PRODUITS OBTENUS PAR FRACTIONNEMENTS DANS L'ÉTHER FUSIBLE A
Carbone . . 85,69 66° 62 61° 5go 57v |Pâteux Carbone. . 85,69 | 84,87 | 84,79 | 85,19 | 85,80 | 85,20 | 85,78 Hydrogène. 14,14 14,62 | 14,53 | 14,98 | 14,85 | 1499 | 14145
RONDS Let
Ces résultats montrent que ces corps sont des hydrocarbures ot qu’ils possèdent la même composition, quoique ayant des points de fusion très différents.
Cette composition est celle de la paraffine, qui, retirée de différentes sources, analysée par divers auteurs, a donné à l’analvse des nombres oscillant entre :
Carbone. ne À de 85,40 à 84,60 Hydrogène. . . .. de 15,30 à 14,20
La vaseline est donc un mélange de paraflines douées de points de fusion très différents (depuis la température ordinaire jusqu’à 66° au moins).
Par des procédés analogues à ceux que M. Riche a employés, on peut : 1°la purifier; 2° en retirer des produits de consistance variable, qui pourraient trouver leur application à diverses opérations pharmaceutiques.
2 Propriétés de la vaseline (1). — La vaseline doit être homogène, un peu longue, élastique, onctueuse, absolument neutre, inodore, insipide, et ne laisser suinter aucune goutte de liquide quand on la presse dans les doigts.
Elle fond à 35°, bout à 300 et distille sans résidu en fournissant des vapeurs douées d’une forte odeur de pétrole, la densité à 50° est d'environ de 0,840. Insoluble dans l’eau et l’alcoo! froid, très peu soluble dans l'alcool bouillant, elle l’est davantage dans l’éther et le chloroforme, le sulfure de carbone, les corps gras, les essences. Elle dissout un certain nombre de métalloïdes: brome, iode, phosphore, soufre, ete. et la plupart des alcaloïdes. Elle dissout encore
(1) Journal de l'harmacic et Chimie, 5° série, T. XX, Appendice p. XxXXT.
les essences etles parfums des fleurs, sans en altérer l'odeur caractéristique. Elle est inattaquable à l'air et possède sur les corps gras le grand avantage de ne pas rancir.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu'on la préfère souvent à Paxonge dans la préparation des pommades.
Une bonne vaseline, mélangée à parties égales avec l'acide SO‘ H? concentré, ne doit pas se colorer après quelques heures de contact.
3° Comparaison entre les deux vaselines.— Nous avons vu au chapitre V que, dans certains pays, on substituait des vaselines artificielles à la vaseline naturelle. On a souvent essayé aussi, dans le commerce français, de vendre sous des noms plus ou moins fantaisistes (piméléine, caucasine, déodoroline, graisse minérale, etc.) des produits artificiels qui sont de simples mélanges d’ozokérite et d’huile lourde décolorée et désinfectée, ou bien encore des vaselines trop liquides de paralfine ou d’ozokérite. Ces produits sont facilement reconnaissables aux caractères suivants, et doivent ètre exclus en France des usages pharmaceutiques.
Ils ont un aspect grenu; de plus, ils sont plus ou moins cassants, et ne se laissent pas étirer comme la vaseline naturelle. Au bout d’un certain temps, sous l'influence de la moindre chaleur, les parties solides se séparent et flottent dans les huiles auxquelles on les avait mélangés. Enfin, le point de fusion des vaselines artificielles est supérieur à 40: et atteint souvent 50 degrés. La vaseline naturelle paraît préférable pour les usages médicaux aux vaselines artificielles prescrites par les pharmacopées étrangères, et doit être seule employée, en France, à l'exclusion de tous les produits artificiels que nous avons mentionnés plus haut. La vaseline naturelle, comme nous lavons vu, est compo-
sée d'huile et de paraffines de même que l’artificielle ; mais ces éléments ne sont pas au même état,
M. Riche (1) a en effet constaté, dès 1879, que, si on soumet à un abaissement de température de (— 5°) une s0lution de vaseline naturelle dans 3 parties d’éther, il se sépare un composé solide qui reste mou et qui offre la composition de la paraffine, et la solution éthérée donne par évaporation du dissolvant de l'huile lourde et inodore.
Si l’on redissout le dépôt dans l'huile lourde, on reforme absolument la vaseline, tandis que, si l’on dissout dans cette huile de la paraffine pure, on n'obtient pas une masse demitransparente, filante, fusible vers 350°; c’est un produit opaque, sec et cristallin, semblable aux vaselines artificielles. Si enfin on traite par l’éther ce mélange, on n’en sépare pas le composé demi-solide et mou, mais de la paraffine solide, cristalline, fondant au-dessus de 50°.
Or, on comprend sans peine qu’un pareil mélange soit loin d’avoir, dans le pansement d’un vésicatoire, d’un érysipèle, d’une plaie, les heureux effets d’une substance onctueuse, fusible à une température voisine de celle du corps humain. |
Toutes les raisons qui précèdent justifient la préférence dont la vaseline naturelle a été l’objet en France, et l’exclusion des autres produits similaires pour tous les usages pharmaceutiques.
4 Essai d’une vaseline. — Une bonne vaseline doit répondre aux qualités que nous avons énoncées dans ce chapitre à l’article 1* (propriétés de la vaseline). Mais souvent la vaseline, quoique conservant son aspect extérieur,
(1) Journal de Pharmacie et Chimie, 4 série, T. xx vint, p.331.
mn
peut avoir été l’objet d’une falsification. La plus fréquente est l'addition de corps gras de moindre valeur; elle peut être constatée de la facon suivante: « On met 5 gr. de la vaseline à essayer avec 5 gr. de NaOH et 85 gr. d’eau pendant une demi-heure, puis on sépare la couche aqueuse et on la sursature avec de l’'SO‘T? dilué. Aucune substance huileuse ne doit se séparer, ce qui indiquerait la présence des acides gras qu’aurait saponifiés NaOÏT et qu’aurait mis en liberté SO*H?,
MM. Vizern et Nicolas (1) indiquent une méthode qui permet de titrer les graisses ajoutées. Elle repose sur le principe suivant : les alcalis caustiques sont sans action sur les composants normaux de la vaseline dans le milieu où on opère, tandis que, dans les mêmes conditions, ils se combinent en proportions déterminées aux matières grasses pour fournir des savons.
La prèsence de la vaseline n'influe en rien dans cette méthode sur la parfaite saponification des corps gras. Les divers corps gras concrets qui peuvent être employés à la falsification de la vaseline absorbent l’alcali en quantité égale à très peu de chose près.
Ce fait ressort de publications diverses, ainsi que d’essais nombreux que les auteurs ont pratiqués sur des suifs et graisses de toute nature et de toute provenance. Leurs expériences les ont conduits à admettre que 10 gr. de ces corps gras absorbent 1 gr. 635 de potasse K?0. C’est ce nombre qu’ils prennent pour établir ultérieurement leurs calculs.
(1) Journal de Pharmacie el Chimie, 5e série, T. xx1v, p. 49.
N'OURLe
Les réactifs nécessaires pour les opérations sont les suivants :
1° Liqueur sulfurique titrée ;
& Liqueur alcaline titrée ;
3° Alcool à 90° neutre. |
+ 1° La liqueur sulfurique titrée est la liqueur normale
qui se trouve dans tous les laboratoires.
& La liqueur alcaline se prépare en dissolvant environ 20 gr. de potasse à l'alcool dans 100* d’alcool à 90°. On prend ensuite le titre et cette solution sur 10% au moyen de la liqueur sulfuriquenormale contenue dans une burette graduée en dixièmes de centimètres cubes. Chaque dixième de centimètre cube de liqueur normale correspondant à 0 gr. 0047 de potasse K?0, on déduit du nombre de divisions employées la richesse en potasse de 10* de liqueur alcaline. On note ce résultat.
3° Pour préparer l’alcoo! neutre : dissoudre 1° de phtaléine ou phénol dans 599* d'alcool à 90’; puis, au moyen d’une baguette de verre, ajouter le nombre de gouttes de liqueur potassique nécessaire pour produire dans le liquide une teinte très légèrement rosée.
Mode opératoire. — Mettre 10 gr. de la vaseline à essayer dans une capsule de porcelaine de 200° environ, ajouter 10: de la liqueur alcaline titrée. Porter la capsule au bain-marie pour l'y laisser jusqu'à la fin des opérations. Agiter pendant 8 minutes, au bout desquelles la saponification des corps gras est complète. Faire couler dans la capsule 50° de lalcool neutre. Sous l'influence de la potasse en excès, toute la masse liquide prend une teinte rose foncé. Laisser arriver presque jusqu’à l’ébullition ; faire tomber goutte à goutte la liqueur normale sulfurique.
Lorsqu'on approche du terme de l'opération, le liquide devientbrusquement d’un blanc laiteux. I se produit cependant, sur les parois supérieures de la capsule, des stries liquides formant des empreintes rosécs, qui indiquent que la neutralisation n’est pas complète.
A ce moment, on ne doit ajouter qu’une goutte de liqueur à la fois, en ayant soin de laver toutes les parois teintées à l’aide de l’agitateur et du liquide contenu dans la capsule. On continue jusqu’à ce que le tout soit absolument incolore : ce pointest très important; ne pas l’observer rigoureusernent serait s'eXbOser 4 .CONMINeLTe ed ere L'opération est alors terminée. On lit sur la burette le nombre de divisions de liqueur sulfurique employée.
Prendre la différence entre ce nombre et celui qui avait été nécessaire pour saturer les 10° de liqueur alcaline ; cette différence, multipliée par 0,0047, donne immédiatement la quantité de potasse absorbée par la matière grasse contenue dans les 10 gr. de vaseline sur lesquels on a opéré.
Dès lors, un simple calcul donne la teneur de ces 10 gr. en matières grasses.
Soit 2, la quantité de potasse absorbée, on pose:
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En multipliant le chiffre obtenu par 10, on obtient le pourcentage d’impuretés.
Autres falsifications. — On a encore falsifié la vaseline avec la cire. Cette falsification est reconnaissable à l'odeur qu’elle communique au produit. En outre, la cire élève la densité de la vaseline au-dessus du 0,860, et son point de fusion au-dessus de 44°.
Le Glycéré d’amidon a été signalé aussi comme adul-
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tération de la pétréoline. Cette fraude se reconnaitra avec AE D | l’eau iodée, qui donne avec l’amidon une coloration bleue.