‹ Étude sur la Variolo-VaccineChapitre 11 sur 37 · ARTE · texte numérisé non relu

ARTE

ne fut pas inoculée à l’homme. Dans le but d'éviter toute contamination vaccinale, ces expériences furent faites à l'Institut Brown, avec de grandes précautions d’aseptie. En voici le résumé :

Première expérience. — Le 11 août 1892, on inocule par incisions et scarifications, une génisse avec de la lymphe variolique recueillie à l'Hôpital Maritime de Londres sur une malade atteinte de variole discrète. Le 2% jour, les scarifications sont recouvertes d'une croûte légère ; le 4° jaur, quelques-unes des incisions, surtout les plus postérieures, surplombent légèrement ; de plus on remarque, à la face interne des cuisses, quelques petits nodules indépendants des points d’inoculation. Le 8 jour, on exprime et on gratte trois des incisions récoltant de la Iymphe et des eroûtes. La contre-épreuve vaccinale pratiquée un mois après, ne donne aucun résultat.

Une 2° génisse est variolisée avec la semence qu'on vient de récolter sur le veau précédent. Le 2° jour, les incisions sont tuméfiées ; le 4°, on procède à la récolte. Un mois après, l’animal est absolument réfractaire à l’inoculation vaccinale.

La 3° génisse est inoculée, le jour même de la récolte, avec la Iymphe recueillie sur le deuxième animal. Le 4° jour, par places, le bord des incisions est nettement vésiculeux.

Pour des raisons d'économie, cette série n’est pas poussée plus loin, et l’auteur ne se croit pas autorisé à inoculer cette lymphe à des enfants.

Deuxième expérience. — Le 29 novembre 1892, il variolise une génisse sans succès ; 9 jours après, il revivifie les incisions et procède à une nouvelle inoculation qui, comme la première, reste sans résultat.

Troisième expérience. — Le 12 décembre 1892, une génisse est inoculée par 48 incisions avec de la lymphe provenant d’une variole confluente. Le 3° jour, une rougeur légère est visible au voisinage de toutes les incisions ; de plus quelques petits nodules sont perceptibles au toucher sur la face interne de la cuisse droite.

Une maladie de M. Monckton Copeman l’empêcha de poursuivre

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cette expérience qui s'annonçait comme devant être couronnée de succès.

Quatrième eæpérieñce. — Elle n’est relatée que pour mémoire car M. Monckton Copeman ne peut s’en occuper personnellement. Quelques vésiculettes apparaissent dont on prélève le Iymphe pour l’inoculer, sans résultat d’ailleurs, sur un autre animal.

Pendant que M. Copeman réalisait en Angleterre ses expériences de variolisation du singe, Eïlerts de Haan, à Batavia, poussait plus loin des recherches similaires et transmettait aux bovidés la maladie des singes.

Il employa des macaques (macacus cynomolgus), en raison de la facilité avec laquelle on s’en procure dans les Indes Néerlandaises. Les inoculations furent faites sur le dos préalablement rasé et aseplisé par lavage avec une solution d'acide borique et d'acide salicylique. La lymphe qu'il employa dans les premières expériences provenail d’une variole confluente. Transmise sur un singe, elle donna en une semaine des pustules d’inoculation typiques, ainsi que quelques éléments sur les lèvres et les extrémités.

La semence variolique prélevée sur le premier singe fut transmise à un deuxième qui, sept jours après, présenta de belles pustules fusionnées aux points d’inoculation. Cette souche put être transmise de singe à singe jusqu'à la 7° génération, jamais plus loin.

La lymphe de 6° et celle de 7° génération inoculées à des veaux déterminèrent des éruptions pustuleuses impossibles à différencier du cow-pox. Cette semence reportée, en deuxième passage, sur un autre veau, donna un résultat parfait.

Dans une seconde série d'expériences, M. de Haan

reproduisit sur le veau une éruption vaccinale typique avec une lymphe variolique qui avait subi quatre passages sur le singe. Il cultiva avec succès cette nouvelle souche sur les bovidés, jusqu'à la 8° génération.

Ultérieurement ni les singes, ni les bovidés ne réagirent aux inoculations vaccinales.

Mais M. de Haan n'osa pas transmettre à l'homme la lymphe ainsi obtenue. « Je reconnais, éerit-il, qu'il manque à ma démonstration d’avoir reporté la variole mitigée du singe à l’homme : c'est une expérience que Je ne me suis pas cru en droit de faire. L'expérience de Chauveau enseigne à être prudent et je ne me croirals autorisé à faire cette expérience que si le vaccin ordinaire, dont je me sers, me manquait au moment d’une épidémie. Mais j'espère qu’on répétera mes expériences à ce sujet. »

En 1896, l’année même où paraissaient ces lignes dans les Annales de l'Institut Pasteur, M. Béclère reprit ces expériences. Il s’occupait, à cette époque, avec Chambon et Ménard, des propriétés du sérum des vaccinés et des varioleux, et avait déjà inoculé sans succès plusieurs chevaux, une génisse et deux porcs; un de ces derniers animaux avait seul présenté quelques papules éphémères. L'inoculation à la génisse de la lymphe primaire d’un singe inoculé en 1° génération ne donna rien (2); mais un mélange des pulpes prélevées sur trois singes inoculés en passages successifs détermina l’éruption, près des tétines, d'une « trentaine de petits vésicules, les unes à peine perceptibles, les autres plus

étendues, arrondies ou ovales, atteignant 2 à 3 cent.» DUVOIR. 3

Moy me

Des circonstances imprévues empêchèrent M. Béclère de continuer ces recherches, la nature vaccinale de ces pustulettes ne put être recherchée et ces travaux restè-

rent inédits !.

La même année, en 1893, MM. Pourquier (49), directeur de l’Institut vaccinal de Montpellier, et Ducamp, reprirent, avec la technique qui avait à l’étranger donné de tels succès, les expériences de transformation variolovaccinale depuis si longtemps abandonnées en France. Elles furent pratiqués dans l'Institut vaccinal, avec d’ailleurs, de minulieuses précautions.

Par piqüres, incisions, scarifications et dénudations au papier de verre, M. Pourquier inocula, le même jour, 2 génisses, l’une avec de la lymphe variolique non purulente, l’autre avec du vaccin. La prernière ne présenta le long des inoculalions qu'un fin liseré rapidement desséché ; l’autre, au contraire, accusa une éruption vaccinale typique.

Afin qu'on ne puisse objecter que la génisse variolisée était naturellement réfractaire à la variole, M. Pourquier inocula une troisième génisse, variolïisant les flancs en même temps qu'il vaccinait le côté droit de l'encolure. L’éruptüion fut en lous points comparable à celles qu'avaient présentées les deux premières génisses,

M. Pourquier crut donc pouvoir rejeter la possibilité de la transformation variolo-vaccinale ; c’estee qu'il fit devant l’Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier, le 25 décembre 1892. Et pourtant, à ce moment même, une nouvelle expérience allait lui rendre tous ses doutes.

1 Nous remercions vivement M. Béclère de l'extrême obligeance avec laquelle il nous à communiqué ses intéressants travaux.

Ayant variolisé une nouvelle génisse, il obtenait les mêmes résultats que précédemment, lorsque le 8° jour, une petite pustule variolique se développa en même temps que la température de l'animal montait à 40°1.

Aussi, dans la séance du 9 janvier 1893, M. Pourquier modifia-t-1l ses conclusions. Cependant, partisan convaincu d'une asepsie parfaite « avant, pendant et après l’inoculation »,1l se proposait de reprendre ses expériences dans des conditions qu'il déterminait et, en particulier, en dehors d’un Institut vaccinal. Ce sont ces conditions qu'ont réalisées MM. Juhel Renoy et Dupuy (27).

Ces expériences furent faites à l’hôpital des varioleux d'Aubervilliers, du 6 août 1893 au 10 janvier 1894, dans des conditions parfaites.

Une étable, construite spécialement, abritait les animaux envoyés directement de leur pays d'origine. La contre-épreuve vaccinale fut faite dans une étable différente à laquelle était affecté un garçon spécial. Les instruments et les harnais étaient neufs. Le virus variolique fut toujours recueilli avec la plus grande asepsie par les expérimentateurs eux-mêmes. Ier inoculé tantôt plusieurs semaines, tantôt quelques minutes seulement après la récolte, par piqüres, incisions, scarifications et dénudations sur le nez, l'abdomen, la région mammaire et la vulve.

Quatre génisses et, pour suivre le conseil de Thiele, une vache sur le point de vêler, furent variolisées en 310 endroits avec de la Iymphe variolique recueillie du 2e au 10° jour de l’éruption, dans vingt-trois cas de variole dont deux diserètes et vingt-et-une graves.

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Sur les incisions ensemencées avec les éléments recueillis à partir du 6° jour de l'éruption, la cicatrisation se faisait avec rapidité, sans rougeur n1 gonflement ; ailleurs la cicatrisation tardait un peu et s'’accompagnait d’un peu de gonflement, d’induration et de rougeur. Seul un animal présenta cinq papules indiscutables aux points inoculés.

La contre-épreuve vaccinale donna trois insuccès et deux succès difficiles d’ailleurs à expliquer, soit que la vaccination ait été trop hâtive, soit que ces animaux aient été d'avance réfractaires à la variole et à la vaccine.

MM. Juhel Renoy et Dupuy inoculèrentsans succès à une génisse les produits de raclage d’une des génisses variolisées. La contre-épreuve vaccinale fut positive.

Aussi, malgré tout ce qu'a de séduisant l'hypothèse de l'identité de la vaccine et de la variole, les auteurs s'en tiennent-ils aux conclusions duahstes françaises.

La variole est inoculable aux bovidés dans la plupart des cas et la vaccine avorte chez les animaux variolisés avec succès. Mais la variole des bovidés se traduit par une papulation éphémère qui d’ailleurs ne ressemble en rien à l'éruption vaccinale vraie. D'ailleurs, la variole cultivée sur les bovidés s'éteint après une ou deux générations.

Par ailleurs, n1 l’âge de l'animal, ni l’âge, la virulence, les voies diverses d'introduction, les procédés d'inoculation du virus variolique n'ont aucune influence sur la transformation de Îa variole en vaccine par l'organisme du bœuf.

Cependant M. Dupuy considérait comme possible que, grâce à l’affinité des deux virus, « dans l'inoculation

simultanée de vaccine et de variole, cette dernière ait une influence régénératrice sur la vaccine ». Cette supposition lui étai Juhel-Renoy.

En 1893, MM. Layet, le Dantecet Benech (43) imoculè-

rent 6 génisses avec une minutieuse aseptie {local spécial,

t personnelle et n'engageait nullement

instruments neufs, etc.), mais, semble-t-11, dans un Insütut vaccinal. Ces expériences ne furent publiées qu'en 1895. En voici le résumé :

La première génisse reçut simultanément de la lymphe variolique et du sang de varioleux recueils une heure après la mort du malade. On procéda par incisions, érosions, scarifications, injections intra-dermiques et cautérisalions. Au 1° jour, le résultat paraissant nul, on vaceina l'animal. Ce fut donc avec étonnement que quatre jours après, on découvrit une magnifique pustule. Elle siégeait dans un endroit couvert de poils qui n'avait pas été inoculé. Il ne semblait d'ailleurs pas possible de rattacher cet élément à la vaccination précédente qui commençait seulement à apparaître et évoluail, sous l'influence de cette pustule, avec un retard manifeste.

Une seconde génisse fut alors inoculée dans les mêmes conditions avec le reste du sang du varioleux. Le 5° jour, il existait une éruption papuleuse discrète et deux petites pustules. Dès le lendemain, l’éruption commençait à pâlir, excepté l’une des pustules qui, de jour en Jour, augmentait de volume. On l’écrasa et, séance tenante, on l'inocula à une nouvelle génisse. L’inoculation vaccinale de contrôle, pratiquée le 8° jour de la varolisation, avorta partiellement.

La lymphe fournie par la pustule du 2° animal fut

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employée sur une 3° génisse. Dès le 4° jour, les 9 incisions d'inoculation présentaient l'apparence d’une éruption vaecinale typique. En outre, du 4° au 9° jour, on put suivre l'évolution de pustules et de papules qui finirent par acquérir le volume de la pustule observée sur la première génisse. Enfin, une éraflure due vraisem blablement à un coup de rasoir, devint une inCision Vaccinale. Il semble done qu'à côté des incisions et des érosions arüficielles, il y ait eu une poussée pustuleuse liée à l'infection de l'organisme. En effet, l’état général devint mauvais et la température atteignit 40°6. La contre-épreuve vaccinale resta sans résullat.

Une #° génisse reçut le produit du raclage des incisions vaccinales du 3° animal prélevé au 4° et au 6° jour de l'inoculation. En dehors d’une éruption vaccinale typique aux points d'insertion, apparut entre le 3° et le 10° jour, une poussée pustuleuse précoce et une poussée secondaire. L’éruption fut, sauf les premiers jours, acompagnée d’une réaction inflammatoire moins intense que chez les précédentes génisses et l’on n'observa pas les magnifiques pustules secondaires signalées dans les autres expériences. La contre-épreuve vaccinale avorta.

Une 5° génisse servit de 4° passage au virus variolique. Trois zones furent préparées : la première, après ineisions et piqüres, ne fut pas inoculée dans le but de vérifier sil ne s’y développerait pas de pustules secondaires. Elle resta intacte. La seconde, inoculée avec le virus récolté au 6° jour et maintenu à la glacière depuis la veille, fut le siège d’une éruption vaccinale qu’accompagnait une douzaine de pustules adventices. La troisième zone reçut le virus récolté au 7° jour et porté directement

one

sur la génisse : l'aspect fut analogue à celui de la zone précédente, mais l’évolution fut retardée.

La forte réaction inflammatoire que l’on avait constatée aux premiers passages n'existait plus.

Enfin, une 6° génisse fut inoculée avec la lymphe recueillie sur la grosse pustule secondaire du premier animal et conservée à la glacière pendant un mois et demi. Toutes les incisions prirent un aspect vaccinal ; mais 1] n'y eut pas d'éruption secondaire, comme si le Lemps avait atténué le virus.

De ces expériences, M. Layet et ses collaborateurs UHirent ces conclusions :

« L'apparition concomittante ou successive de papules plus ou moins généralisées, se transformant en boutons absolument semblables à ceux de la varioloïde et quelques-unes en véritables pustules de variole grave, à plateau central large et déprimé, mais non ombiliquées, prouve que la variole évolue sur les bovidés. Plus tard, les manifestations éruptives se localisent aux endroits d’inoculation et semblent ne plus donner prise à des symptômes d'éruption généralisée. »

Cependant M. Layet restera partisan de la doctrine de la dualité, tant qu'on « n'aura pas essayé de faire récupérer au virus variolique, par des passages en voie ascendante, les qualités autonomes qu'il a, sinon perdues, tout au moins vu sans s’amoindrir sérieusement, par les passages en voie dégradante ».

M. Layet aurait voulu porter sur l'homme la lymphe de quatrième génération ; mais ses collaborateurs s’y opposèrent quoique « ne doutant pas qu'on obtienne la vac- « cine par la variolisation en passages successifs ».

Le ANT =

Quoi qu'il en soit « le fait d’avoir utilisé le sang virulent de varioleux, comme agent d’inoculation est nouveau et très caractéristique ».

En 1892, 1893 et 1895, M. Freyer (29) tenta, parfois avec succès, la transformation variolo-vaccinale.

En 1892, dans l’Institut vaccinal de Stettin, 1l réussit à varioliser un veau avec du virus prélevé au 4° jour d'une variole. Quatre jours après l’inoculation, apparut une légère rougeur ; puis le 5° Jour, se montrèrent trois petites pustules qui, au 7° jour, atteignaient un diamètre de 5"". Leur lymphe fut alors recueil, mêlée à de la glycérine et inoculée avec succès à d’autres veaux en 2°, 3° et 4° génération. Elle servit ultérieurement à vacciner des enfants dont l’éruption vaccinale fut typique. Cette souche fut cultivée sur l’animal jusqu’à la 8 génération.

En 1893, M. Freyer fit deux tentatives vaines. La première fois, 1l se servit d’un virus prélevé, le 10° jour de la maladie, sur un enfant de #4 ans. Malgré l'échec de l'inoculation, la contre-épreuve vaccinale avorta partiellement, traduisant une immunisation parüelle. Dans le second cas, l’inoculation fut faite, hors de l'Institut vaccinal, avec du virus variolique qu'il avait recueilh personnellement. L'expérience resta incomplète. On dut abattre l'animal au 7° jour en raison de sa faiblesse. Il ne présentait aucune trace d’éruplion.

Enfin, en 1895, après deux autres insuccès, M. Freyer réussit, hors de l’Institut vaccinal, à transmettre la variole au veau. Sur des varioleux, l’auteur préleva luimême de la lymphe au 5° jour de la maladie et des

croûtes au 16€ jour. Par incisions, scarifications et dénudalions, il inocula trois veaux. Le premier reçut, le jour même de la récolte, la Ilymphe fraîche. On ne constata ni éruption, ni immunisation.

Le deuxième animal fut inoculé 11 jours plus tard, en partie avec la même Iymphe conservée à la glacière, en partie avec des croûtes broyées dans de la glycérine et de l’eau. Le champ inoculé avec la lymphe variolique se couvrit, au 4° jour, de petits nodules qui, aux 6° et 7° jours, donnèrent environ 175 pustules isolées, dont certaines mesuraient jusqu’à À c. m. de diamètre, avaient une ombilication centrale et étaient d’une belle couleur gris-perle. L'autre champ d’inoculation ne présenta que de petits nodules de la grosseur d’une tête d’épingle, qui séchèrent sur place. La contreépreuve vaccinale, pratiquée au 7° jour, resta sans résultat. Le reste des croûtes varioliques fut conservé 11 jours à la glacière avant d’être inoculé au troisième veau. Il ne se produisit que 3 ou 4 petits nodules à peine ombiliqués qui, cependant, immunisèrent parliellement l'animal contre une vaccination consécutive. La diversité des résultats de cette dernière tentative peut s'expliquer, pour M. Freyer, tout à la fois, par la qualité du virus employé sur le deuxième veau et par la plus grande sensibilité de cet animal. Ce fut là l’origine d’une souche variolo-vaccinale qui, après 4 générations sur le veau, fut inoculée avec plein succès à des

enfants.

Pendant que M. Freyer poursuivait ses expériences, le plus souvent heureuses, les Instituts de Hanovre et de

Hambourg en 1892, de Berlin, de Hanovre et de Darmstadt en 1893, et enfin de Hambourg en 1894, virent échouer 12 tentatives de transplantation vartolovaccinale.

En 1894, un Congrès vaccinal (14) réunissait à Vienne les Directeurs des Instituts d'Allemagne, d’Autriche- Hongrie et de Suisse. On n'y parla guère de la variolovaccine que pour annoncer de nouveaux insuccès. M. Neidhart avait échoué dans deux tentatives de variohisation du veau avec de la pulpe variolique prélevée du 3° au D° jour de la maladie et inoculée sur le derme dénudé au papier de verre. Les cinq expériences de M. Chalibäus avaient été cinq échecs ; deux fois 1l avait inoculé, simultanément, mais sur des champs séparés, la vaccine et la variole : la première avait évolué normalement, la seconde n’avait eu aucune action.

Les échecs qui ont, dans les années précédentes, marqué presque toutes les tentatives des Directeurs allemands, ne diminuent en rien, de l'avis de M. Voigt, la valeur des succès légitimes. Ils prouvent seulement la difficulté qu’on éprouve à inoculer la variole aux bovidés par les procédés classiques. Aussi, se propose-t-il de renouveler les méthodes qui, entre les mains de M. Eïlerts de Haan, donnèrent de si heureux succès. Il est, en effet, possible, sinon vraisemblable, que la pustule variolique primaire soit plus contagieuse pour les bovidés que l'élément de généralisation.

M. Voigt (59) ne tarda pas à réaliser son projet. Dans ce but, il variolisa, en 1895, plusieurs singes et un porc. Le champ d’inoculation de ce dernier resta vierge

ie —

Cependant, un peu plus tard, cet animal se montra, ainsi que son voisin d'étable, absolument réfractaire à l'inoculation vaccinale. La lymphe récoltée sur les pustules primaires de trois singes, servit en partie à en inoculer trois autres, en partie à varioliser trois veaux. Sur les singes, le résultat fut parfait; sur les veaux, il fut insignifiant. Aucun d'eux n'eut de pustules vaccinales ; un seul présenta quelques nodules aux points d’inoculation et fut complètement immunisé vis-à-vis de la vaccine ; les deux autres ne le furent que partiellement.

Il semble donc que la lymphe de pustule variolique primaire ne soit pas plus active sur le veau que le virus humain de généralisation.

Bien qu'il n'y rapporte pas d'expériences personnelles, il faut citer ici le rapport que lut Hervieux (37) devant l’Académie de Médecine, en mai 1895. Les raisons qu'il développe pour établir la dualité des deux virus sont presque exclusivement cliniques et n’entrent pas dans le cadre de ce travail ; mais cette comparaison permet à Hervieux, après M. Chauveau, de conclure aux dangers de la variolisation qu'il faut absolument proscrire, non-seulement sous sa forme de variohisation pure, mais aussi, sous celle forme qu'il ne saurait admettre, de la variolo-vaccination. Son travail ayant été critiqué par Verardini, il prit de nouveau la parole, en décembre de la même année, pour protester encore contre la substitution de la variolo-vaccine à la vaccine

ordinaire.

A l’occasion du centenaire de la découverte de Jenner,

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