‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 2 sur 125 · SONNET DE C. A. SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SONNET DE C. A. SAINTE-BEUVE

[TOI, Ronsard, à toi qu'un sort injurieux Depuis deux siècles livre au mépris de l^hisîoire,

j'élève de mes mains l'autel expiatoire

Qui te purifiera d'un arrêt odieux!

Non que jamais j'espère, au trône radieux, D'où jadis tu régnas, replacer ta mémoire; On ne peut de si bas remonter à la gloire, Vulcain impunément ne tomba point des deux.

Mais qu'un peu de pitié console au moins tes mânes; Que, déchiré longtemps par des rires profanes, Ton nom, d' abord fameux,recouvre un peu d'honneur;

Qu'on dise : Il osa trop, mais l'audace était belle;

Il lassa sans la vaincre une langue rebelle,

Et plus tard de moins grands ont eu plus de bonheur.

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