‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 57 sur 125 · Bibliothèque impériale. Manusc. 5. 5. A · texte numérisé non relu

Bibliothèque impériale. Manusc. 5. 5. A

3. Voici la désignation de la plupart des personnages cités dans cette chanson. Les catholiques sont : Jean de Montluc, évêque de Valence; Claude de Xaintes, chanoine régulier de l'ordre de Saint-Augustin; Claude d'Espense, Hugonis et Salignac, docteurs de Sorbonne.

Les protestants sont : Théodore de Bèze, Augustin Marlorat, pendu l'année suivante au siège de Rouen, Paroceli, Malo, Pierre Vermeil (dit Martyr), Poste!, d'Espine, Virel, La Rosière, et La Saule, ministre italien qu'on fit venir de Zurich.

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Marlorat faict une grande complainte

Des courtisans qui n'aiment pomt sans feincte;

Et le Minime en ses sermons nous preuve

Qu'il n'est amour que d'une femme veufve.

Le gros et gras Hugonis de Sorbonne

Dit que l'amour est une chose bonne.

Paroceli raconte en un long presche

Que de l'amour un chacun s'en empesche.

Le Carme aussy a dict à bouche ouverte

Qu'il faut aymer sans estre découverte;

Et Malo dit que pratique amoureuse

Aux bien-vivants est une chose heureuse.

Pierre Martyr nous a dict que sainct Pierre

Les amoureux en Paradis enserre;

De Xainte aprez à chacun faict cognoistre,

Qu'il se faict bon aux bonnes apparoistre.

La Saule a dict, preschant l'autre dimanche,

Que pour l'amour il n'est que Dame blanche ;

Et Salignac dit, en langue hébraïque,

Que sans amour se perd la république.

Valance aprez toute amour trouve bonne

Si en aymant point d'argent on ne donne;

Puis on apprend du curé Saint-Eustache

Que l'amour garde un chaqu'un d'estre lasche;

Et là dessus a presché La Rivière

Que pour la Dame on prend la Chambrière;

Et Surius, expert en théologie,

A dict : Fuyez toute Dame Marie !

Et puis Postel, alléguant Dame Jeanne,

Dict qu'en aymant jamais on ne se damne.

D'Espine a dit qu'une belle poupine

Vaut beaucoup mieux que dans le pied l'espine.

Le petit Carme, avecque la marmite,

Ne trouva oncq une veufve despite;

Et Virel veut que les feuillets on vire

Du Calendrier par lequel on souspire;

Et le Légat par sa Bulle dispense

Que sans argent un chaqu'un ayme en France;

Le Pape aussy, qui est le Dieu de Rome, Pour bien aymer il dit qu'il ne craint homme; Et puis Calvin dit, concluant l'affaire. Qu'en bien aymant en peut à Dieu complaire.

AD TULLEUM

Primum Prœsidem. (*)

Lingua, Tullee, prima Tulliana Quondam gloria, nunc Catoniana; Idem primas honos severitatis :

Hoc est justitice atque sanctitatis ; Cujus gloria summa, par favorem Nil cuiquam dare plus minusve justo :

A te gratia nunc rogatur ista, A te sola roganda qua decenter, A te sola decenter impetranda :

Ronsardo facias, tuo clienti, In causa facili, probata, aperta, Non prosit favor ullus, ut nocenti; Sed ne obsit favor ullus innoccnti.

I. Cette pièce se trouve aux manuscrits de la Bibl. Imp., dans le vol. 837, page 248 de la coll. Dupuy, avec cette mention : Ronsardi manu. — Le Tulleus à qui elle s'adresse doit être le premier Président Christophe de Thou. Bien que l'historien Jacques Auguste traduise son nom par Thuanus, j'ai lu (dans l'Essay sur la manière de traduire les noms propres françois en latin, par du Pont, Paris, 1710, in-12) que Scaliger, son ami, le nommait Tolla; Baillet l'appelle Tholius ou Thollius. La famille de Thou prétendait descendre des Comtes de Tout. Il est donc probable que Ronsard, par une adroite flatterie;, aura choisi un nom latin se rapportant à la fois à cette origine prétendue et au nom de Tullius Cicéron.

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