CHAPITRE V
VASELINES EMPLOYÉES ET CONDITIONS EXIGÉES PAR LES DIVERSES PHARMACOPÉES
1° En France, la vaseline est employée sous deux états: blanche et jaune. Elle doit satisfaire par les condi- {ions suivantes exigées par le Codex: « La pétréoline fond à 40° environ, elle est insoluble dans l’eau et la glycérine, peu soluble dans l'alcool bouillant, facilement soluble dans
l'éther, surtout à chaud, dans le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles fixes et volatiles. Elle est complètement neutre, et inaltérable à l’air. Les alcalis et les acides n’exercent à froid aucune action sur elle ; lSO*I® pur etconcentré ne la colore point. Chauffée dans une capsule en porcelaine, elle se volatilise sans répandre de vapeurs âcres et sans laisser de résidu. »
Le Codex français prescrit donc l'emploi de la vaseline
naturelle: nous verrons plus loin, au chapitre VI « Propriétés de la vaseline », les raisons qui justifient cette exi1gence.
2 A l'Étranger, on a employé des vaselines artificielles qui sont fabriquées de toutes pièces par simple mélange d'huile lourde et de parafline. C’est ainsi que les pharmacopées d’Aliemagne et de Belgique ont adopté une vaseline obtenue au moyen d’un mélange de paraffine et d'huiles lourdes, mélange qui a été appelé vaseline arti- Jicielle.
La deuxième édition du codex germanique (1882) distingue 3 produits : la paraffine solide, la paraffine liquide et l’onguent de parafline, qui s'obtient en mélangeant au bain-marie: 1 partie de parafline solide et 3 parties de paraffine liquide. Cette pétréoline artificielle présente, entre autres Caractères, celui de fondre entre 35 et 45, et de présenter au microscope l'aspect cristallin. « La paraffine, qui est un de ces deux éléments, doit être pure et fondre de 74 à 80° ». L'huile lourde, constituant le second composant, doit satisfaire aux prescriptions suivantes: « n’avoir pas une densité inférieure à 0,840, et ne pas bouillir au-dessous de 360°. Chauffée au bain-marie pendant un jour avec SO* HF concentré, en agitant de temps à autre, elle doit brunir à peine, et l'acide doit rester incolore. Enfin, un volume
More
d'alcool porté à l’ébullition avec 2 ou 3 volumes de cette huile, ne doit pas colorer en rouge le papier de tournesol. »
La deuxième édition de la pharmacopée belge de 1885 donne à la substance le nom de paraffine molle, et n’est qu’une copie de la pharmacopée allemande.
La pharmocopée austro-hongroise, «7° édition 1889 », n'indique pas la préparation de ce produit, qu’elle nomme vaseline.
Les pharmacopées anglaise, américaine, néerlandaise, espagnole, ont adopté la pétréoline naturelle.
La pharmacopée américaine (révision décennale 1882) n’emploie pas le mot de vaseline, mais celui de pétrolatum. Elle distingue 2 variétés, l’une fondant à 51°, l’autre à 40e, qui doit être délivrée quand on n’a pas spécifié dans la prescription.
Les pharmacopées néerlandaise (1889) etespagnole (1884) la décrivent sous le nom de vascline. La première distingue la vaseline blanche et la vaseline blonde, qui fond à 40°: on n’y spécifie pas un mode particulier de préparation.