas où l’on observa l'évolution simultanée, identique et normale des deux lymphes. Il en fut de même chez les primo-vaccinés.

Avec le variolo-vaccin de Haccius, MM. Affter (de Frauenfeld), Thomas (de Genève), Pfeiffer (de Weimar),

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Fischer {de Carlsruhe) obtinrent des résultats excellents sur l’homme et sur les animaux. |

L'inoculation aux vaches fut faite à la vulve, suivant le procédé de Chauveau. Ne disposant plus de lymphe variolique, Haccius recourut à son variolo-vaccin que M. Chauveau considérait comme de la variole pure. Ces expériences furent faites hors de l’Institut vaccinal de Lancy.

La première série porta sur six animaux. L'un, servant de témoin, fut inoculé du cow-pox ; les deux autres de variolo-vaccine. Chacun des trois animaux présenta une pustule dont l'aspect et l’évolution différaient suivant leur origine : les pustules varioliques élaient plus grandes et moins régulières, elles se résorbaient plutôt qu'elles ne séchaient : leur desquamation avait lieu du 23 au 26°, au lieu du 26 au 29% jour. —- Cette lymphe variolique, au deuxième passage, se rapprochait de la lymphe vaccinale et dès la 3° génération lui ressemblait absolument comme évolution. L’expérience ne put être poussée plus loin, l'animal inoculé en quatrième passage, s'étant montré réfractaire à la suite vraisemblablement d'une atteinte de cow-pox, l’année précédente.

Dans une seconde série d'expériences, Haccius inocula à côté du cow-pox et de sa souche variolo-vaccinale, le variolo-vaccin de Carlsruhe, envoyé par Fischer. Cette dernière lymphe se vésiculisa un Jour plus tôt.

Enfin, dans une dernière série d'expériences, Haccius inocula simultanément, au même animal, du vaccin et du variolo-vaccin de quatrième génération : la diffé-

renciation des pustules fut impossible,

Ainsi, pour Haccius, l'on peut inoculer avec certitude la variole à l'espèce bovine toute entière. Il suffit d'employer un virus récollé en temps opportun et de recourir à un mode opératoire favorable. Tandis que les incisions et les piqûres ne donnent que de petits nodules non cultivables, les scarificalions et les dénudations fournissent, dès les premières générations, des pustules qui prennent rapidement les caractères d’une vaccine typique. Cependant, ces pustules variolo-vaccinales sont souvent plus velumineuses, surtout dans les premières générations, comme l’ont déjà observé Reiter, Thiele, Ceely, Voigt et Fischer, et évoluent plus lentement que la vaccine, mettant parfois six et huit jours à devenir purulentes. Leur conservation estanalogue, mais, suivant la remarque de M. Voigt, le variolo-vaccin est plus fluide el moins facilement coagulable que la Iymphe vaccinale. Ces deux virus peuvent évoluer côte à côte et s'immunisent l’un vis-à-vis de l’autre.

Les expériences d'Haccius furent le point de départ d’une polémique entre MM. Chauveau, Haccius, Eternod et Fischer. Pour M. Chauveau (13), il n'existe, entre les expériences de la Commission Lyonnaise et celles de Fischer et d'Haccius, qu’une seule différence suscepble d’avoir permis la transformation variolo-vaccinale : le jeune âge des animaux employés. Or, il ne paraît pas qu'on puisse lui attribuer la pustulation si abondante qui apparut là où Ceely n'avait eu que de très rares pustules. M. Chauveau décida done d’expérimenter l'échantillon de variolo-vaccin que Haccius venait de lui adresser, mais il préféra recourir aux bovidés adultes, dont 1l connaissait les réactions : pustule vaccinale ou

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papule variolique. Il inocula à Alfort, avec Trasbot, par piqûres à la vulve, quatre vaches qui furent laissées aux soins du même vacher. L'une, inoculée de horse-pox naturel, eût une vaccine typique; sur la seconde, la lymphe de Lancy détermina une éruption papuleuse difficilement inoculable à la troisième. Quant à la quatrième, elle présentait, comme la seconde, une simple éruption papuleuse, lorsque, sur des papules en partie résorbées, se greffa au huitième jour, une belle pustule vaccinale et, au quinzième, une pustulette vraisemblablement de même nature, qui avorta. On les attribua logiquement, non pas à une transformation vaccinale partielle, où à une contamination vaccinale accidentelle de la récolte de Lancy; mais à une inoculation accidentelle par le vacher qui promenait la même brosse sur les animaux vaccinés et sur ceux variolisés.

Les résultats de ces expériences conduisirent M. Chauveau à maintenir ses conclusions précédentes : chez les bovidés, la variole reste variole ; mais 1l est possible que les veaux se prêtent mieux à la culture de la variole que les animaux adultes. La relation qu'il fit devant l’Académie de médecine, de ces nouvelles expériences, fut pour lui l’occasion de poser et de résoudre la question de la Transformation des Virus.

M. Chauveau ne put convaincre Fischer, qui lui reprochait de s’en être tenu, au lieu de suivre le manuel opératoire de Lancy, à la vieille méthode des piqûres à la vulve. Quant à la contamination vaccinale accidentelle, elle était, à son avis, impossible dans les expériences de Carlsruhe.

De l'avis de Haccus, l’affaiblissement, sous une

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cause quelconque du variolo-vaccin de Laney, envoyé à M. Chauveau, peut expliquer ses insuccès, qui sont en opposition avec les résultats ordinaires de MM. Fischer et Pfeiffer. Il est done vraisemblable que les papules observées par M. Chauveau ne sont pas de la variole ; mais une vaccine avortée qui, peu virulente, a mal supporté un second passage. Ainsi, la pustule vaccinale observée sur l'un des animaux, n’est pas forcément accidentelle et son évolution tardive s'explique fort bien par le retard habituel de l'évolution des vaccins anciens ou altérés. Ce ne peut être, en effet, l’âge des animaux qui favorise sur eux la culture de la variole puisque les bovidés adultes inoculés à Lancy ont réagi comme les veaux. Enfin, il n'y aurait aucun danger pour Haccius à inoculer la variole à l’homme, à condition d’avoir soin de n'employer que du virus de 7° génération : la preuve en est faite par les résultats de MM. Haccius, Pfeiffer, Thomas, Affler, sans parler des milliers d'individus inoculés sans aucun accident, par Thiele, Ceely, Voigt, Fischer.

Pour M. Eternod, M.}Chauveau non seulement ne s’est pas placé dans les conditions des opérateurs de Lancy, mais encore 1l n'a pas eu une technique irréprochable, si l’on s'en rapporte à l'histoire du vacher qui brossait « rudement » les animaux au risque de déterminer l'avortement du variolo-vaccin.

C'est pour ces motifs que MM. Eternod et Haceius (34), malgré les nouvelles expériences de M, Chauveau, maintinrent leurs conelusions primitives. Il convient d'ajouter qu'au Congrès vaccinal (14) qui se tint à Vienne en 1894, Haccius fit connaître le résultat de

nouvelles expériences faites pour éviter le reproche d'une contamination accidentelle, hors de l'Institut vaccinogène : aucune ne fut couronnée de succès.

W. G. King (40), en 1889 et 1890, inocula, dans les Indes anglaises, la variole au veau dans le but d'obtenir une souche vaccinale eflicace. Dès sa première expérience, 1l observa des vésicules aux places inoculées. La lymphe qu'il recueillit se comporta, pendant ses passages successifs sur l'animal, comme une lymphe vaccinale ordinaire. Il n’hésita donc pas à inoculer deux enfants avec la lymphe de septième. génération ; puis la mit graduellement en service sans observer jamais le moindre accident.

Deux ans après, en 1892, M. Hime (38) (de Bradford), se servit de la lymphe variolique fraîche d’une malade qui devait mourir ultérieurement de sa maladie pour inoculer un veau par quinze incisions et trois dénudations. Cette inoculation fut faite sur la table à vaccination ordinaire el l'animal y resta attaché une demi-heure après l’inoculation. Dès le 3° jour on vit apparaître des papules situées, pour la plupart, en dehors des points inoculés. Le 7° jour, elles se püstulisèrent et prirent un aspect vaccinal si encourageant que le 8° jour M. Hime et un de ses Assistants s'inoculèrent la lymphe nouvelle. Revacciné depuis peu, M. Hime n'eut qu'une fausse vaccine ; quant à son Assistant, qui n avait pas été revacciné depuis son enfance, 1l eut une réaction atténuée typique. La contre-épreuve vaccinale pratiquée sur le veau fut négative.

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Inoculée à un 2° veau, puis à un enfant, reportée alors sur un 3° animal et, de là, sur plusieurs enfants, cette lymphe se comporta toujours en vaccine typique. Un échantillon de la-lymphe vaccinale de 2° génération fut envoyée à Fischer. Entre ses mains elle se comporta comme une lymphe vaccinale ordinaire.

C’est en 1892 également que M. Monckton Copeman (22) réalisa une première série d'expériences de variolisation des bovidés et des singes. Dans l'ignorance où il était à ce moment des travaux de Buist (6) (d'Edimbourg), il voulait vérifier si ces animaux, contrairement à l’opinion généralement admise à cette époque, étaient capables de contracter la variole et la vaccine et par conséquent suscephbles de servir au contrôle des expériences qu'il poursuivait sur la bactériologie de la lymphe vaccinale. Les inoculations, pratiquées sur le bras, la cuisse et le dos préalablement rasés et aseptisés, furent couronnées de succès. Elles lui permirent de donner une description exacte de l’évolution de la vaccine et de la variole sur le singe et de vérifier l’immunisation qui en résulte. Il eut même l’occasion d'observer, dans un cas, la généralisation de l’éruption variolique. Mais, à cette époque, 1l ne poussa pas plus loin ses expériences, ne songeant pas encore à uüliser la lymphe variolique primaire à l’inoculation des bovidés.

C'est donc au procédé ordinaire qu'il eut recours dans les expériences qu'il pratiqua sur ces derniers animaux. Sur 4 tentatives de transplantation variolo-vaccinale, une seule fut couronnée de succès : mais cette souche ne fut pas continuée au delà du troisième passage sur le veau et

RD Ci ne fut pas inoculée à l'homme. Dans le but d'éviter toute contamination vaccinale, ces expériences furent faites à

l'Institut Brown, avec de grandes précautions d’aseptie. En voici le résumé :

Première expérience. — Le 11 août 1892, on inocule par ivcisions et scarifications, une génisse avec de la lymphe variolique recueillie à l'Hôpital Maritime de Londres sur une malade atteinte de variole discrète. Le % jour, les scarifications sont recouvertes d'une croûte légère ; le 4° jour, quelques-unes des incisions, surtout les plus postérieures, surplombent légèrement ; de plus on remarque, à la face interne des cuisses, quelques petits nodules indépendants des points d’inoculation. Le & jour, on exprime et on gratte trois des incisions récoltant de la Iymphe et des eroûtes. La contre-épreuve vaccinale pratiquée un mois après, ne donne aucun résultat.

Une 2° génisse est variolisée avec la semence qu’on vient de récolter sur le veau précédent. Le 2 jour, les incisions sont tuméfiées ; le 4°, on procède à la récolte. Un mois après, l'animal est absolument réfractaire à l’inoculation vaccinale.

La 3° génisse est inoculée, le jour même de la récolte, avec la Jymphe recueillie sur le deuxième animal. Le 4° jour, par places, le bord des incisions est nettement vésiculeux.

Pour des raisons d'économie, cette série n’est pas poussée plus loin, et l’auteur ne se croit pas autorisé à inoculer cette Ilymphe à des enfants.

Deuxième expérience. — Le 29 novembre 1892, il variolise une génisse sans succès ; 9 jours après, il revivifie les incisions et procède à une nouvelle inoculation qui, comme la première, reste sans résultat.

Troisième expérience. — Le 12 décembre 1892, une génisse est inoculée par 48 incisions avec de la lymphe provenant d’une variole confluente. Le 3° jour, une rougeur légère est visible au voisinage de toutes les incisions ; de plus quelques petits nodules sont perceptibles au toucher sur la face interne de la cuisse droite.

Une maladie de M. Monckton Copeman l’empêcha de poursuivre

cette expérience qui s’annonçait comme devant être couronnée de succès.

Quatrième expérience. — Elle n’est relatée que pour mémoire car M. Monckton Copeman ne peut s’en occuper personnellement. Quelques vésiculettes apparaissent dont on prélève le lymphe pour l’inoculer, sans résultat d’ailleurs, sur un autre animal.

Pendant que M. Copeman réalisait en Angleterre ses expériences de variolisation du singe, Eïlerts de Haan, à Batavia, poussait plus loin des recherches similaires et transmettait aux bovidés la maladie des singes.

Il employa des macaques (macacus cynomolgus), en raison de la facilité avec laquelle on s’en procure dans les Indes Néerlandaises. Les inoculations furent faites sur le dos préalablement rasé et aseptisé par lavage avec une solution d'acide. borique et d'acide salicylique. La lymphe qu'il employa dans les premières expériences provenait d'une variole confluente. Transmise sur un singe, elle donna en une semaine des pustules d’inoculation typiques, ainsi que quelques éléments sur les lèvres et les extrémités.

La semence variolique prélevée sur le premier singe fut transmise à un deuxième qui, sept jours après, présenta de belles pustules tusionnées aux points d’inoculation. Cette souche put être transmise de singe à singe Jusqu'à la 7° génération, jamais plus loin.

La lymphe de 6° et celle de 7° génération inoculées à des veaux déterminèrent des éruptions pustuleuses impossibles à différencier du cow-pox. Cette semence reportée, en deuxième passage, sur un autre veau, donna un résultat parfait.

Dans une seconde série d'expériences, M. de Haan

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reproduisit sur le veau une éruption vaccinale typique avec une Îymphe variolique qui avait subi quatre passages sur le singe. Il cultiva avec succès cette nouvelle souche sur les bovidés, Jusqu'à la 8° génération.

Ultérieurement ni les singes, ni les bovidés ne réagirent aux inoculations vaccinales.

Mais M. de Haan n'osa pas transmettre à l’homme la lymphe ainsi obtenue. « Je reconnais, écrit-il, qu'il manque à ma démonstration d'avoir reporté la variole mitigée du singe à l’homme : c'est une expérience que je ne me suis pas cru en droit de faire. L'expérience de Chauveau enseigne à être prudent et je ne me croirais autorisé à faire cette expérience que si le

vaccin ordinaire, dont je me sers, me manquait au

moment d’une épidémie. Mais j'espère qu'on répétera mes expériences à ce sujet. »

En 1896, l’année même où paraïssaient ces lignes dans les Annales de l'Institut Pasteur, M. Béclère reprit ces expériences. Il s'occupait, à celte époque, avec Chambon et Ménard, des propriétés du sérum des vaccinés et des varioleux, et avait déjà inoculé sans succès plusieurs chevaux, une génisse et deux pores; un de ces derniers animaux avait seul présenté quelques papules éphémères. L'inoculation à la génisse de la lymphe primaire d’un singe inoculé en 1r° génération ne donna rien (2); mais un mélange des pulpes prélevées sur trois singes inoculés en passages successifs détermina l'éruption, près des tétines, d'une « trentaine de petits vésisules, les unes à peine perceptibles, les autres plus étendues, arrondies ou ovales, atteignant 2 à 3 cent. »

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Des circonstances imprévues empêchèrent M. Béclère de continuer ces recherches, la nature vaccinale de ces pustulettes ne put être recherchée et ces travaux reslè-

rent inédits !.

La même année, en 1893, MM. Pourquier (49), directeur de l’Institut vaccinal de Montpellier, et Ducamp, reprirent, avec la technique qui avait à l'étranger donné de tels succès, les expériences de transformation variolovaccinale depuis si longtemps abandonnées en France. Elles furent pratiqués dans l'Institut vaccinal, avec d’ailleurs, de minutieuses précautions.

Par piqûres, incisions, scarifications et dénudations au papier de verre, M. Pourquier inocula, le même jour, 2 génisses, l’une avec de la lymphe variolique non purulente, l’autre avec du vaccin. La prernière ne présenta le long des inoculations qu'un fin liseré rapidement desséché ; l’autre, au contraire, accusa une éruption vaceinale typique.

Afin qu'on ne puisse objecter que la gémisse variolisée était naturellement réfractaire à la variole, M. Pourquier inocula une troisième génisse, variolisant les flancs en même temps qu'il vaccinait le côté droit de l'encolure. L'éruption fut en lous points comparable à celles qu'avaient présentées les deux premières génisses,

M. Pourquier erut donc pouvoir rejeter la possibilité de la transformation variolo-vaceinale ; c'estce qu'il fit devant l'Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier, le 25 décembre 1892. Et pourtant, à ce moment même, une nouvelle expérience allait lui rendre tous ses doutes.

1 Nous remercions vivement M. Béclère de l’extrême obligeance avec laquelle il nous a communiqué ses intéressants travaux.

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Ayant variolisé une nouvelle génisse, 1l obtenait les mêmes résultats que précédemment, lorsque le 8° jour, une petite pustule variolique se développa en même temps que la température de l'animal montait à 4001.

Aussi, dans la séance du 9 Janvier 1893, M. Pourquier modifia-t-1l ses conclusions. Cependant, partisan convaineu d’une asepsie parfaite « avant, pendant et après l’inoculation », 1l se proposait de reprendre ses expériences dans des conditions qu'il déterminait el, en particulier, en dehors d’un Institut vaccinal. Ce sont ces conditions

qu'ont réalisées MM. Juhel Renoy et Dupuy (27).

Ces expériences furent faites à l'hôpital des varioleux d’Aubervilliers, du 6 août 1893 au 10 janvier 1894, dans des conditions parfaites.

Une étable, construite spécialement, abritait les animaux envoyés directement de leur pays d’origine. La contre-épreuve vaccinale fut faite dans une étable différente à laquelle était affecté un garçon spécial. Les instruments et Îles harnais étaient neufs. Le virus variolique fut toujours recueilli avec la plus grande asepsie par les expérimentateurs eux-mêmes. Il fut inoculé tantôt plusieurs semaines, tantôt quelques minutes seulement après la récolte, par piqûres, incisions, scarifications et dénudations sur le nez, l'abdomen, la région mammaire et la vulve.

Quatre génisses et, pour suivre le conseil de Thiele, une vache sur le point de vêler, furent variolisées en 310 endroits avec de la lymphe variolique recueillie du 2° au 10° jour de l’éruption, dans vingt-trois cas de variole dont deux discrètes et vingt-et-une graves.

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Sur les incisions ensemencées avec les éléments recuelllis à partr du 6° jour de l’éruption, la cicatrisation se faisait avec rapidité, sans rougeur ni gonflement ; ailleurs la cicatrisation tardait un peu et s’accompagnait d’un peu de gonflement, d’induration et de rougeur. Seul un animal présenta cinq papules indiscutables aux points Inoculés.

La contre-épreuve vaccinale donna trois insuccès et deux succès difficiles d’ailleurs à expliquer, soit que la vaccination ait été trop hâtive, soit que ces animaux aient élé d'avance réfractaires à la variole et à la vaccine.

MM. Juhel Renoy et Dupuy inoculèrentsans succès à une génisse les produits de raclage d’une des génisses varliolisées. La contre-épreuve vaceinale fut positive.

Aussi, malgré tout ce qu’a de séduisant l'hypothèse de l'identité de la vaccine et de la variole, les auteurs s’en tiennent-ils aux conclusions dualistes françaises.

La variole est inoculable aux bovidés dans la plupart des cas et la vaccine avorte chez les animaux variolisés avec succès. Mais la variole des bovidés se traduit par une papulation éphémère qui d’ailleurs ne ressemble en rien à l’éruption vaccinale vraie. D'ailleurs, la variole cultivée sur les bovidés s'éteint après une ou deux générations.

Par ailleurs, ni l’âge de l’animal, ni l'âge, la virulence, les voies diverses d'introduction, les procédés d'inoculation du virus variolique n’ont aucune influence sur la transformation de la variole en vaccine par l'organisme du bœuf,

Cependant M. Dupuy considérait comme possible que, grâce à l’affinité des deux virus, « dans l’inoculauon

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simultanée de vaccine et de variole, cette dernière ait une influence régénératrice sur la vaccine ». Cette. Supposition lui était personnelle et n’engageait nullément Juhel-Renoy.

En 1893, MM. Layet, le Dantecet Bénech (43) moculèrent 6 génisses avec une minutieuse aseptie (local spécial, instruments neufs, etc.), mais, semble-t-il, dans un Însüitut vaccinal. Ces expériences ne furent publiées qu'en 1895. En voici le résumé :

La première génisse reçut simultanément de la lymphe variolique et du sang de varioleux recueillis une heure après la mort du malade. On procéda par incisions, érosions, scarifications, injections intra-dermiques et cautérisations. Au 71° jour, le résultat paraissant nul, on vaccina l’animal. Ce fut donc avec étonnement que quatre Jours après, on découvrit une magnifique pustule. Elle siégeait dans un endroit couvert de poils qui n'avait pas été inoculé. Il ne semblait d'ailleurs pas possible de rattacher cet élément à la vaccination précédente qui commençait seulement à apparaître et évoluait, sous l'influence de cette pustule, avec un retard manifeste.

Une seconde qénisse fut alors inoculée dans les mêmes conditions avec le reste du sang du varioleux. Le 5° jour, il existait une éruption papuleuse discrète et deux petites pustules. Dès le lendemain, l’éruption commençait à pàlr, excepté l’une des pustules qui, de jour en jour, augmentait de volume. On l’écrasa et, séance tenante, on l’inocula à une nouvelle génisse. L’inoculation vaccinale de contrôle, pratiquée le 8° jour de la var:olisation, avorta partiellement.

La lymphe fournie par la pustule du 2° animal fut

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employée sur une 3° génisse. Dès le 4° jour, les 9 incisions d’inoculation présentaient l'apparence d’une éruption vaccinale typique. En outre, du 4° au 9° jour, on put suivre ‘évolution de pustules et de papules qui finirent par acquérir le volume de la pustule observée sur la première génisse. Enfin, une éraflure due vraisemblablement à un coup de rasoir, devint une incision vaccinale. Il semble donc qu’à côté des incisions et des érosions artificielles, il y ait eu une poussée pustuleuse liée à l'infection de l'organisme. En effet, l’état général devint mauvais et la température atteignit 40°6. La contre-épreuve vaccinale resta sans résultat.

Une #° génisse reçut le produit du raclage des incisions vaccinales du 3° animal prélevé au 4° et au 6° jour de l'inoculation. En dehors d’une éruption vaccinale typique aux points d'insertion, apparut entre le 3° et le LOC jour, une poussée pustuleuse précoce et une poussée secondaire. L’éruption fut, sauf les premiers jours, azcompagnée d’une réaction inflammatoire moins intense que chez les précédentes génisses et l’on n’observa pas les magnifiques pustules secondaires signalées dans les autres expériences. La contre-épreuve vaccinale avorta.

Une 5° génisse servit de 4° passage au virus variolique. Trois zones furent préparées : la première, après ineisions et piqûres, ne fut pas inoculée dans le but de vérifier s'il ne s’y développerait pas de pustules secondaires. Elle resta intacte. La seconde, inoculée avec le virus récolté au 6° jour et maintenu à la glacière depuis la veille, fut le siège d’une éruption vaccinale qu'aceompagnait une douzaine de pustules adventices. La troisième

zone reçut le virus récolté au 7° jour et porté directement

sur la génisse : l'aspect fut analogue à celui de la zone précédente, mais l’évolution fut retardée.

- La forte réaction inflammatoire que l’on avait constatée aux premiers passages n'existait plus.

Enfin, une 6° génisse fut inoculée avec la lymphe recueillie sur la grosse pustule secondaire du premier animal et conservée à la glacière pendant un mois et demi. Toutes les incisions prirent un aspect vaccinal ; mais 1l ny eut pas d’éruption secondaire, comme si le temps avait atténué le virus.

De ces expériences, M. Layet et ses collaborateurs ürent ces conclusions :

« L'apparition concomittante ou successive de papules plus ou moins généralisées, se transformant en boutons absolument semblables à ceux de la varioloïde et quelques-unes en véritables pustules de variole grave, à plateau central large et déprimé, mais non ombiliquées, prouve que la variole évolue sur les bovidés. Plus tard, les manifestations éruptives se localisent aux endroits d’inoculation et semblent ne plus donner prise à des symptômes d’éruption généralisée. »

Cependant M. Layet restera partisan de la doctrine de la dualité, tant qu'on « n’aura pas essayé de faire récupérer au virus variolique, par des passages en voie ascendante, les qualités autonomes qu'il a, sinon perdues, (out au moins vu sans s’amoindrir sérieusement, par les passages en voie dégradante ».

M. Layet aurait voulu porter sur l'homme la lymphe de quatrième génération ; mais ses collaborateurs s’y opposèrent quoique « ne doutant pas qu'on obtienne la vac-

« cine par la variolhisation en passages successifs ».

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