‹ Étude sur la Variolo-VaccineChapitre 24 sur 37 · NS · texte numérisé non relu

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variolique glycérinée, prélevée le 11 avril 1902, fut laissée à la glacière pendant deux mois. On en introduisit alors une partie dans un œuf de poule; le lendemain on recommença l'opération avec un autre œuf etainsi, chaque matin, pendant 8 jours. Les œufs inoculés étaient mis à l'étuve à 37°. Dix jours après le début de l'opération, on préleva une partie du contenu de chaque œuf et on l’inocula séparément sur la peau de plusieurs veaux. Quelques nodules apparurent # ou 7 jours après sur certains des champs inoculés. Ces éléments évoluèrent et donnèrent le 9° jour, de belles pustules de 8 à 10 millim. de long et de 5 1/2 à 8 millim. de large, entourées d’une collerette et reposant sur une base indurée. La récolte en fut faite le 10° jour. Vingt-six jours après, cette pulpe fut inoculée à un deuxième veau. Elle détermina, sur quelques-unes des stries d’inoculation, une traînée pustuleuse peu caractéristique ; les autres incisions se couvrirent de croûtes et se cicatrisèrent. On choisit les éléments les mieux développés pour en recueillir la lymphe, que, 9 jours après, on reporta sur un troisième veau. Sur ce dernier animal, la semence, manifestement dégénérée, fournit seulement quelques croûtelles qu’on tenta vainement d'inoculer à un enfant.

Cette expérience fut faite dans l’Institut vaccinal de Stettin.

L'année suivante, en 1903, M. Chaumier, (8) directeur de l’Institut vaccinal de Tours, communiqua à l'Académie de médecine, le résultat d’une inoculation variolique qu'il avait réalisée en 1901.

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Frappé de ce fait que toute la difficulté réside dans l’obtention de la première pustule variolo-vaccinale, M. Chaumier attribue la plus grande partie des échecs à l'insuffisance de la voie de pénétration et au peu de virulence du produit d’inoculation.

Il faut de préférence choisir un cas bénin de variole, car si, comme tout le fait supposer, il en est de même de la variole et de la vaceine, « c’est le sujet qui a le « moins de fièvre qui fournit le produit le plus virulent ».

On doit éviter de prélever la pulpe trop tardivement et ne pas se contenter de recueillir la lymphe contenue dans la pustule. De plus, pour vaincre la résistance d’un organisme animal envers une maladie qui lui est peu habituelle, 1l est nécessaire d'employer une grande quanüité de virus.

C'est pour appliquer ces données que M. Chaumier tente à son tour une expérience. Une petite épidémie de variole qui vient d’éclater à Tours, lui permet de prélever lui-même, sur trois malades légèrement atteints, de la pulpe variolique jeune qu'il additionne de glycérine pour la conserver. Quatre mois après, il fait une première inoculalion, mais « sachant d’une part la difficulté qu'il y à à réussir l’inoculation directe sur la vache, et d'autre part que Jenner prétendait que le cheval avait servi d'intermédiaire entre la variole humaine et le cow-pox » il inocule, faute d'un cheval, un âne. Afin de largement ouvrir la voie au virus, il fait au flanc droit, deux longues plaques de scarifications. Entre elles, il dispose un grand nombre de coupures et de piqûres, afin de pouvoir suivre le développement des pustules isolées, s'il en nait sur ces points.

La plaque supérieure et les coupures sont largement ensemencées ; la plaque inférieure, au contraire, reçoit seulementla glycérine, qui a servi à conserver la pulpe.

Le 3° jour, on constate un léger œdème de la plaque supérieure qui augmente le 5° jour, persiste encore au 1° en même lemps que se forment quelques croûtes couleur sucre d'orge. Le 9° jour, elles augmentent, ce qui prouve qu'il s’est produit, sinon des pustules, au moins des lésions ressemblant au vaccin. Aussi tentet-on une récolte.

« Avec la curette on gratte la plaque supérieure. Sur la partie postérieure à l’endroit où sont les croûtes résultant du suintement, l’épiderme se laisse enlever sur la moitié de la surface environ, car 1l y a des points où l’inoculation n'a rien produit. Les surfaces où la variole a pris et les parties saines forment des contours géographiques. 11 y a donc des lésions confluentes sur beaucoup de points, Sur la partie antérieure de la même plaque il y a beaucoup moins de lésions d’inoculation. Sur la moitié postérieure de la plaque inférieure, 1l n’y a que 3 ou # boutons isolés, sortes de papules très petites que seule la curette décèle. »

La lymphe ainsi récoltée est additionnée de glycérine et conservée dans un flacon. Le 5 mai 1902, près de 10 mois après, on inocule à une génisse cette pulpe d'âne variolisé. Sur des nombreuses plaques, scarifiées, on fait un large ensemencement. Cinq Jours après, on procède à la récolte. Sur chaque plaque, il y a de belles pustules vaccinales en nombre variable de 2 à 50. II y a même, en divers endroits, sur des places non inoculées, de nombreuses pustules spontanées, isolées ou groupées dont

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certaines sont plus longues que celles obtenues d’ordinaire par la vaccination.

La récolte fournit 75 gr. de pulpe glycérinée. Le 7° et le 8° jour, se font de nouvelles poussées éruptives. Le 9 jour, on remarque une pustule sur lalèvre supérieure. Le 10° jour, les pustules sont couvertes d’une croûte ombiliquée, qui tombe vers le 28° jour.

Quelques mois après, l'examen de cette génisse montre encore des cicatrices d'autant plus apparentes qu’en bien des points, le poil est rare.

Le 3° passage ne présente aucune particularité, sinon la confluence des pustules qui est telle que chaque plaque forme une nappe unique, et la présence de quelques éléments surnuméraires. Au 4° et au 5° passage, l’évotion est celle d’un très beau vaccin.

En partant de la 1" génisse, une seconde série parallèle à la précédente donne des résultats analogues.

Avec cette souche variolo-vaccinale, MM. Chaumier et J. Rhens (10) inoculent certains animaux dont ils se proposent d'étudier le sérum.

Par ailleurs, persuadé que l’inoculation simultanée de variole et de vacciie est inoffensive en raison de l’immunisalion plus rapide que crée la vaccine, M. Chaumier n'hésite pas à inoculer à l’homme, dans ces conditions, son variolo-vaccin de 1" génération. Peut-être en raison de l’âge de cette pulpe, ce fut {oujours sans succès. Au contraire, les pulpes des autres générations donnent des résultats difficiles à différencier de ceux que fournit l'inoculation vaccinale pratiquée simultanément.

Ces expériences eurent lieu dans l'Institut vaccinal de

Plessis-les-Tours. Mais toutes les précautions furent prises pour éviler une contamination vaccinale accidentelle pendant l’ensemencement comme pendant la récolte. La salle, où n'avaient été faites antérieurement que de rares vaccinations, fut badigeonnée au chlorure de chaux; la table et les sangles qui, quelques mois avant, lors de la précédente vaccination, avaient été lavées au sublimé, le furent à nouveau ; les instruments furent stérilisés par ébullition.

D'ailleurs le variolo-vaccin obtenu présentait au maximum sur la 1" génisse, les caractères différentiels sur lesquels ont insisté tous les auteurs qui se sont occupés de la question : énorme quantité de pustules spontanées apparaissant par poussées successives et, d'autre part, développement inusité de certaines pustules.

Deux ans après, en 1905, M. Chaumier (9) continuant ses travaux, devait également réussir à transformer en vaccine une autre variole, la clavelée. Sacco, au commencement du xix° siècle, avait réussi des expériences de ce genre ; cependant de l'avis de Nocard et Leclainche, l’inoculation de la clavelée au bœuf et au cheval, reste sans effet. M. Chaumier inocula, le même jour, avec du claveau, une vache, une chèvre et un âne. La vache présenta seulement de l’engorgement ganglionnaire ; la chèvre eut des petites tumeurs s'étendant à toute l'épaisseur du derme, et des lésions superficielles très semblables au vaccin ; ces dernières existaient seules sur l’âne. Avec le produit du grattage de ces lésions, on inocula quelques jours plus tard la précédente vache et quelques enfants. La vache présenta des pustules en nappe, ayant absolument laspect de la vaccine. Quant aux enfants, ils eurent une vaccine régulière : chez les revaccinés récents, cette pulpe, d’origine claveleuse, resta sans résultat ; chez les revaccinés anciens, elle donna lieu à des pustules normales.

M. Chaumier se croit donc autorisé à conclure qu’il est facile de transformer la clavelée en vaccine.

Le Congrès réuni à Weimar (19) en septembre 1904, entendit rappeler les nombreux et beaux succès obtenus, depuis le dernier Congrès, dans les Instituts vaccinaux allemands.

M. Blezinger rapporta qu'il avait inoculé le 1* avril 1903, sur le scrotum de deux veaux, la pulpe variolique que venait de lui adresser M. Hauser. Deux jours après, toutes les stries d’inoculation étaient surélevées et rougeâtres ; le 4° jour, les unes étaient déjà desséchées, tandis que les autres ressemblaient à un véritable cordon de perles. Le lendemain, l’évolution s’arrêtant, on procéda à la récolte.

Vingt six jours après, l'inoculation, en 2° génération, de deux autres veaux donna le 4° jour, de belles pustules ovales. On réalisa de même un 3° et un 4° passage. La lymphe de cette dernière génération portée sur l’homme, après un viellissement variable suivant les cas, donna de bons résultats. M. Blezinger en envoya des échantillons dans les divers Instituts vaccinaux. A Pesth, elle fut inoculée à un veau « avec le meilleur succès » : mêmes résullats à Stuttgard, à Dresde, à Weimar et à Cologne où M. Meder fut frappé de l'évolution de cette souche vaccinale qui apparaissait le 4° jour et se développait en 24 heures.

M. Blezinger continua à cultiver cette souche variolovaccinale en 190%, en inoculant à des animaux les lymphes plus où moins anciennes qu'il avait recueillies l'année précédente en 2°, 3° ou 4° génération. Le résultat fut toujours satisfaisant : le rendement total ou moyen

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de la lymphe variolo-vaecinale fut supérieur au rendement de la lymphe vaccinale simple. Mêmes bons résultats pour la vaccination humaine.

M. Klose, qui avait eu un échec en 1892, devait réussir en 1904 par l’inoculation au veau de croûtes varioliques recueillies récemment. Sur les stries d’inoculation apparurent quelques pustules isolées dont la lymphe fut cultivée avec succès en 2° et en 3° génération. L'inoculation de cette lymphe à un enfant donna un résultat satisfaisant et servit de point de départ à une souche de véritable rétro-variolo-vaccine. Les veaux variolisés se montrèrent réfractaires à l’inoculation vaccinale.

Les expériences de M. Blezinger furent faites dans un Institut, celles de M. Klose furent exécutées dans une étable séparée de l'Etablissement vaccinal et sur une table neuve.

M. Voigt (60) enfin, renonçant à la transmission directe de la variole humaine aux bovidés et au passage sur le singe, dont la pustule primaire n'avait pas, entre ses mains, paru plus virulente, eût recours au passage par l'organisme du lapin. Après un échec avec du virus variolique provenant de Londres, M. Voigt réussit complètement avec de la lymphe et de la pulpe varioliques, que MM. Pfeiffer et Klose lui avaient envoyées de Flensbourg et d'Oppeln.

Ces expériences peuvent se diviser en deux séries.

Avec la lymphe fraîche de Flensbourg, M. Voigt inocula 3 lapins, sans obtenir de réactions autres qu'un assez fort érythème. Les animaux furent sacrifiés l'un au 3°, l’autre au #° et le dernier au 5° jour de l’éruption.

Un veau fut alors inoculé d’une part avec les produits

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de cette lapino-variole, et d’autre part avec la lymphe de Flensbourg. Cette dernière ne détermina aucune réaction, alors que la lapino-variole fournit de nombreux nodules qui augmentèrent de taille, puis séchèrent très lentement. Leur contenu, porté ensuite sur deux veaux, ne donna que des nodules. Ces résultats sont donc identiques à ceux obtenus par la Commission lyonnaise.

Une seconde tentative fut faite ultérieurement avec la lymphe variolique de Flensbourg, conservée depuis 3 mois à la glacière, et avec celle d'Oppeln, qui y était depuis moins longtemps.

La lymphe de Flensbourg, inoculée à 3 lapins, détermina sur l’un des pustules, sur les 2 autres des papules. Sur 2 lapins, la lymphe d'Oppeln engendra des papules, sur les 2 autres, elle resta sans résultat.

En possession de ces produits, M. Voigt inocula 2 veaux à quelques jours de distance : chaque animal reçut simultanément, mais isolément, la lymphe d’Oppeln et celle de Flensbourg et la lapino-variole d'Oppeln. La lapinovariole de Flensbourg ne fut inoculée qu'à un seul animal.

Sur les 2 veaux, la lymphe de Flensbourg se montra inactive.

Sur le premier animal la lymphe d'Oppeln causa des nodules, puis des pustules et sur le second, de magnifiques et nombreuses pustules.

La lapino-variole d'Oppeln ne produisit, sur le premier veau, que quelques nodules ; mais sur le second, elle donna de belles pustules.

La lapino-variole de Flensbourg fournit de belles pustules.

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Ainsi se trouvèrent créées 5 nouvelles souches variolovaccinales. Les animaux ne présentèrent aucun symptôme morbide, ni aucune élévation thermique. La contreépreuve vaccinale fut négative.

Inoculées en seconde génération à ? veaux, ces souches variolo-vaccinales donnèrent des pustules ombiliquées. De plus, l’on découvrit au 8° jour sur l’un des 2 animaux, une pustule blanche près de laquelle se développa ultérieurement une seconde pustule, plus petite. La contreépreuve vaccinale fut négative.

La lymphe variolo-vaccinale de 3° et de 4° génération servit, sans aucun accident, à de nombreuses vaccinations.

Ces expériences furenf faites dans un Institut vaccinal, elles auraient donc pu, d’après M. Voigt lui-même, encourir le reproche d’une contamination vaccinale si l'on n'avait eu soin, 12 jours auparavant, d’évacuer de l’Institut tous les animaux inoculés de vaccine. Les variolisations furent faites dans une salle éloignée et avec des instruments spéciaux. Les animaux {lapins et veaux) étaient alors placés dans une salle d'observation qui n'avait jamais servi et se trouvait loin des stalles de vaccine. Enfin tous les instruments et le matériel furent stérilisés avant l'emploi. D'ailleurs la variolo-vaccine ne peut être confondue avec la vaccine dont elle diffère par la persistance de sa virulence et par la lenteur de l’évolution de son élément érupüif.

M. Voigt conclut donc que :

« 1° À côté de la lymphe variolique, il est avantageux, dans les expériences de transformation variolo-vaccinales, d'employer le produit de raclage des pustules.

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2° Le lapin est un intermédiaire facile et avantageux

au cours de ces expériences. »

M. Voigt (61) tenta également de varioliser un mouton en lui inoculant, sur quatre champs séparés, les semences varioliques de Flensbourg et d’Oppeln ainsi que deux souches différentes de lapino-variole. Résultat négatif, excepté sur les points inoculés avec la lymphe d’Oppeln où poussèrent quelques nodules éphémères. Ce mouton se montra, quelques mois après, partiellement réfractaire à l’ovine.

La création de souches variolo-vaccinales semblait l'apanage exclusif de l'Europe quand, en 190%, sur les bateaux des mers de Chine, M. Kulz (42), (de Togo), obtint un plein succès. À son arrivée à Atakpame, 1l avait appris qu'à Tschapali, petite ville perdue dans les montagnes, s'étaient déclarés quelques cas de variole. Quand il y arriva, quelques malades étaient encore réunis dans un ravin où les soignait un vieillard qui lui-même, avait eu la variole. M. Kulz profita de l’occasion qui s'offrait pour prélever le contenu de leurs pustules et l’inoculer au veau. La pulpe de première génération fut, afin d'éviter le retour possible de cette lymphe vers la variole, transmise, en passages successifs, à un 2° et à un 3° animal. Cette pulpe de 3° génération servit à la vaccination humaine. Pendant le reste du voyage, tous les animaux furent inoculés avec cette lymphe humanisée.

Faute de temps, M. Kulz ne se livra à aucune expérience et adopta, en toutes occasions, les méthodes d'inoculation classiques. Il choisit des génisses âgées au moins de 6 mois, les nettoya et les rasa et, sur le champ d'inoculation ainsi préparé, fit de nombreuses incisions.

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Le 4° jour, récolte à la curette de la lymphe que l’on additionnait de glycérine. Pendant le voyage M. Kulz inocula en tout 37 animaux, parmi lesquels, 1l y en eut 2 dont le champ d’inoculation resta vierge de toute éruption. Avec la lymphe nouvelle, on vaccina, approximatüvement, 30,000 indigènes.

L'étude de la variole des singes fut, en 1905, reprise sur une grande échelle par MM. Brinckerhoff et Tyzzer (4). Ils expérimentèrent sur 300 singes environ de différentes espèces, parmi lesquels des macaques {m. cynomolgus et m.nemestrinus) et des orangs. Ils constatèrent que les inoculations varioliques ou vaccinales, pratiquées à l'abdomen produisent une lésion primaire dont la régression commence le 8° jour, par la formation d’une croûte centrale. Vers Le 6° ou le 7°, la température monte à 40°, puis baisse rapidement. Cette élévation thermique annonce l’éruption, vers le 8° jour, d’une centaine d'éléments légèrement vésiculeux, particulièrement nombreux sur la face et les membres. Dès le 8° jour, cet exanthème commence à se dessécher. L'évolution totale dure 14 jours environ et ressemble, malgré son évolution plus rapide, à la variole inoculée de l'homme. La variole du singe est donc moins sévère que celle de l’homme ; cependant, quelques animaux succombent, soit à la maladie initiale, soit à une infection surajoutée.

La variole expérimentale protège les singes contre une seconde inoculation de virus variolique, mais non pas toujours, contre une inoculation vaccinale. Par contre, on ne peut jamais inoculer la variole à des singes

inoculés antérieurement de vaccine. L'immunité, après la vaccination, est manifeste du 10° au 11° jour ; après la variolhisation, elle apparait du 5° au 8° jour.

En s’atténuant, le virus variohique perd le pouvoir de créer l'infection avant de perdre celui de créer l'immunité. Il est à remarquer enfn que malgré la grande réceptlivité des singes pour la variole, les souches varioliques ne peuvent, sur ces animaux, être cultivés au delà de la 5° ou de la 7° génération et que la variolisation par contagion est impossible.

En Allemagne, les expériences, et aussi les succès, se multiphèrent. C’est ainsi que, au Congrès vaccinal de Munich (1906) (20', M. Stumpf rapporta deux nouvelles tentatives, l’une heureuse, l’autre incertaine.

Ayant prélevé, le 23 avril 1905, sur un varioleux de Simbach qui mourut la nuit suivante, une assez grande quantité de virus, 1l en profita pour inoculer par piqûres, stries et dénudations, quatre veaux avec du virus âgé, pour les deux premiers, de 2 jours ; de 8 et 10 jours, pour les deux autres.

Chez le premier veau, la récolle fut faite 6 jours après. À partir du 10° jour, il se forma, sous les croûtes de la surface éraillée de la cuisse droite, une quinzaine de pustules presque confluentes, qui, au moment de la récolle, étaient sur le point d'éliminer leur contenu, tandis que les deux uniques pustules de la région des télines, nettement ombiliquées, avaient subi un léger retard dans leur développement. En même temps, la température de l'animal montait à 40° 3.

Sur le deuxième veau, apparut une pustule unique, de grosseur moyenne, qui, 6 jours après, fut grattée et

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dont la lymphe fut mélangée à celle qui provenait du premier animal.

Sur les deux derniers veaux, se développèrent lentement, le 5° et le 6° jour, des pustules parfois groupées, ordinairement disséminées, dont la lymphe fut recueillie le 7° jour.

La descendance de ces souches variolo-vaccinales se répartit entre deux groupes d'animaux : l’un, le plus considérable, comprend 22 veaux inoculés dans le courant de l'année 1905 ; l’autre est composé des 8 veaux inoculés avec la Iymphe des veaux 3 et 4.

En raison de la gravité du cas dont il provenait, le virus variolique était certainement des plus énergiques. Cependant, contrairement à son attente, M. Stumpf obtint une vaccine faible. La cause en est vraisemblablement, à son avis, dans la brièveté des intervalles de temps qui furent interposés entre les ensemencements successifs.

Les animaux du premier comme du deuxième groupe, inoculés à des dates rapprochées, ne tardèrent pas à produire des vésicules gonflées, distendues, qui rappelaient presque le pemphigus. Plus les intervalles entre les générations successives s’éloignaient, plus les images fournies par les animaux inoculés étaient nettes, plusles pustules étaient belles en couleur et développées envolume. Le motif en est le suivant : lorsque les inoculations sont pratiquées coup sur coup, les échantillons de lymphe n’ont pas le temps de se purifier ; « le moteur pathogène du pus étouffe celui du vacein »et les pustules se transforment en bulles purulentes inutilisables pour l’inoculation.

Par ailleurs, six veaux d’une nouvelle série furent ino-

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culés au commencement de la période vaccinale de 1906, avec du virus variolique apporté de Saint-Gall à Munich, par M. Groth. On obtint ainsi de la variolovaccine ; mais ce virus, qui provenait d’un cas de variole léger, se montra imprope aux cultures successives. Trois veaux furent inoculés sans succès.

M. Stumpf se demande donc s'il ne serait pas indiqué, pour rendre le virus variolique plus rapidement utilisable, de le débarrasser de ses microbes pathogènes par des moyens arüficiels. Malheureusement, la quantité de virus variolique dont on dispose est, en général, trop faible pour permettre de recourir à ce procédé. Aussi est-il préférable de recourir à l’épuration naturelle par l'interposition d’un intervalle suffisamment long entre deux inoculations successives.

À ce succès de M. Stumpf s'opposent les échecs de M. Forstreuter qui tenta vainement de variohiser des génisses avec du virus variolique prélevé du 3° au 6° jour de l’éruption; de M. Meder (de Cologne) qui, avec du virus variolique envoyé par l’Institut Lister, de Londres, n'obtint aucun résultat sur le lapin et un résultat douteux sur le veau, de M. Meder {de Cassel) qui fit sur le lapin deux tentatives infructueuses à l’aide soit de croûtes, soit de la pulpe variolique. Quant à M. Voigt, s’il ne réussit pas, 1] poussa assez loin ses expériences. La lymphe variolique qu'il employa fût prélevée sur deux varioleux en traitement, le 15 avril 1905, à l'hôpital général d'Eppendorf. Sur l’un d'eux, on préleva des croûtes ; sur le second, de la lymphe purulente. Ces produits, émulsionnés dans une solution saline physiologique, furent inoculés séparément à un lapin, par friction

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