‹ Etude sur la vie et les écrits de l'Abbé de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 21 sur 36 · KI · texte numérisé non relu

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un semblable collège de jeunes filles qui payeront pension. Ce sera le comnioncoment; et ainsi, en quelques années, la maison pourra dcvonir chef d'ordre* el d'un ordre très-utile àTÉtat. Si IVlablisscment ne peut aller que lentement, si la communauté, quoique nombreuse et bien composée, peut à peine donner par an trois ou quatre religieuses pour propager rœuvre, elle n*en avancera pas moins un peu tous les ans. Et ne serait-ce rien, si en vingt ans il y avait vingt collèges de filles bien peuplés el bien dirigés dans les principales villes du royaume? D'ailleurs, les maisons succursales pourraient fournir elles-mêmes, au bout de dix ou douze ans, des religieuses qui fonderaient des établissements nouveaux.

Enfin, comme un pareil établissement ne pourrait se passer d\me haute et constante protection, il serait instituée Paris un bureau de conseillers d'État pour le perfectionnement et l'augmentation des collèges de filles, et si, comme cela est à craindre, certaines communautés refusaient de recevoir les religieuses de Saint-Cyr, et d'adopter leurs statuts et leurs méthodes (l'abbé ne compte trouver cette bonne volonté, à Paris, que dans deux ou trois communautés, parmi lesquelles les Ursulines), le bureau, agissant au nom de TÉlat, interdirait l'entrée de certains couvents aux jeunes pensionnaires parce qu'elles n'y seraient pas assez bien élevées.

Sauf ce dernier point, où l'abbé fait trop bon marché des droits des familles, il faut reconnaître que son projet est trèssensé, que cette diffusion des collèges de filles était excellente et très-souhaitable dans un temps où il n'y avait qu'une seule maison d^éducation digne de ce nom, et que l'abbé a raison de demander à l'État d'intervenir dans l'éducation des femmes. Aujourd'hui encore, que fait-il pour elles? Elles ont des écoles primaires, pour donner renseignement élémentaire (et encore ces écoles sont-elles des établissements communaux) et des institutions particulières très-nombreuses pour distribuer un enseignement plus élevé; mais combien d'établissements nationaux?

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