Spondani Annales ecclesiastica, ad ann
Ronsard. * 3
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du pays le choisit pour chef et qu'il fit beaucoup de mal aux profanateurs des églises.
Varillas (dans son histoire de Charles IX) ajoute, en lui attribuant toujours la cure d'Évaillé, qu'il disait spirituellement, pour s'excuser-de cette équipée guerrière, que n'ayant pu protéger ses paroissiens avec la clef de saint Pierre, il lui avait bien fallu prendre l'épée de saint Paul.
Ronsard , que nous avons vu regretter de n'être pas prêtre, ne parle nulle part de cette levée de boucliers. Évidemment il a été confondu, par une erreur peut-être volontaire, avec un de ses frères, Louis de Ronsard, abbé de Tiron, curé d'Évaillé dans le Maine ('), et c'est ce dernier
I . Le commentateur des Discours sur les misères^ Garnier, laisse à penser que Ronsard était archidiacre du Mans et que c'était en cette qualité qu'il portait chape et chantait vêpres; mais il résulte des recherches de M. le comte A. de Rochambeau que ces fonctions appartenaient à Charles de Ronsard. Quant à la prétendue cure d'Évailié, M. de Passac {Vendôme et le Vendômois) remarque avec raison que l'abbé de Tyron, Louis de Ronsard, a fort bien pu la posséder. Cette paroisse relevait de la baronnie de Touvoye, dans le Maine, entre Saint-Calais et le Grand-Lucé. Un récent témoignage confirme la remarque de M. de Passac. M"" la marquise d'Argence a eu la bonté de me communiquer une lettre conservée dans les archives de son château du Grand-Lucé (Sarthej. Cette lettre, dont l'écriture ne rappelle nullement celle du poète, est signée L. de Ronsard et annonce, en termes assez secs, la mort de Charles IX au comte de Montafier, seigneur de Lucé, du chef de sa femme Anne de Pisseleu. Il demeure donc prouvé que le curé d'Évaillé était Louis de Ronsard^ abbé de Tyron, et que Pierre de Ronsard n'a jamais été prêtre.
On peut consuher, pour les détails de sa vie à cette époque, les pages 112 et suivantes du T. vil.
qui s'est mis à la tête de ses paroissiens pour courir sus aux huguenots.
Après ce conflit, dont le poète sortit vainqueur, sa gloire n'en fut que plus grande et plus assurée. Aimé du Roi et de la Reine-mère, vivant dans leur intimité, il voit la presse se disputer les moindres produits de sa plume et les éditions de ses œuvres se succéder rapidement. (') Ses poésies se déclament et se chantent non-seulement à la Cour, mais jusque dans les rues, et quand il traverse la ville, on se montre avec admiration le poète qui passe. Cependant cette vie de courtisan, à laquelle il se trouve entraîné plus que jamais, dirige son génie dans une voie plus productive et qui lui attire sur l'heure plus de louanges, mais qui lui prépare moins de gloire auprès de la postérité. Ce n'est plus le rival de Pindare, ni le Pétrarque de la France; c'est le poète de la Cour.
De cette époque datent ces poèmes officiels , ces mascarades, ces entrées, ces ballets, qui offrent encore quelque intérêt historique , mais dont le plan rapidement conçu, dont les vers, écrits à la hâte et quelquefois sans inspiration , marquent déjà une décadence. Pourtant il ébauche cette Franciade, dont il a si longtemps entretenu ses amis et les Rois ses protecteurs. Le plan des dix-huit premiers livres est écrit;
I. En vingt-quatre ans, de ijéo à 1584, il parut six éditions des œuvres de Ronsard, et le nombre de pièces volantes publiées par lui dans cet espace de temps est presque incalculable.
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celui des six derniers, qui doivent compléter l'œuvre, n'existe encore que dans l'esprit du poète; mais il commence son travail, et chacun des premiers chants est tour à tour soumis isolément à l'approbation de Charles IX. La Bibliothèque impériale possède une de ces copies partielles, le manuscrit du deuxième chant, où nous avons puisé quelques variantes. C'est un in-folio de 84 pages, relié en vélin blanc doré, portant, peintes sur chaque plat, les armes de France, qu'entoure le Collier de Saint-Michel. (')
Enfin quatre chants sont terminés ; ils ont été écrits, malgré le vœu du poète, sur le rhythme peu favorable imposé par le royal collaborateur (2), qui les a lui-même revus et approuvés; Amadis Jamyn a tracé sur la première page :
Tu n'as Ronsard composé cet ouvrage; Il est forgé d'une royaile main.
Charles sçavant, victorieux et sage.
En est l'autheur; tu n'es que l'escrivain.
La préface est prête; le livre s'imprime; mais la Saint-Barthelemy le devance de dix-huit jours, et le bruit du poème se perd étouffé dans le bruit bien autrement retentissant du terrible coup d'État (i 572).
Ni Binet ni Colletet n'ont remarqué cette coïncidence, qui aurait dû servir d'excuse au peu de succès de l'ouvrage. Est-ce à ce premier dégoût, est-ce à des causes plus anciennes,
1. Bibl. imp., manuscrits, n° 1665 du fonds de Saint- Germain.