SCÈNE III
Les mêmes, UN ORFÈVRE.
l'orfèvre, présentant une agrafe à Alonzo. Seigneur, voici l'agrafe.
DON ALONZO
Elle paraît charmante !
t l'orfèvre.
Et ces émaux?
DON ALONZO
Parfaits ! De façon élégante, Sans se nuire on les voit marier leurs couleurs, Et faire aux diamants comme un beau nid de fleurs,
camillo, revenant.
Un marchand chaussetier, seigneur, est à la porte, Avec échantillons de bas de toute sorte.
DON ALONZO
Qu'il attende un instant ! ou qu'il vienne me voir, Tu sais, au jeu de paume, où je serai ce soir.
octavio, à part.
Quel trouble, quel souci, quelle folle dépense La fête de saint Jean ramène dans Valence l
LES FLEURS DE DON JUAN,
Nos braves officiers se montrent-ils bien beaux.?
l'orfèvre.
On les verra demain avec tous leurs joyaux.
DON ALONZO
Il sera beau de voir leurs troupes réunies ;
Sans doute ils mèneront en mer leurs compagnies.
l'orfèvre.
Spectacle d'allégresse !
DON ALONZO
Oui ! mais attention!
Il faut garder la mer dans la prévision Du Maure qui d'Alger pourrait bien nous surprendre ; Ils sauront que l'on a des géants pour l'attendre.
(S' adressant aux fournisseurs.)
Octavio, mes amis, va vous congédier,
Et revoir votre compte, afin de vous payer !
l'armurier, se retirant.
Seigneur ! que Dieu vous garde, et vivez mille années!
l'orfèvre, se retirant.
Puissiez-vous de saint Jean revoir mille journées !