‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 23 sur 125 · On voit, à la Bibliothèque du Louvre, F , 5 fol · texte numérisé non relu

On voit, à la Bibliothèque du Louvre, F , 5 fol

une quittance de la somme de 300 livres, donnée par Ronsard, pour un quartier de pension, comme Poète du Roy. Voici la copie de cette pièce, qui provient des archives

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accorda en i$8i, ainsi qu'à Baif, deux mille écus comptant, à cause des vers qu'il avait faits pour les mascarades et tournois donnés aux noces du duc de Joyeuse. Il reçut en plus, dit L'Estoile, à qui nous empruntons ce détail, des livrées précieuses du marié et de la mariée.

Marie Stuart, sa belle Reine bien-aimée, qu'il eut la douleur de savoir prisonnière , mais dont il n'eut pas à déplorer la mort, lui envoya en 1583, par le sieur de Nau, son secrétaire, un buffet qui avait coûté deux mille écus. Ce meuble était surmonté d'un rocher représentant le Parnasse d'où Pégase faisait jaillir l'Hippocrène, avec cette inscription ;

A RONSARD L'aPOLLON DE LA SOURCE DES MUSES.

Noble remercîment de l'infortunée Reine, à celui dont les vers charmaient sa captivité.

Sa divine Perle , Marguerite de France , Duchesse de Savoie, pour qui sa reconnaissance

de Joursanvault :

« En la présence de moy, Notaire et Secrétaire du Roy, )) M* Pierre Ronsard, Aumosnier et Poëte françois dudit )) Seigrfeur, a confessé avoir receu comptant de M^ Pierre » Deficte, Conseiller dudit Sieur et Trésorier de son Espargne, )) la somme de trois cens livres tournois en testons à xiii s. )■> pièce à luy ordonnée par ledit Sieur pour sa pension et » entretenement, durant le quartier de juillet, aoust et sep- » tembre mil ccccclxiij dernier passé, qui est à raison de » xi) c L. par an. De laquelle somme de iij c L. ledit de )) Ronssard (sic) s'est tenu content et bien payé, et en a » quicté et quicte ledit Deficte, Trésorier de l'Espargne sus- )) dit, et tous autres, tesmoing mon seing manuel cy-mis à » sa req'^. le viij'' jour d'octobre, l'an mil cinq cent soi- » xante treizième. — Signé Nicolas. »

passionnée ne s'éteignit jamais, fut toujours sa zélée protectrice. On conserve encore une lettre qu'elle écrivit de sa main, le 4 mai 1 560, pour le recommander à Catherine de Médicis. (')

Sous l'inspiration et à la demande de cette grande Catherine, il composa les sonnets pour Hélène de Surgères, fille d'honneur de la Reinemère. (2) « Ce fut, dit Binet, le dernier et le plus digne objet de sa Muse et il finit quasi sa vie en la louant. «

Si l'on ne trouve pas, dans les vers pour Hélène, l'exaltation des premières années, on y respire du moins je ne sais quel parfum de douce mélancolie. Cette passion platonique , qui ne fut d'abord qu'un jeu d'esprit, finit, dans les six ans qu'elle dura, par se changer en un doux commerce , qui n'est pas sans charme pour le poète et pour ses lecteurs. Si ce n'est pas de l'amour, c'est une amitié tendre, dont l'émotion nous gagne parce qu'elle est sincère.

Cette fois le sentiment du poète fut partagé. Hélène lui accorda la faveur de quelques intimes causeries, et même de quelques missives pendant ses longues absences de la Cour. Peu de temps avant sa mort, par une lettre, que possédait Guillaume Colletet , Ronsard (( prie son cher amy Gallandius de présenter ses humbles baisemains à Mademoiselle de Surgères, et mesme de la supplier d'employer sa

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