SCÈNE IL
Les mêmes, L'ARMURIER avec un garçon qui porte une épée et une dague dorées.
don alonzo, à l'armurier*
Soyez le bienvenu !
l'armurier, montrant l'épêe,
La garde que voici, Seigneur, vous conviendra ; j'y mis, je vous le jure, Tous mes soins.
Oui, c'est bien ; j'en aime la dorure ; N'est-ce pas, Octavio ?
OCTAVIO
De ce bel ornement La lame de l'épée était digne vraiment !
(A l'armurier.)
Tirez-la donc.
l'armurier la tire.
Superbe 1
DON ALONZO
Oh !* comme elle étincelle i l'armurier.
Parbleu 1 le diamant pâlirait devant elle !
DON ALONZO
Ce n'est point assez dire ; on ne trouverait pas Une lame pareille ailleurs, même à Damas.
LES FLEURS DE DON JUAN. 329 OCTAVIO
On voit qu'elle est de vous.
l'armurier.
Oui, d'après la légende.
DON ALONZO
En un mot, elle est bien.
l'armurier.
Sa valeur est plus grande En vous appartenant; (il la considère encore) elle vous couperait Un homme en deux !
OCTAVIO
Bravo !
l'armurier.
Bien plus, elle pourrait Trancher du même coup la bourse d'un avare : Il n'est rien de plus dur.
DON ALONZO
Oh ! c'est un morceau rare !
(// remet l'épce et la dague à Camillo.) A V armurier et à Octavio :
Dites donc comme moi , qu'avec discernement Par la fenêtre ouverte on jette son argent !
l'armurier. *
J'ajouterai, seigneur, que votre renommée,
A Valence et partout, n'en est que mieux famée !
Et, bien que vous soyez un noble cavalier,
Et depuis quelques jours un fort riche héritier,
Rien ne vous pose mieux, ne vous fait mieux connaître,
Que de jeter ainsi l'argent par la fenêtre.
CAMILLO
L'orfèvre devant vous désire être introduit.
DON ALONZO
Ce qu'il tient à la main, comme un soleil reluit,