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CHAPITRE VII

COMPARAISON DE L’AXONGE, DE LA VASELINE ET DE LA LANOLINE AU POINT DE VUE DE L'ABSORPTION CUTANÉE

La vaseline ayant remplacé, dans beaucoup de cas, l'axonge comme excipient, il a paru intéressant de connaître jusqu’à quel point la peau peut absorber les corps gras, et de savoir ensuite quelle différence présente l’axonge et la vaseline comme facilité d'absorption cutanée. Des expériences ont été tentées par M. Adam et Schoumacher, en vue de cette détermination (1). Les auteurs ont fait leurs recherches sur des animaux, notamment sur des chiens. Ils appliquaient une pommade à la strychnine avec les divers excipients, axonge et vaseline, sur la peau rasée des chiens.

Avec l’axonge, ils ont observé la mort des animaux soumis à l’expérience, et en ontconclu à Pabsorption réelle, quoique faible, des corps gras par la peau.

Avec la vaseline, les résultats ont été négatifs. La peau intacte, d’après ces auteurs, n’absorberait donc pas les pommades à base de vaseline.

MM. Guinard et Boutet (2) ont repris les expériences

(1) Journal des Conn. médicales, 18 déc. 1890, d'après Revue de Méd. Vélérin., et Journal de Pharmacie el Chimie, 5e série, T. xxt11, p. 112. (2) Lyon médical, janvier 1891.

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précitées, et sont arrivés à des résultats particulièrement intéressants, par comparaison, par opposition avec ceux qui ont été publiés par MM. Adam et Schoumacher. C’est pourquoi nous croyons devoir produire les expériences faites par MM. Guinard et Boutet, avec les conclusions qu'ils en ont tirées.

Dans leurs essais sur les chiens, ces auteurs ont employé des pommades ayant pour formule: :

Sulfate de strychnine, 1! gr. — Axonge, lanoline ou vaseline, 5 gr.

Is employaient 15 gr. de ces pommades sur chacun des sujets soumis à l’expérience, et prenaient les précautions nécessaires pour que les chiens ne pussent pas se lécher, et faire pénétrer ainsi le poison par une voie autre que la peau.

Après 3 jours de contactavec l’épiderme, les pommades ne produisirent aucun effet sur ces animaux, qui se trouvérent parfaitement des précautions exagérées que l’on avait prises pour éviter toute cause d’erreur dans les recherches que l’on se proposait d'effectuer.

D’autres expériences analogues ont été faites après lavage préalable au savon noir et à l’eau tiède des surfaces à enduire de pommade. Les résultats ont été aussi négatifs que dans la série précédente: l'absorption n’a jamais eu leu.

Doit-on conclure, après cela, que la peau du chien absorbe ? Les auteurs ne le pensent pas.

On a objecté aux auteurs que, cliniquement, on est obligé d'admettre que, même la peau étant intacte, la pommade à l’iodure de potassium exerce une action résolutive dans les engorgements ganglionnaires ou dans les hypertrophies du corps thyroïde, et qu’il est difficile d’attri-

buer à l'absorption des vapeurs d’iode l'action de la pommade à l’iodure.

Is ont objecté la décomposition spontanée à l'air de la pommade à l’axonge et à l’iodure, en moins de 12 heures.

La lanoline iodurée émet des vapeurs d’iode au bout de 9 Jours ; la vaseline iodurée reste intacte.

Ils ont ensuite, avec des pommades fraiches faites avec ces trois excipients, pratiqué des frictions sur le cou de trois jeunes gens.

Peu de temps après l'application, la pommade à l’axonge était jaune et manifestement altérée. Les urines des individus, analysées 1 heure 1/2 après l’application, contenaient de l'iode.

Avec la lanoline, ce n’est que le lendemain qu’on a constaté la présence de l’iode dans les urines; mais la quantité a augmenté progressivement Jusqu'à devenir à peu près égale à celle qui apparaît après l’emploi de la pommade à l’axonge.

Avec la vaseline, rien n’a passé pendant les deux premiers jours.

Ce n’est que le 3° jour qu'on a pu constater des traces d’iode.

Dans ce dernier cas, les auteurs attribuent la décomposition de l’iodure aux produits de sécrétion cutanée qui s'accumulaient sur une partie non nettoyée.

MM. Guinard et Boutet ont repris ces expériences plusieurs fois sur diverses parties du corps, et sont arrivés aux conclusions suivantes :

« 1° La peau intacte n’absorbe pas les substances incorporées dans les corps gras, ou, si elle les absorbe, ce n’est que très lentement, en proportions infinitésimales et seulement dans les régions velues.

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